HISTORIQUE
Et cependant, s'agit-il d’une idée tellement moderne ?
Déjà, au xv° siècle, Gaspar Torelli, le médecin des Borgia, pour lutter contre la syphilis qui, à cette époque, commençait à envahir le vieux monde, élaborait un plan qui comportait, avec la réglementation de la prostitution, la déclaration et le traitement obligatoire de la maladie.
Les pouvoirs publics, dès cette époque, s’empressent de prendre d’énergiques mesures de prophylaxie :
Le parlement de Paris, par un arrêté du 6 mars 1496, enjoint, sous peine de la hart, à tous les étrangers atteints de syphilis, de quitter la ville. Quant aux malades qui restent, on leur réserve, à Saint-Germaindes-Prés, un local spécial où ils sont soignés. Plus tard, des hôpitaux comme Saint-Eustache, la Trinité, Saint- Nicolas, furent spécialement consacrés au traitement des vérolés, qui y étaient véritablement séquestrés.
Jacques IV d’Ecosse oblige les syphilitiques à sortir d'Edimbourg, sous peine d’être marqués au fer rouge.
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Devant le fléau redoutable, on ne tenait guère compie, au moyen âge, de la liberté de l'individu ; on ne connaissait que l'intérêt public.
La découverte d’un traitement efficace de la syphilis rendait plus légitime le fait de mettre les malades en demeure de se traiter.
Fournier insiste particulièrement dans ses ouvrages, sur l’importance de la thérapeutique en tant que moyen prophylactique.
On ne disposait pourtant, à l’époque, que du mercure, dont l’action stérilisante est peu rapide et qui laisse pendant longtemps et malgré le traitement, subsister le danger de la contagion.
Aussi, lorsque les arsenicaux furent introduits dans la thérapeutique, en 1910, et que l’on constata leurs rapides effets sur les lésions primo-secondaires, tous les médecins pensèrent que la syphilis avait vécu. Cet optimisme ne se justifia malheureusement pas, et pour de nombreuses raisons.
Les statistiques actuelles montrent que le tréponème, malgré la lutte ouverte, et les moyens thérapeutiques dont on dispose, n’a pas perdu beaucoup de terrain.
La lutte antivénérienne est pourtant conduite avec science et méthode. De grands efforts de propagande ont été faits pour amener les malades à se faire traiter, les suspects à se faire examiner. Les dispensaires et les consultations gratuites ont été multipliés ; des tracts, des conférences essayent de faire l'éducation sexuelle du public, des affiches l’invitent à se méfier ; on essaie
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de lutter contre le charlatanisme ; la prostitution est réglementée. Tous ces efforts ne donnent pas les résultats attendus. Le public ne se laisse pas toujours persuader de plein gré ; dans certains pays on a songé à recourir à la force et l’on a établi le traitement obligatoire.
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