‹ Le traitement orthopédique du mal de PottChapitre 10 sur 96 · PHARE · texte numérisé non relu

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II. — ATTITUDE NORMALE DU RACHIS 1° À l'état de repos (voir fig. 3).

Dans la station verticale, le rachis présente quatre courbures et trois points d'inflexion : la colonne cervicale forme une courbe convexe en avant, la colonne dorsale une courbe concave, la colonne lombaire une courbe convexe et la colonne sacrée et coccygienne une courbe concave : d'où les trois points d’inflexion (1} cervico-dorsal, dorso-lombaire et lombo-sacré.

A la colonne cervicale la face antérieure des corps vertébraux décrit une courbe convexe en avant de la première à la septième cervicale inclusivement ; cette courbe régulière à grand rayon a son point le plus antérieur à l’union des quatrième et cinquième vertèbres cervicales. La crête des apophyses épineuses cervicales forme un arc concave en arrière et de très court rayon par suite du faible développement des apophyses épineuses des troisième, quatrième et cinquième vertèbres cervicales et du volume considérable de celles de la deuxième et de la septième qui forment les limites de la courbe. |

A la colonne dorsale la face antérieure des corps vertébraux dessine un arc régulièrement concave en avant (avec maximum au niveau de la sixième vertèbre dorsale), tandis que la crête épineuse forme une courbe convexe en arrière avec (maximum au niveau de la sixième ou septième apophyse) rendue irrégulière par la longueur et l'obliquité différentes des apophyses épineuses. En effet, les trois premières apophyses épineuses dorsales sont longues et presque horizontales, la quatrième est oblique et les autres, jusqu’à la onzième et la douzième qui se relèvent, sont presque verticales et s'imbriquent entre elles comme les tuiles d’un toit.

A la colonne lombaire la série des corps décrit une convexité en avant appartenant à un arc de grand rayon, tandis que la crête supérieure est verticale ou même légèrement convexe en arrière,

1. On appelle point d’inflexion, le point de raccordement de deux courbes de sens opposé. La tangente aux deux courbes est commune en ce point et les traverse.

Fic. 3. — D'après nat. (dans Étude pratique du mal de Pott, de Ménard). — Coupe médiane de la colonne vertébrale à l’état normal dans l'attitude verticale

Région cervicale. — Convexe en avant, concave en arrière. La concavité postérieure est augmentée par suite du peu de développement des troisième, quatrième, cinquième apophyses épineuses, et les grandes dimensions au contraire des mêmes apophyses en haut et en bas.

Région dorsale. — La concavité antérieure est un peu plus marquée que la convexité postérieure : direction horizontale des apophyses épineuses aux deux extrémités :

direction verticale des mêmes apophyses à la partie moyenne. Région lombaire. — Concave en avant, rectiligne ou légèrement convexe en arrière

par suite de la longueur prédominante de la troisième apophyse épineuse lombaire. Faibles dimensions de la cinquième apophyse épineuse lombaire.

les apophyses moyennes ‘surtout la troisième) étant plus longues que les autres (la cinquième est notamment très réduite).

Le sacrum qui forme un angle très marqué (130 degrés) avec la colonne lombaire (promontoire) présente en avant une concavité très prononcée que continue le coccyx.

2° Mouvements du rachis

La colonne vertébrale très mobile (1) dans son ensemble se prête à quatre types de mouvements : flexion (flexion en avant); extension (flexion en arrière) ; inclinaison (flexion latérale) ; /orsion (rolation autour de son axe).

A. — Flexion de la colonne vertébrale (tig. 4). — Le sacrum étant fixé, si l’on fléchit au maximum le rachis, on voit qu'il présente une courbe fortement concave en avant et en bas, mais irrégulière et composée d'arcs de différents rayons. Cette flexion de la colonne vertébrale est due au jeu des vertèbres qui basculent autour d’un axe passant au niveau de la partie postérieure et médiane des corps vertébraux d'où, d’une part, rapprochement des corps surtout à leur partie antérieure, compression des cartilages intervertébraux qui font saillie en avant sous forme de bourrelets annulaires ; d'autre part, écart en éventail des arcs postérieurs autant que le permet la résistance des ligaments jaunes (dont l’allongement peut atteindre le double ou le triple de leur longueur au repos) et des ligaments interépineux.

La courbure maximum de flexion dans chaque segment de la colonne est très différente.

La colonne cervicale forme par ses cinq premiers corps vertébraux une ligne droite regardant en bas et presque parallèle au plan du sol.

A partir de la sixième vertèbre cervicale commence une concavité très marquée en avant qui s'arrête à la sixième dorsale.

La colonne dorsale se fléchit donc fortement à sa partie supé-

1. Chez le tout jeune enfant la colonne vertébrale est « indifférente », c’est-à-dire qu'on peut la fléchir fortement dans tous les sens : sa mobilité est extrème.

rieure.Au contraire, la flexion du segment compris entre la sixième vertèbre dorsale et la dixième est bien moindre, puisque la face

Fig. 4.— D'après nat. (Ménard). — Coupe médiane du rachis en flexion forte.

Région cervicale devenue rectiligne en avant. ’

Région lombaire devenue à peu près rectiligné en avant, A la région dorsale, la flexion est plus accentuée en haut vers le cou, et en bas vers les lombes qu’à la partie moyenne. En arrière, la série épineuse reste légèrement concave au cou, devient fortement convexe à la région lombaire. La convexité dorsale est augmentée. Les, apophyses épineuses du ‘dos sont légèrement écartées les unes des autres, surtout en haut.

antérieure des corps correspondant suit une ligne droite ou à peine concave (attitude presque identique à l'attitude de repos).

Len Eu

Les deux dernières vertèbres dorsales se rapprochent anatomiquement et physiologiquement des vertèbres lombaires avec lesquelles elles forment dans la flexion du rachis une courbe concave en avant.

La colonne lombaire passe, en effet, dans la flexion maximum de la convexité en avant à la concavité, concavité d’ailleurs plutôt dorso-lombairé puisqu'elle commence à la dixième ou onzième vertèbre dorsale peur finir à la troisième lombaire,et que les deux dernières lombaires restent en ligne droite.

En résumé, dans la flexion de l’ensemble de la colonne vertébrale, « les régions cervico-dorsale et dorso-lombaire se fléchissent fortement et deviennent concaves en avant, tandis que les régions cervicale supérieure, dorsale moyenne, lombaire inférieure restent presque rectilignes » (4).

B. — Extension de la colonne vertébrale (fig. 30). — Le sacrum étant fixé, si l’on étend fortement le rachis,on lui fait décrire un arc concave dans son ensemble en arrière,mais très irrégulièrement.Plus exactement on obtient un segment rectiligne (la colonne dorsale) se continuant à ses deux extrémités par une courbe très accentuée, l’une cervicale, l’autre lombaire.

L'extension de la colonne vertébrale est due au jeu des vertèbres qui basculent encore l'une sur l’autre (comme dans la flexion), mais dans le sens inverse : les corps s’écartent en avant, distendent les fibro-cartilages et déterminent l’apparition au niveau de chacun d’eux, d’un sillon transversal. En arrière, les apophyses épineuses se rapprochent, les lames se juxtaposent, les espaces interlamellaires disparaissent et les ligaments jaunes font hernie dans le canal rachidien.

La colonne cervicale par sa face somatique est fortement convexe en avant et l’arc qu'elle forme représente à peu près le quart d'upe circonférence de court rayon, tandis que la crête des apophyses épineuses (qui sont tassées à tel point que la distance qui sépare, à l’état de repos, les apophyses épineuses de la première vertèbre cervicale de celle de la septième, est réduite d'un tiers) forme un arc de très court rayon fortement concave en arrière.

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