‹ Le traitement opératoire du ptosis: par la méthode de ParinaudChapitre 13 sur 19 · CRITIQUE DE L'OPÉRATION DE PARINAUD AVANTAGES. — INCONVÉNIENTS · texte numérisé non relu

CRITIQUE DE L'OPÉRATION DE PARINAUD AVANTAGES. — INCONVÉNIENTS

Nous n’aurons pas besoin d’insister longtemps sur les résultats de l'opération de Parinaun : ils sont évidents, ils sont immédiats.

En effet, comme le précisait si bien le professeur Panas … (voir plus haut), le but que l’on cherchait est atteint : le voile palpébral est raccourci, sa forme naturelle conservée, son mouvement « d’escarpolette » restitué! Que demander de plus? Un point a besoin d’être éclairci : les résultats se maintiennent-ils? Les malades opérés par ParnauD en sont une preuve évidente : chez tous, la guérison s’est maintenue comme au premier jour ; un seul cas d'insuffisance légère est dû à ce qu’on avait relâché les fils trop tôt.

Et par quel moyen s’obtient ce résultat remarquable? Nous avons vu que, d’après ParivauD, c’est par l'établissement d’adhérences conjonctives « en masse » entre le muscle et le cartilage, adhérences qui se forment « très facilement », dès qu’on met en contact le bord du cartilage avec le muscle ou son tendon. C’est de cette façon qu’on a obtenu des résultats après 48 heures et, dans ur cas de Dianoux, après 24 heures. Au contraire, M. Morais dit avoir eu dans le même temps des résultats aussi constants par son opération. Or ParivauD, en raison des difficultés que les chirurgiens ont à obtenir des sutures tendineuses, a toujours prétendu que là aussi le résultat était dû, non à une suture qu’il jugeait irréalisable, mais à des adhérences conjonctives.

Cette suture serait-elle possible, ajoutait-il, qu'on ne devrait pas la rechercher, à cause de la laxité relative des adhérences, qui est une condition nécessaire pour l'obtention d’un bon résultat et qu’elle ne donnerait pas.

M. CuevaLcerEau a reproché aux opérations de Morars et de Parnaup de laisser persister un certain degré de chute de la paupière au repos, malgré le rétablissement du mouvement.

Le fait, possible pour celle de Morais, ainsi que le reconnaît celui-ci, en ajoutant qu’il peut être besoin de recourir à des opérations complémentaires, est évité dans le procédé de

ere

Parinaup par la résection plus ou moins large du cartilage qui

est un des temps de l'opération.

D'ailleurs, d’autres moyens permettent de corriger facilement un résultat que l’on jugerait imparfait : si la paupière est trop relevée, on peut desserrer les fils le quatrième ou le cinquième jour. Mais il ne faut pas, selon les prescriptions de ParinauD, se préoccuper outre mesure d'un effet excessif immédiat

Au contraire, pour avoir un relèvement plus prononcé, il suffit de laisser les fils en place plus longtemps : six ou huit jours; il faut craindre cependant, dans ce cas, une rétraction trop considérable de la paupière. Mieux vaut donc procéder à une résection plus large du cartilage, ou encore faire sortir les fils au niveau des cils comme Parmnaup le faisait primitivement.

Quant aux difficultés de l’opération en elle-même, tous les chirurgiens qui l’ont essayée reconnaîtront avec M. Vazune qu’elle est plus facile que ne le fait croire sa description; c’est aussi l'avis de M. Terriex : « l’opération de P4arinau», d'une exécution beaucoup plus facile (que celle de Morars) et pour laquelle l’anesthésie locale suffit, a l'avantage de respecter le tendon du droit supérieur.

«Sans doute, elle entraîne une diplopie passagère, mais qui disparaît rapidement. Elle pourrait donc être expérimentée sans grand inconvénient, car elle réduit au minimum les inconvénients inhérents à toute opération de ptosis (1): »

Nous avons vu que la principale difficulté siégeait dans la recherche du muscle droit supérieur, parfois pénible, il faut le reconnaître, surtout si l’épanchement sanguin est abon° dant : dans ce cas, suivant les recommandations de PARINAUD, il faut recourir à l’hydrotomie, et utiliser des sondes coni-

(1) TERRIEN, Chirurgie de l’œil et de ses annexes. 1902, page 287,

ques mousses pour libérer les adhérences conjonctives; enfin on glissera Le crochet à strabisme sous le muscle par son bord interne.

Le principal reproche qu’on a fait encore à cette opération c'est de laisser après elle une diplopie due à un strabisme vertical. Or, ParvauD, chez ses opérés, n’a jamais observé de diplopie au delà d’une quinzaine de jours; ilest bien évident d’ailleurs qu'ici le muscle droit supérieur intact est moins affaibli que dans le procédé de Morais.

Du côté de la cornée, si certains opérateurs ont eu des complications, PariNauD n’en a jamais observé chez ses ma-

lades : Le fil, étant sous la conjonctive, ne peut irriter l’œil.

Page 1