C. — Opinion des syphiligraphes qui ont employé la méthode
De nombreux médecins adoptèrent par la suite le traitement mixte simultané et quelques auteurs le défendirent dans des publications. :
Déjà queïques mois après le deuxième article, (octobre 1911), de M. Ravaut, Mlle Ettinger et le P' Audry, de Toulouse publièrent les bons résultats qu'ils avaient obtenus en 1911 parallèlement aux travaux de M. Ravaut, par l’association du 606 et du mercure. Mais ces auteurs qui n’indiquaient d’ailleurs pas de méthode précise, administraient les deux médicaments surtout en cures successives et ils ne préconi-
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saient l'emploi du traitement mixte qu'avec timidité et dans un nombre restreint de cas. .
Mile Ettinger, dans sa thèse (Paris, 1912) rappelle l’histoire du traitement arseno-mercuriel avant l’arseno-benzol.
C'est d’abord comme tonique que l’arsenic fut associé au mercure au début du XIX° siècle, pour combattre l’anémie et l’asthénie des syphilitiques, qu’elle soit due à leur maladie ou au traitement mercuriel prolongé.
Puis, certains auteurs, avec Ricord, Mauriac reconnurent à la méthode arseno-mercurielle une efficacité remarquable dans les formes de syphilis rebelles au mercure ou lui cédant difficilement.
Malgré ces patronages puissants, ce n’est que Vers 1900, avec les cacodvlates, aue cette association fut appliquée sys-
‘tématiquement. M. Brocq en particulier, étudia une combi-
naison *: le cacodylate iodo-hydrargyrique.
Les: nouveaux composés organiques de l’arsenic furent successivement employés avec succès, soit parallèlement au mercure, soit en combinaison avec lui, et l’on obtenait de bons résultats par l'association mercure hectine lorsqu’apparut le 606.
M. Broca (Brocq et le Blaye, Société de dermatologie,
novembre 1910) vit alors dans « ce nouveau produit », un
nouvel auxiliaire du mercure et il pensa « qu’en présence des beaux résultats obtenus par les anciens composés arsenicaux et le cacodylate de soude associés au mercure, il y avait lieu d'espérer que des combinaisons de 606 et de mercure auraient une extrême efficacité contre les accidents de la syphilis ».
C'est donc dans le service de M. Brocq que Mlle Ettinger traita de bonne heure la syphilis par le mercurë et l’ar-
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sénobenzol associés, et obtint de bons résultats. Cependant, cet auteur limitait les indications du traitement mixte à un nombre de cas assez restreint : Traitement abortif, risques spéciaux de contamination par la personne malade, syphilis maligne précoce, enfin échec ou contre-indication nomentanée du mercure.
Malgré la supériorité considérable comme médicament spécifique du 606 sur les autres composés arsenicaux, le mercure restait, pour l'élève de M. Brocq, la médication principale dans le traitement de la syphilis et par conséquent l’élément principal dans l'association arseno-mercurielle.
Cette conception du traitement mixte diffère entièrement de celle de M. Ravaut. Elle entraîne d’aileurs de graves erreurs de technique et c’est parce qu'ils mettent l’ansenic au second plan dans le traitement mixte que, actuellement encore, certains auteurs privent leurs malades de doses suffi santes d’arsenic. D'ailleurs, Mile Ettinger, employait les deux médications surtout en cures successives. Quant à l’association simultanée, elle reconnaissait que « ce procédé particulièrement intensif avait toujours été admirablement toléré », et cependant elle n'en voyait l'indication que dans le traitement abortif.
Dans la Province médicale (4-18 novembre 1011, 12 janvier 1912) le P' Audry écrivait :
« J'ai toujours commencé le traitement mercurie] dès le huitième et le dixième jour, après le salvarsan, e lendemain quelquefois, et il me paraît justifié d'attribuer à cette pratique l'absence de neuro-récidives chez mes malades ». (Par neuro-récidives, l’auteur entend les accidents nerveux survenant quatre à huit semaines après le traitement).
En effet, à cette époque où les cures de 606 étaient insuf-