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Sur ces soixante dix-huit observations, onze (obs. 9 à 19) se rapportent à des malades de la salle Gibert dont le sérum à été examiné chaque semaine, pendant leur séjour à l’hôpitali. i
- Les soixante-sept autres sont celles des malades actuelle-
ment en traitement au dispensaire dont le sérum a été examiné après la première ou les deux premières séries de traitement (ob. 1 à 5, 7, 8, et 20 à 66) ou, à défaut, après la deuxième série (obs. 6 et 66 à 78). Douze ide ces observations ont été suivies plus longtemps.
Chez tous ces malades, les phénomènes cliniques ont disparu rapidement et aucune récidive n’a été observée.
Voyons maintenant en détail, les résultats sérologiques : La réaction couramment pratiquée dans le service de M. Ravaut est la réaction de Hecht.
Huit malades (obs. 1 à 8) ont été traités à la période présérologique où présumée telle (dans deux cas (obs. 7 et 8), il n’a pas été fait de prise de sang avant le traitement).
Dans cinq cas, la réaction de Hecht est restée négative à tous les examens et dans la première observation cet examen a été pratiqué souvent au cours de la première série.
Dans deux cas (ob. 3 et 8, elle a été très légèrement positive (H +).
Une seule fois elle a été encore partiellement, mais plus fortement positive (H + +). Mais dans cette observation le malade n'avait reçu qu’une injection de 0,13 de novarsénobenzol et deux ampoules de quinby à la période présérologique et il avait attendu ensuite dix-sept jours avant de commencer régulièrement son traitement. Ces premières
injections ont donc été plus nuisibles qu’utiles et on ne peut considérer cette observation comme un échec du traitement abortif.
Dans soixante-dix observations, la réaction de Hecht était neitement positive (H +++) au début du traitement.
Les examens faits au cours de la première série n’ont pas montré que la sérologie était influencée d’une façon particulièrement rapide dès ce moment.
Sur 16 cas où la réaction a été faite le jour de la dernière piqûre de la première série (ob. 14 à 20).
9 fois elle a été négative.
6 fois partiellement positive.
3 fois avec H + (obs. 21, 22; 25).
3 fois avec H ++ (abs.16, 17; 20).
Une seule fois elle n’a pas été influencée par le traitement et elle est restée positive H + ++ (ob. 14).
e Mais sur 43 cas examinés à la fin du premier repos, parfois très prolongé (obs. 14 à 17 et 28 à 66.
31 fois la réaction a été négative.
. 10 fois elle a été partiellement positive.
7 fois avec H + (obs. 13, 17, 43, 45, 58, 63). 3 fois avec H ++ (obs. 46,.59, 60).
2 fois elle est restée nettement positive H + ++ (obs. 49 et 61).
Sur 31 examens faits à la fin du second repos (obs. 17 et 18, 50 à 78) :
27 réactions ont été négatives.
4 faib'ement positives H + (obs. 17, 61, 76). 1 est restée franchement positive H +++ {obs. 78). 11 fois la réaction a été faite à la fin de la troisième série ou après le troisième repos (obs. 62 à 66, 70 à 74 et 78). 10 fois elle a été négative, 1 fois seulement «lle a été faiblement positive H +.
Enfin, quatre malades (obs. 7, 65, 66 et 71) ont été suivis pendant environ deux ans et leurs réaction de Hecht s’est maintenue continuellement négative. |
Si l’on compare ces résultats avec ceux du traitement arsenical pur, la supériorité de la méthode que nous étudions apparaît nettement.
En effet, l’action thérapeutique n’est peut-être pas plus rapide pendant les deux mois que dure la première série de traitement; cependant elle se montre très régulièrement efficace dès je début sur les accidents cliniques. | Mais, dès que l’action du bismuth se fait pleinement sentir, c’est-à-dire dès la troisième semaine après la première série, le traitement mixte simultané se montre plus efficace que tout autre sur les réactions sérologiques. Cette supériorité est encore beaucoup plus évidente si l’on tient compte du fait que la réaction de Hecht est d’une très grande sensibilité, mais surtout si l’on considère que dans un grand nombre de nos observations, les malades n'ont suivi que très irrégulièrement leur traitement.
Il suffit en effet, de les parcourir pour se rendre compte qu’elles n’ont pas été choisies spécialement et pour constater fréquemment la longueur exagérée des intervalles entre les cures et entre les injections ainsi que la diminution des
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doses qui est souvent la conséquence de cette dernière irrégularité.
2° Innocuité remarquable a) L'association arseno-bismuthique simultanée est bien tolérée. =
Les partisans du traitement arsenical pur redoutent « les résultats déplorables » dûs à l'addition de deux corps toxiques et «les surprises désagréables de défaillances d’émonctoires avec l’un ou avec l’autre des deux médicaments ». (M. Pinard, Bulletin médical du 20 août 1924).
Or, d’une part, nous l’avons vu, l'association arsenomercurielle est parfaitement supportée par l'organisme; d’autre part, nous l’avons montré également, le bismuth qui a les mêmes affinités toxiques que le mercure est mieux toléré que lui. |
Il n’y a donc pas de raison, bien au contraire, pour que l'association arseno-bismuthique se montre toxique.
C’est pourquoi, personne n’a encore signalé que le traitement arseno-bismuthique simultané cependant très employé actuellement, ait provoqué des accidents particulièrement graves et fréquents.
Cette objection ne reposant sur aucun fait est donc pure- . ment hypothétique.
Au contraire, ce traitement est mieux toléré que les autres. En effet, les auteurs qui l’utilisent ont souvent écrit que son application était remarquablement bien supportée par le malade (Lacapère, Duhot, Bernard) et nous avons pu vérifier
ce fait dans le service de M. Ravaut. Ces bons résultats cliniques s'expliquent par les considérations suivantes :
D'abord, s’il est nécessaire d’atteindre la dose suffisante d’arsenic, il est inutile de pousser la cure de 914 à l'extrême et l’on peut rester pour chaque malade dans la limite des doses qu'il tolère bien. -
« Le péril n’est donc pas là, (Favre et Longin, loc. cit. }, il est plutôt en germe dans la doctrine des unicistes qui poussent la médication qu’ils emploient aux limites extrêmes de la tolérance ne
Ensuite, grâce à l’action curative du 014, la stomatite, l’asthénie bismuthique sont atténuées et beaucoup plus rares. Il est même possible de supprimer complètement la stomatite si les malades prennent des DéSnioe, suffisantes d’hygiène buccale.
En effet, M. Duhot, de Bruxelles qui prescrit régulièrement des soins minutieux et répétés de la bouche, n’a jamais vu de stomatite chez les malades qu’il soigne par l’as- Sociation arseno-bismuthique simultanée.
Enfin, MM. Sézary et Pomaret (Progrès médical, 23 février 1922), ont montré expérimentalement que la toxicité de la combinaison arseno-bismuthique qu'ils utilisaient. était moindre que celle de ia préparation de bismuth qui entre dans sa combinaison. Signalons d’ailleurs à ce propos, que le fait d’avoir injecté l’arsenic et le bismuth conjugués dans un même produit démontre au plus haut point que, pas plus pour le bismuth que pour le mercure il n'existe d’incompatibilité chimique avec l’arsenic.
b) Elle ne provoque pas la résistance ou la récidive de la syphilis.
On a encore objecté que « loin de stériliser les malades, | cette association sera responsable des récidives incessantes provoquées par les tréponèmes rendus arseno-résistants ». (M. Pinard, loc. cit.).
Mais pourquoi les médications spécifiques administrées à doses suffisantes provoqueraient-elles plus spécialement la résistance des tréponèmes pour la seule raison de ieur association simultanée ?
Nous croyons, au contraire, qu'il vaut mieux prévenir la résistance possible à l’un des médicaments en frappant avec les deux armes à la fois dès le début.
En effet, puisque, jusqu'à présent, comme nous l'avons vu plus haut, à deux exceptions près les syphilis résistant à l'une des médications bismuthique ou arsenicale employée seule, ont cédé très rapidement à l’autre, il n’y a pas de raison pour que cette action ne se manifeste pas dès le commen cement du traitement.
D'ailleurs ici encore, aucun fait ne vient étayer cet:s objection.
Au contraire, l'observation clinique montre que le traitement mixte simultané met mieux que tout autre, le malade à l’abri des résistances et des récidives.
.. Nous l'avons montré pour l'association arseno-mercurielle. RE
L'association arseno-bismuthique encore plus active que la précédente, ainsi que nous l'avons vu, doit donc obtenir ce résultat encore plus régulièrement.
D'ailleurs, cette hypothèse est confirmée par les faits fout au moins en ce qui concerne les récidives précoces.
En effet, après traitement arsenical mal conduit, on
observe non seulement des récidives nerveuses, mais fréquemment aussi des récidives cutanées, muqueuses et viscérales, précoces particulièrement graves. M. Hudelo (Bulletin médical, 1922, page 8o1), ap-ès avoir énuméré ces accidents ajoute : « mieux vaudrait presque ne rien faire que de faire un traitement arsenical insuffisant », et l’on retrouve la même idée exprimée en des termes presque identiques sous la plume de MM. Goubeau, Jeanselme, Pinard et Ravaut.
C'est donc là un véritable danger du traitement par l’arsenic seul dans la pratique médicale courante, où les traitements sont rarement suivis avec la rigueur nécessaire.
Ce danger existe d’ailleurs avec toutes les méthodes mais à un degré moindre.
Or, dans les observations que nous publions, beaucoup de malades n’ont suivi que très irrégulièrement leur traitement. Cependant aucun cas de récidive ne s’est produit.
Le traitement mixte simultané préserve donc aussi parfaitement que possible les malades contre ces rechutes précoces, conséquences de leur indocilité et de leur insouciance.
En outre, rien n'empêche de croire que, toutes proportions gardées, le résultat sera le même contre les récidives tardives.
La sécurité du traitement mixte simultané arseno-bismuthique est donc certainement supérieure à celle des autres méthodes et en particulier de la méthode arseniCale.
. Ce fait autorise la généralisation de son emploi dans tous les cas de la pratique médicale. |
G. — Adoption de la méthode par un nombre croissant de syphiligraphes
Beaucou» de partisans du traitement mixte simultané
arseno-mercuriel sont venus ou viennent tout naturellement à l'association arsenic-bismuth.
M. Bernard qui a obtenu à l’aide de l’arsenic et du mercure associés les beaux résultats que nous avons vu, écrivait en 1924 (Bruxelles médical du 6 mai) : « à la période préhumoraie de la syphilis, il faut instituer d'emblée un traitement énergique mixte par l’arsenic et le bismuth et ce traitement sera simultané ».
D’autres auteurs préconisent également le traitement mixte simultané par l’arsenic et le bismuth, alors qu’ils méconnaissent complètement le rôle important et les bons effets de cette méthode avant le bismuth.
M. Sézary (Progrès médical du 25 février 1922 et Pratique médical: française, juillet 1925), écrit que la supério-, rité des arsénobenzènes sur le mercure fut telle « qu'on ne pensa guère à employer les deux médicaments dans le traitement de la syphilis ». Aussi lonsque cet auteur étudiait avec M. Pomaret en 1022, un mélange de 132 et de tartro-bismuthate dans le but de prévenir la stomatite bismuthique, le traitement mixte arsenic-bismuth était déjà mis en œuvre par les syphiligraphes habitués à l'emploi de l'association arsenic-mercure, entre autres pour la raison qu'ils connaissaient déjà les bons effets ide cette méthode contre les stomatites analogues dûes au mercure.
Quoiqu’il en soit, les essais de ces auteurs ont apporté, ainsi que nous l'avons déjà vu, une confirmation de plus de l'innocuité toute particulière de l’association arsenic-bismuth et M. Sézary a pu conclure : « le traitement arseno-bismuthique nous parait appelé à rendre les plus grands services dans la thérapeutique de la syphilis et mérite d’être connu de tous les praticiens ».:
Enfin, quelques syphiligraphes comme MM. Duhot et
Lacapère qui repoussaient le traitement arseno-mercuriel admettent le traitement arseno-bismuthique.
. M. Lacapère (Bulletin médical 1924, page 820 et traitement de la syphilis, Masson, 1925) voit dans le traitement mixte simultané par le bismuth et l’arsenic la méthode à recommander aux praticiens parce que, dit-il, il permet de limiter les doses d’arsenobenzènes. Ces composés n’ont, en effet, pour lui pas d'autre but que d'empêcher la syphilis de provoquer quelque localisation redoutable, pendant la période où le bismuth n'a pas encore eu le temps d'agir, tandis que « le rôle actif, durable est ici dévolu au bismuth ».
Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser de cette façon de comprendre la méthode mixte simultanée qui met l’arsenic au second plan et nous avons vu que M. Lacapère, en réduisant trop les doses d’arsenobenzènes dans le traitemént arseno-mercuriel, avait eu des résultats inférieurs à ceux que l’on obtenait généralement par cette méthode mixte mieux comprise.
D'ailleurs l’auteur, s’il pense qu’on doit pousser à fond le traitement bismuthique, ne juge pas utile de dépasser les doses de 0,45 à 0,60 de 914. Ces doses sont trop faibles, la première surtout est tout à fait insuffisante. Aussi, M. Lacapère lui-même ne recommande pas ce traitement à la période préhumorale où il faut agir d’une façon particulièrement énergique.
M. Duhot, au contraire, d’après l’article déjà cité et d'après une lettre qu’il a bien voulu nous adresser ne met, ce sont là ses propres termes, « nullement les deux traitements sur le même pied dans leur association. Il donne la préférence à l’arsenic qu'il considère comme nettement supé-