‹ Le Traitement neurochirurgical du Mégadolichocôlon d'après 20 observationsChapitre 9 sur 36 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Relations entre mégacôlon et dolichocôlon.

Quand on parle de mégacôlon, la plupart des auteurs n’ont en vue que le mégacôlon de l’enfant appelé encore maladie de Hirschsprung, certains discutant même l'existence de cette maladie chez l’adulte. Classiquement, cependant, à côté de la maladie de l’enfant, on distingue :

1° Les dilatations coliques au-dessus d’un obstacle (rétrécissement anal, atrésie du sphincter). Nous ne nous occuperons pas de ces dilatations secondaires. 29 Les augmentations de calibre : mégacôlon.

30 Les augmentations de bongueur : dolichocôlon.

LEricue dans son article de la Presse médicale du 28 janvier 1941 a montré nettement comment il fallait comprendre, à la lumière de la chirurgie physiologique, la physiopathologie du mégacôlon et du dolichocôlon. À première vue, en effet, dolicho et méga paraissent être deux affections distinctes. Le premier ne serait qu'un côlon trop long avec des parois normales, et donnerait des troubles minimes.

Le second au contraire, aurait une symptomatologie

plus nette remontant le plus souvent à la première enfance et aurait anatomiquement des parois hypertrophiées.

Cependant quand on regarde les clichés radiographiques de malades présentant la symptomatologie habituelle au mégacôlon, on se rend compte que, très fréquemment, il y a association de l’excès de calibre et de l'excès de longueur. Nos observations sont particulièrement typiques à ce sujet, et l’on se rendra compte à la lecture de l’histoire de nos malades que les cas purs de dolicho ou de méga sont vraiment exceptionnels. Le plus souvent, quand l'affection n’intéresse que le sigmoïde, il y a en même temps allongement et dilatation. Quand tout le côlon est atteint, il Ya presque toujours une augmentation de longueur à laquelle est associé soit un méga-cœcum, soit un méga-sigmoïde. Et l’on voit ainsi que le trouble n’intéresse pas seulement la fibre circulaire mais en même temps la fibre longitudinale.

Même dans la maladie de Hirschsprung où le trouble atteint surtout le sigmoïde, il y a presque tou- Jours en même temps que l’excès de calibre sur lequel on a trop exclusivement insisté, une augmentation de longueur : on voit en effet fréquemment une énorme anse sigmoïdienne dont le sommet de la boucle est à hauteur de l’angle gauche.

De plus, chez un de nos enfants atteint de maladie de Hirschsprung, le sigmoïde est normal et l’énorme dilatation avec augmentation de longueur atteint tout le côlon descendant.

M le

Il nous faut donc admettre que, dans le mégacôlon, le trouble fonctionnel et anatomique porte aussi bien sur les fibres circulaires que sur les fibres longitudinales. Lans

Le traitement neurochirurgical en apporte des preuves presque expérimentales. Nous verrons dans nos observations l'amélioration anatomique porter à la fois sur le calibre et sur la longueur. LERICHE, dans la Presse médicale du 22 décembre 1937, signalait déjà la disparition après traitement d’une anse supplémentaire dilatée qu’il croyait définitive. Dans son article du 28 janvier 1941 auquel nous avons déjà fait allusion, il publie des radiographies vraiment démonstratives à ce sujet. ORBAN, Gainarp, ont publié des observations analogues.

SERVELLE dans sa thèse, au sujet des 17 observations

qu il a pu suivre lui-même, note :

— 13 fois l’association dolicho-et méga, — 3 fois dolichocôlon sans dilatation, — x fois une dilatation sans allongement. Il s’agis-

sait d’un mégacœæcum.

Cette idée que Lericne défend depuis longtemps est encore soutenue par Micone dans une communication à la Société piémontaise de chirurgie, le 15 juillet 1939 et par Pagsscer, dans son livre Mégacôlon und Megacyslis (1938).

ALBRECcHT, Hursr, Meyers, CuverEAUx et VaAssiILAROS ont rapporté des observations qui plaident dans le même sens. Il semble donc impossible de séparer

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