INTRODUCTION
En entreprenant ce travail, nous nous sommes proposés de faire un exposé général des diverses méthodes qui ont été préconisées pour le traitement du placenta praevia et d’en résumer brièvement les indications tout en cherchant à dégager les tendances qui se manifestent à l'heure actuelle dans l'orientation de ce traitement.
Le placenta praevia ou insertion vicieuse du placenta sur le segment inférieur reste toujours une complication justement redoutée en obstétrique en raison de sa fréquence, que rien ne peut diminuer, de son insidiosité, de son pronostic obscur. On prête à Paul Dubois ces paroles: « Si quelque chose devait me faire renoncer à la pratique des accouchements ce serait la crainte que m'inspirent les hémorragies par insertion vicieuse. »
Le placenta praevia n’est pas seulement redoutable par ses hémorragies qui en sont la principale manifestation clinique, mais encore par les difficultés qu'il entraîne le plus souvent au cours de l’accouchement. En outre, l’infection à des degrés divers est quasi constante et le traitement doit en tenir compte. Enfin, l'insertion vicieuse du placenta s’accompagne souvent de dystocies osseuse, fœtale ou tumorale, autant de facteurs qui assombrissent encore le pronostic et compliquent le traitement.
Les méthodes de traitement du placenta praevia sont nombreuses, tant obstétricales que chirurgicales, et ont
toutes données des résultats variables, tantôt bons, tantôt mauvais. La diversité de ces méthodes et de leurs résultats montre bien qu’il n’existe pas, pour ce genre d’accident, une conduite bien nette et déterminée à suivre dans tous les cas. Il s’agit avant tout de cas d’espèce et à chaque cas doit correspondre une conduite thérapeutique différente.
Dans un but de simplification, nous limiterons ce travail à l'étude du traitement des hémorragies par insertion vicieuse du placenta pendant les trois derniers mois de la grossesse et au cours du travail, à l’exclusion de celles du début de la grossesse et de la délivrance.