‹ Le traitement orthopédique du mal de PottChapitre 39 sur 96 · PRINCIPES DU TRAITEMENT ORTHOPÉDIQUE · texte numérisé non relu

PRINCIPES DU TRAITEMENT ORTHOPÉDIQUE

Tous les auteurs ne comprennent pas de la même façon le traitement orthopédique du mal de Pott, et n’en attendent pas les mêmes résultats : les uns préconisent la méthode du repos dans le décubitus dorsal, d’autres la méthode ambulatoire, d’autres une méthode mixte qui tient des deux précédentes.

Quelques auteurs, plutôt rares actuellement, prétendent supprimer toute gibbosité et redresser le rachis fracturé par la lésion tuberculeuse, en écartant les deux segments osseux jusqu’à perte de contact, escomptant qu'unehyperostose favorable viendra combler l’espace resté vide entre ces deux segments. La plupart des auteurs, au contraire, se basant sur des données plus scientifiques, ne cherchent pas à faire perdre contact aux segments du rachis, mais seulement à les placer dans une position favorable à l'arrêt du processus tuberculeux, à la limitation de la destruction osseuse qui cause l’inflexion vertébrale, en mème temps qu’à la compensation orthopédique la meilleure.

En réalité, tout le traitement du pottique tient dans cette tétralogie de Ménard : « Le pottique, dit Ménard, doit être couché, fixé, lordosé, aéré. »

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Nous ne dirons rien des conditions hygiéniques dans lesquelles on doit placer le malade, ces conditions relevant du traitement général que nous n’avons pas à étudier ici (1), quoique la pureté de l’air respiré ait une action importante dans la guérison du foyer tuberculeux ; mais nous indiquerons sommairement, avant d'étudier les moyens pratiques de les obtenir, les principaux effets des trois autres facteurs du traitement du mal de Pott : repos en position horizontale, immobilisation, lordose ou hyperextension.

1° Repos en position horizontale

La déformation pottique a, nous l’avons vu, une double origine : l’ulcération tuberculeuse due à l’action destructrice propre du bacille de Koch, et l’ulcération compressive mécanique due à la pesanteur. #

La position horizontale lutte contre ces deux facteurs. Elle donne au rachis le repos nécessaire à l'arrét du processus tuberculeux, en même temps qu’elle supprime presque complètement l'action de la pesanteur, et par là même l’ulcération compressive et la tendance à l'inflexion vertébrale. Elle est absolument nécessaire dans le mal de Pott en activité, même quand on applique des appareils de contention rigide qui ne sauraiènt transmettre intégralement au bassin le poids du segment corporel sus-jacent, surtout quand il y a gibbosité et que le segment rachidien auquel elle appartient n’est pas lordosé au maximum.

Nous ne parlerons ‘pas ici des autres effets de la position horizontale dans le mal de Polt : amélioration de l’état général, suppression des douleurs chez l’adulte, action favorable à la guérison des abcès, de la paraplégie, etc.

. Durée. — Le repos horizontal est obligaloire pendant toute la

1. € La vie au grand air, loin des villes, dans une atmosphère dépourvue de germes, à l’abri de contagion nouvelle (supertuberculisation) sous l'action bactéricide et tonique du soleil, est à la base de toute thérapeutique antibacillaire. Le climat marin dont l’action est slimulante, oxydante, réminéralisatrice! et le vent qui remplace l’exercice-physique par le véritable massage du corps qu'il exerce à travers les vêtements, sont d'excellents facteurs de guérison » (D° Calvé dans Paris médical février 1912),

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période d'activité, c’est-à-dire deux ou plutôt trois ans au minimum.

2e Immobilisation

La position horizontale ne suffirait pas à mettre le rachis malade dans les meilleures conditions de guérison, si on n’y ajoutait, l’immobilisation du rachis.

Si le décubitus dorsal supprime l'action de la pesanteur, il permet cependant à la colonne vertébrale certains mouvements. Le repos absolu, nécessaire à l'arrêt du processus tuberculeux, demande que le malade soit immobilisé le plus exactement possible. C'est pourquoi on doit le fixer, comme nous le verrons, sur son lit. Cette immobilisation tend à diminuer la contracture musculaire, et permet ainsi de faire prendre au rachis des positions favorables à une bonne guérison orthopédique.

3° Hyperextension (ou lordosisation\

La fixalion du pottique en position horizontalene serait pas encore suffisante pour mettre la colonne vertébrale malade dans de bonnes conditions de guérison. En effet,même dans la position horizontale, le rachis peut se mettre en flexion. Un léger degré de flexion est d'ailleurs la position ordinaire de repos de la colonne vertébrale. Quand on est couché on fait le « dos rond ». Un lit très dur (sans matelas où l’on enfonce) peut bien empêcher le rachis de se fléchir beaucoup,mais il laisse toujours possible un léger degré de flexion.

Or, nous avons vu (1) que la position thérapeutique à donner au rachis malade, pour supprimer complètement l'ulcération compressive, provoquer le tassement des arcs postérieurs et ainsi empêcher, diminuer, masquer par de bonnes lordoses très voisines du foyer,ou même supprimer dans certains cas la gibbosité, était la position de /ordose, c'est-à-dire d’hyperextension ; lordose ou hyperextension générale ou pratiquement (cette lordosisation générale étant difficile à obtenir) lordose ou hyperextension de

4. Voir « Lordoses thérapeutiques » dans le cha itre II de la 1" partie.

l’ensemble du segment rachidien auquel appartient le foyer tuberculeux. |

On devra donc donner une courbure désirable à cet éffet au plan qui supporte le malade couché.

Nous verrons plus loin comment réaliser cette courbure, soit dans la méthode de repos horizontal sans appareil de contention rigide, soit dans la méthode des appareils plâtrés.

Mais il est de toute évidence que cette lordosisation sera permanente, et qu’il est inutile et même dangereux de chercher à la produire avec des manœuvres de violence sous prétexte de redresser le rachis déformé.

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