‹ Le traitement opératoire du ptosis: par la méthode de ParinaudChapitre 3 sur 19 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le Ptosis.

Anatomie et Physiologie de la région palpébrale.

Le ptosis est une difformité caractérisée par la chute permanente de la paupière supérieure; chute plus où moins complète et qui dépend d’un grand nombre de causes.

Simple ou double, congénital ou acquis, sa cause la plus fréquente est la paralysie de la troisième paire, ou nerf moteur oculaire commun, qui supprime l’action du releveur de la paupière et laisse toute liberté d'action à son antagoaiste : l’orbiculaire des paupières. De 1à même une légère cause d'erreur : il faut en effet se garder de confondre un ptosis avec le blépharospasme dû à la contracture de l’orbiculaire. |

Ainsi toute cause qui diminuera ou supprimera l’action du releveur ou celle de son nerf moteur: plaies, infiltrations de graisse ou de liquides, tout ce qui augmentera le poids de la paupière (épaississement cicatriciel du bord palpébral dû à une blépharite chronique, ou à une vieille conjonctivite granuleuse), tout cela pourra être cause de ptosis.

A cemoment,le sujetest incapablede soulever sa paupière, celle-ci tombe comme un voile au-devant de la cornée et la vision normale est fort compromise. Il doit, en effet, pour « voir »,renverser fortement la tête, de façon que, le globe de l’œil s’abaissant, la pupille se trouve dans la fente palpébrale; ou bien, recourant à des artifices, il soulève lui-même

| paupière ou la peau du front avec ses doigts ou certains ‘a instruments.

Cest donc une véritable infirmité et une infirmité perma- nente.

. De là vient que, de tous temps, on s’est efforcé d'y

Lespremierschirurgiens enlevaientseulementunelanguette de la peau du front ; d'autres une portion de la paupière elle- même; plus tard, on eut l’idée d'emprunter une force mus- culaire voisine : celle du frontal; et, enfin, récemment an s’aperçut qu'il existait, tout près du muscle paralysé, un | autre muscle d'action physiologique presque semblable à celle du premier : c’est le droit supérieur.

La première communication officielle sur ce sujet fut faite - au congrès de la Sociélé française d’ophtalmologie en 1897 . par le docteur Morais, d'Angers. Il y démontrait, en s’appuyant sur leur anatomie, la similitude d’action des deux - muscles cités.

a Même innervation par le moteur oculaire commun; même trajet dans l’orbite, mêmes rapports, mêmes insertions. Au fond de l’orbite, une même gaine aponévrotique enveloppe les deux muscles.

__ « En avant, au niveau de l’entonnoir aponévrotique, les | connexions aponévrotiques deviennent encore plus intimes. . D'une part la gaîne du muscle supérieur doit, pour gagner la . demi-circonférence supérieure de l'orbite, se jeter sur la artie postérieure du large tendon du muscle releveur et le 4 ontourner en l’enserrant étroitement (1)... »

Ajoutons, ce qui complète leur synergie d'action, que le droit supérieur, à l’état physiologique, se contracte chaque fois que le releveur de la paupière entre en action. Or, que

(1) Morais, Anatomieet physiologie de l’appareil moteur de l'œil de l'homme In Encyclopédie française d'ophtalmologie.

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