‹ Le Traitement mixte de la Syphilis par l'Association conjuguée de l'Arsenic et du BismuthChapitre 20 sur 45 · ER PAR PR PE TENIA · texte numérisé non relu

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fisamment prolongées, tandis que Finger (Vienne), qui employait l’arsénobenzo! seul avait quarante-quatre neuro-réci-

dives sur cinq cent. vingt-huit malades traités: M. Audry

n’en observait qu'une sur deux cent soixante-six malades et Arming qui mercurialisait également ses malades, deux sur

mille seulement. C’est donc sur ces faits, que l’auteur s’ap-

puyait pour « affirmer que l’administration du mercure aux malades qui reçoivent de l’arsénobenzo] s'impose catégoriquement ». Conclusion excellente. Mais, M. Audry poussait trop loin sa méfiance à l'égard de l’arsénobenzol en demandant « qu’on l’administre au plus petit nombre de malades possible et qu’on en répète les injections le moins possible ».

” Neuf ans plus tard (Enquête de l'Hôpital, avril 1921),

le même auteur associe toujours l'huile grise au traitement

arsenical énergique, dans la syphilis au début. En 19:16 (Archives de médecine et de pharmacie mili-

ares) en réponse à une enquête faite dans l’armée par M.

Ravaut, tous les médecins sauf deux reconnaissent l’efficacité et la nécessité des injections intra-veineuses de sels arsenicaux dans le traitement de 1a syphilis.

Presque tous insistent sur la nécessité d'associer le mercure et l’arsenic. Ce sont, disent-ils, deux médicaments qui se complètent.

La même année, MM. Favre et Longin, de Lyon (Presse médicale, 8 mai 1916) exposent une argumentation abondante, nouvelle Sur quelques points, en faveur du traitement mixte simultané qu'ils disent avoir toujours employé depuis l'apparition du 606, sous ie nom de traitement arseno-mercuriel conjugué.

Ces auteurs insistent sur l’action complémentaire réciprogue des deux médications : « ce serait à coup sûr, écri-

sr et

vent-ils. voir les choses avec une simplicité que l’observation ne justifie pas, que de penser qu'il n’y à qu'une simple différence de degré dans l’action du salvarsan comparée à celle du mercure ».

On ne peut faire que des hypothèses sur le mode d’action particulier à chacun de ces deux agents thérapeutiques, mais il n’est cértainement pas le même dans les deux cas et le fait que là où l’une des médications a échoué l’autre est très souvent efficace en apporte la preuve.

De plus, les propriétés hématogènes de l’arsenic viennent compenser l’action anémiante du mercure.

À propos de cet argument, les auteurs croient voir « Je principe directeur » de leur méthode dans l'association cacodylate-mercure. C’est peut-être vrai pour l’action eutrophique de l'arsenic; mais MM. Favre et Longin utilisent constamment le novarsénobenzol comme l’un des » deux spécifiques vrais de la sÿphilis », à des doses (0,30-0,75) qui en font l'élément principal du traitement; aussi le principe de leur méthode diffère-t-il entièrement de celui qui guidait. les médecins lorsqu'ils associaient au mercure'des composés arsenicaux banaux sans pouvoir spécifique. La méthode mixte telle qu’on la comprend actuellement n’a pu prendre naissance qu'après découverte des médicaments arsenicaux, spécifiques puissants de la syphilis.

Mais, c’est surtout sur « l'observation naive et impartiale des faits » que s’appuyent les auteurs pour conclure à la supériorité du traitement conjugué sur toutes les autres méthodes unicistes ou des cures distinctes et successives).

Ils constatent que, loin d'augmenter la toxicité du traitement, « la conjugaison des deux médications atténue leurs effets toxiques propres ».

« Pour le salvarsan, le bénéfice de l'association médicamenteuse persiste bien au-delà de la période de la réaction d'Herxheimer : la tolérance aux ansenicaux devient alors remarquable ».

Réciproquement, la méthode conjuguée, permet d'éviter la stomatite et les auteurs trouvent dans l'intervention constante de la symbiose fuso-spirillaire au cours de cet accident mercuriel, l'explication du fait.

« Tous ces avantages, d’ailleurs, ajoutent-ils, méritent considération, mais il ne faut juger en réalité, la méthode conjuguée que sur son efficacité thérapeutique », et ils coneluent : «la méthode conjuguée est, d'après notre expérience, la plus complète, la plus puissante contre l'infection syphilitique à toutes ses périodes, mais. plus particulièrement à sa période de début où l'obligation s'impose d’agir vite et fort ».

En 1916 encore (La syphilis et l'armée, Masson), en 1921 (Enquête de l'Hôpital); M. Thibierge préconise le traitement mixte simultané. Il intercale toujours des injections de cyanure entre les injections arsenicales sans qu'il en résulte le moindre phénomène fâcheux.

En 1017, (Paris médical, 1917), puis en 1922 (Bulletin médical, page 8o1), M. Hudelo écrit qu'il pratique depuis le début de la guerre la méthode suivante : vingt injections de cyanure intencalées entre neuf injections de 0,30 à 0,75 où 0,90 de novarsénobenzol.

{1 ne faisait qu'une seule série chez les militaires, par suite des nécessités de guerre, mais normalement il fait deux séries dans le traitement abortif, trois dans le traitement d'attaque. s

Les résultats obtenus sont excellents et l’auteur a vu deux réinfections authentiques à la suite de ce traitement.

Contrairement à l'avis de certains collègues, écrit-il. l’association simultanée n’a aucun inconvénient: au contraire. sans fatiguer les émonctoires hépatique et rénal, je modi-

fie par le mercure le terrain, tandis que l’arsenic tue les tréponèmes » et M. Hudelo voit avec plaisir que cette méthode est identique- à celle qu'emploient en milieu militaire, nombre d'auteurs. 6

C’est en 1917 aussi que M. Ravaut apporte dans son livre « Syphilis, Paludisme, Amibiase », la plupart des arguments en faveur du traitement mixte que nous avons développé dans ce travail. | 2

En avril 1010, M. Milian (Paris médical) signale, lui aussi, les avantages que tire le mercure asthéniant et cause de stomatites, de son association avec les arsénobenzènes.

Lors de l’enquête, d’ailleurs très incomplète de l’H6bital en avril 1921, en outre, de MM. Audry, Ravaut et Thibierge, MM. Dubreuilh de Bordeaux et Spillmann de Nancy préconisent le traitement mixte simultané; mais le premier administre le mercure par voie buccale et le second réserve cette méthode aux cas graves.

D'ailleurs, parmi .les autres auteurs ayant répondu à cette enquête, un-seul, M. Leredde, condamne complètement le mercure; les autres l’emploient toujours après l’arsenic, souvent avant lui pour éviter les réactions trop fortes et MM. Darier et Louste administrent les deux médicaments en cures alternées.

Enfin, tout récemment dans sa brochure Syphilis (Doin, 1925), M. Montlaur se félicite des bons résultats qu’il a toujours obtenus par l'association simultanée arsenic- -mercure.

À l'Etranger, le mouvement en faveur du traitement mixte simultané est encore plus net.

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Nous avons déjà étudié les travaux de M. Bernard, de Bruxelles qui l’ont amené à la conclusion suivante :

« Je pense qu'il y a lieu de réhabiliter le traitement mixte pour peu que beaucoup de FIPRIE APRES l’aient abandonné ». ;

En Italie, MM. Martinetti et Mibelli, dans leurs rapports à la Société italienne de syphiligraphie et de dermatologie préconisent dans le traitement abortif de la syphilis, l’association arseno-mercurielle (Giorn. it. del. mal. ven. et del. pelle, 1922, page 207).

En Allemagne et en Italie, d’ailleurs, de nombreux médecins emploient la méthode de Linster qui consiste à injecter deux fois par semaine un mélange de o14 et de sublimé.

Certains syphiligraphes vont encore plus loin, ils associent l'iode sous ses différentes formes au mercure et à l’arsenic et les administrent simultanément.

M. Goubeau (Société de Thérapeutique, 25 février 1914, Société de dermatologie, s mars 1914, Congrès de Paris, 1922), a administré à plus de 3.000 malades le triple traitement mixte, depuis douze ans, disait-il en 1922.

Dans la syphilis primaire, il utilise la méthode mixte simultanée arseno-mercurielle et donne l’iodure après la première série : sur 86 chancres, il a obtenu 86 guérisons cliniques et sérologiques définitives.

Dans la Syphilis plus ancienne, l’auteur emploie la méthode des cures alternées et les résultats sont également excellents. D'ailleurs, dans deux statistiques de guerre, M. Goubeau a montré la supériorité du traitement mixte arsenomercuriel sur les méthodes unicistes.

Sur 2.000 cas, 629 récidives rapides ont été observées, 395 après Hg seul, 105 après As seul, 74 après Hg + As

insuffisants, 61 après As + Hg insuffisants, 2 seulement après As + Hg suffisants; 367 Syphilis sont restées muettes avec Wassermann négatif, 333 après traitement mixte, 10 après As seul, 24 après Hg seul: Sur 2.000 malades qui ont reçu le traitement arséno-mercuriel, 402 Oônt été revus, 8 seulement avaient présenté ou présentaient des accidens depuis. |

.M. Goubeau insiste beaucoup sur la nécessité d’administrer chaque médication à dose suffisante.

De cette longue revue, il ressort que Île traitement mixte simultané a été adopté par de nombreux médecins, syphili- graphes éminents ou simples praticiens. Tous ont obtenu des résultats supérieurs à ceux que leur donnaient les autres méthodes. Aucun ne se plaint d’une toxicité particulière de cette méthode; au contraire plusieurs d’entre eux constatent la diminution de la toxicité de chacune des deux médications par leur association simultanée.

Pourtant une voix discordante s’est fait entendre parmi les auteurs qui ont employé parallèlement l’arsenic et le mercure, c’est celle de M. Lacapère. Par cette association, il a obtenu des résultats sérologiques inférieurs à ceux qu’il obtenait avec le o14 seul. (Traitement de la Syphilis, Masson, 1925).

Mais cet auteur réduisait systématiquement le nombre des injections (4 ou 3 au lieu de 8) et les doses de 914, dans le traitement mixte simultané qu’il appelle d’ailleurs hydrargyro-arsenical.

Il voyait dans cette diminution des doses d’arsenic, le seul avantage important que l’on pouvait tirer de cette méthode.

Ces résultats n’apportent donc aucun argument contre le traitement arseno-mercuriel tel qu’on doit le comprendre : -au contraire, il confirme cliniquement la nécessité de considérer l’arsenic comme essentiel et de le donner à doses suffisantes, ainsi que nous l’avons déjà rappeié au début de ce chapître. L’argument porte donc uniquement contre la méthode, différente de la nôtre dans son principe, de ceux qui donient aux arsénobenzènes, un rôle secondaire dans le traitement mixte.

L'ASSOCIATION ARSENO-BISMUTHIQUE SIMULTANÉE

A. — Origine

Dès l’apparition du bismuth dans l'arsenal thérapeutique anti-Syphilitique en 1921, M. Ravaut, frappé de l’analogie de ce médicament avec le mercure d’une part, de la puissance de son activité spécifique d'autre part, le Substitua à ce dernier dans le traitement mixte simultané.

Pour justifier cette substitution, la nouvelle combinaison devait se montrer supérieure à l'association simultanée arseno-mercurielle ; cette dernière, en effet, constituait la méthode d'attaque la plus efficace.

Or, nous verrons que les premiers résultats du traitement mixte simultané arseno-bismuthique n’ont pas déçu la confiance que l’on avait mise en lui.:

Il doit donc supplanter le traitement arseno-mercuriel auquel il est nettement supérieur.

B. — Supériorité du bismuth sur le mercure 1. Démonstration expérimentale

Pomaret et Didry (« Société de dermatologie », 19 avril 1923, et « Progrès médical », du o juin 1923), ont injecté progressivement les deux médications (mercure et bismuth) à des chiens pour étudier leur toxicité respective et à des

eee

poules infectées par le spirochoæta gallinarum, pour l'étude comparative de leur activité spécifique.

- De leurs expériences, il résulte que, d’une part le bismuth a un pouvoir spirillicide à des doses où le mercure n’a aucune action sur le spirochète; d'autre part, le mercure est toxique à des doses deux à cinq fois moindres que celle où le bismuth provoque les mêmes accidents.

La supériorité thérapeutique du bismuth sur le mercure est donc considérable.

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