‹ Le traitement orthopédique du mal de PottChapitre 3 sur 96 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il ne faut pas espérer (trouver dans cette étude une revue de tous les traitements proposés ou employés pour empêcher et corriger les déformations pottiques.

Nous ne ferons même pas l'historique du traitement des « bosses », quoiqu'il eut peut-être été curieux de rapprocher des traitements d'Hippocrate (gonflant une outre sous le dos du patient) ou d'Ambroise Paré (pressant en force sur la gibbosité tandis que des aides tiraient sur les bras et les pieds du malade), les méthodes de médecins plus modernes, méthodes préconisées souvent à grand bruit et qui devaient faire des miracles !

Nous n'entrerons pas non plus dans la description des nombreux appareils, ou systèmes inventés pour maintenir, soutenir ou redresser le rachis pottique, appareils et systèmes baptisés, débaptisés ou rebaptisés pour le petit plaisir ou la grande réclame de nombre de praticiens dont nous ne suivrons pas la pratique!

Nous nous sommes trouvés durant le temps assez long (quoique encore trop court) que nous avons passé comme interne à l'Hôpital Maritime avec un maître qui ne ressemble guère aux autres. Les maitres de Paris ou de partout ailleurs enseignent ce qu'il faut croire, M: Ménard défend de croire. Les savants se complaisent d'ordinaire à faire des hypothèses et cherchent des explications souvent très compliquées ; M. Ménard, lui, n'aime pas beaucoup les hypothèses ni les raisonnements en médecine : « Les faits d'abord et surtout: vous avez des yeux, regardez et sachez voir ! »

C'est un grand plaisir pour nous que de remercier aujourd'hui M. Ménard de son enseignement. Il nous a rendu le plus grand service qu'on puisse rendre à un élève eu nous forçant à travailler

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par nous-même dans le précieux « musée pathologique » qu'est l'Hôpital Maritime, nous faisant acquérir ainsi des idées personnelles. C’est sous son impulsion que nous avons non seulement disséqué et étudié minutieusement beaucoup de colonnes pottiques, mais encore reproduit expérimentalement sur des colonnes normales les destructions osseuses qu’on trouve dans le mal de Pott pour chercher à connaître mieux le mécanisme des déformations. Êt cette étude en même temps qu’elle nous pénétrait davantage de notre sujet, augmentait chaque jour notre admiration pour notre maître, car il n’était si petite découverte que nous croyons faire, qui ne l’ait été réellement avant nous par M. Ménard, comme le témoignait d’ailleurs son livre sur le mal de Pott!

Aussi n’étonnerons-nous personne quand nous dirons qu'il ne faut point chercher dans notre étude anatomo-pathologique des déformations pottiques (à part peut-être çà et là une note originale !) autre chose que ce qu’il y a dans le livre de M. Ménard : tout ce que nous avons mis entre guillemets sans nom d'auteur est de lui, et l’on pourrait presque dire que tout le reste en est aussi ; ses mots favoris venant à tout moment sous notre plume et les phrases de son livre n'étant souvent modifiées que pour condenser et résumer le texte. Ne pouvant en effet nous étendre comme nous l’aurions voulu sur l’anatomie pathologique du mal de Pott, nous avons seulement cherché à indiquer clairement les facteurs . agissant d’une façon quelconque sur les déformations pottiques.

I n’y a pas dans la deuxième partie de ce travail, nous l'avons dit, la description ni la critique de tous les appareils et systèmes proposés pour le traitement du mal de Pott par les praticiens de l’ancien et du nouveau monde, non pas que nous dédaignions les remarquables travaux des nombreux orthopédistes de valeur d Amérique, d'Allemagne ou d’ailleurs, mais plusieurs volumes ne suffiraient pas à dire ce qu'il y a d’intéressant sur la question, et nous avons cru plus sage de nous borner à décrire le traitement qui nous a paru le plus rationnel.

On ne trouvera donc dans cet ouvrage qu'une méthode de trai-= tement orthopédique du mal de Pott, la méthode suivie à l'Hôpital Maritime ou employée par nos maitres dans leur clientèle de ville. Nous avons cherché à exposer cette méthode le plus claire-

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ment possible el de la manière que nous croyons le plus profitable à ceux qui nous lirons.

Nous avons élé puissamment aidé dans cette tâche par tous nos chefs de l'Hôpital Marilime. Nous avons dit quelle reconnaissance nous devions à M. Ménard, nous ne saurions trop lui répéter qu'elle ne s’effacera jamais de notre cœur, pas plus que la respectueuse affection que nous lui portons.

Il nous est très agréable aussi de remercier ici les deux chirurgiens assistants de l'Hôpital Maritime, MM. Calvé el Andrieu, qui nous ont appris — ce dont nous avons élé profondément touché — à les considérer plus comme des amis que comme des chefs!

Nous nous en voudrions de ne pas dire tout ce que notre travail leur doit.

M. Calvé a toujours porté à ce travail l'attention la plus bienveillante, la plus attentive et la plus suivie. Et, s’il est vrai de dire que « de la discussion jaillit la lumière », notre étude sur le traitement orthopédique du mal de Pott ne doit pas être trop obscure, car il est peu de jours, pendant plus d’un an, où M. Calvé n’ait eu à combattre contre l'entêtement de son élève (souvent trop personnel !), entêtement qui ne pouvait subsister longtemps, d’ailleurs, devant les démonstrations que M. Calvé savait rendre lumineuses !

C'est grâce encore à M. Calvé, sous sa direction et avec son aide, que nous avons poursuivi nos recherches radiographiques.

La radiographie de la colonne vertébrale de profil, présentait pour nous un intérêt considérable non seulement pour le diagnostic du mal de Pott, mais encore et surtout pour étudier le foyer de destruction, la réparation de ce foyer, l'inflexion vertébrale et ses compensations orthopédiques d'origine statique où thérapeutique.

M. Andrieu s’est montré également avec nous l'ami bienveillant, et sûr, qui nous mettant en garde contre les emballements pseudoscientifiques, nous a fait préciser clairement des notions un peu vagues dans notre esprit. \

Nous tenons à remercier ici le D: Andrieu, qui toujours de la plus grande amabilité à notre égard, nous a permis de faire plusieurs autopsies très intéressantes à l'Hôpital Bonville.

Nous ne voulons pas terminer cette introduclion sans dire, aux nombreux amis que nous nous sommes faits à la salle de garde de

ENPRNEE

l'Hôpital Maritime, et qui médicaux ou non (comme l’ami Hugues qui nous a fourni la matière de notre chapitre sur la mécanique du rachis) nous ont apporté pour ce travail une aide très précieuse, que nous n’oublierons pas les agréables moments passés ensemble et que nous leur resterons cordialement attachés.

Nous tenons également à remercier M. Landrieux de ses dessins et les aimables collaboratrices que leur modestie nous empêche de nommer et qui nous ont prêté le concours le plus intelligent et le

plus dévoué, facilitant ainsi grandement notre tâche.

Berck-sur-Mer, le 28 juin 1912.

DU

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