‹ Le traitement orthopédique du mal de PottChapitre 41 sur 96 · Son jeune âge — cinq ans — favorise le traitement · texte numérisé non relu

Son jeune âge — cinq ans — favorise le traitement

laquelle entrent plusieurs facteurs, et qui laisse toujours au malade une taille pluscourte que normalement.

Mécanisme. — Nous avons vu que celte correction devait être tentée par lordosisation ou hyperextension progressive et lente du segment rachidien auquel appartient le foyer tuberculeux.… Jamais de (redressement brusque » avec ou sans anesthésie générale {1}, jamais de brutalité. On ne doit pas oublier que la consolidation du rachis antérieur, qui est absolument nécessaire pour supporter le poids du corps (à cet égard les soudures qui se produisent dans le rachis postérieur n'ont aucun rèle),se fait par simple soudure des fragments somatiques en présence. Donc, on ne doit jamais chercher à leur faire perdre contact comme ceux qui escomptent la production d’une hyperostose (hyperostose purement illusoire et antiscientifique) pour réunir ensemble des segments séparés. La lordose thérapeutique a pour but d'ouvrir l'angle rentrant intersegmentaire sans faire perdre contact aux deux segments du rachis rompus, mais en provoquant d'une part le tassement du rachis postérieur des vertèbres intéressées et même des vertèbres sus et sous-jacentes à la lésion, d'autre part, l'augmentation de hauteur en avant des disques intervertébraux; au bout d’un temps assez long apparaissent des facteurs qui favorisent encore l'ouverture de l'angle intersegmentaire, c’est l’atrophie des arcs postérieurs et les déformations des corps vertébraux sus et sous-jacents au foyer tuberculeux dont la hauteur augmente surtout à leur partie antérieure sous l’action de la lordose (notamment chez l'enfant dont la croissance n’est pas terminée).

La lordose thérapeutique peut, quand la destruction osseuse n’est pas considérable (et d'autant plus facilement que le segment rachidien atteint est plus extensible),arriver à supprimer loute apparence de gibbosité (voir radiog. no 6 et 13, pl. VI et VII et radiog. 14%, pl. XIV).

Si la destruction somatique est trop considérable, ce serait folie de prétendre qu'ilest possible de « redresser » le rachis, du moins d'une façon durable ; mais dans ce cas la lordose thérapeutique du seg-

1. La suspension d’un pottique anesthésié est très dangereuse,et à donné lieu à des cas de mort par syncope.

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ment rachidien auquel appartient le foyer tuberculeux, a, au moins, pour effet de créer immédiatement au-dessus et au-dessous de ce foyer, des lordoses très localisées en général, qui tendent à écarter de ce foyer les corps vertébraux sains voisins, empêchent qu'ils ne continuent la direction des côtés de l'angle de la gibbosité, et ainsi servent à limiter et à masquer la gibbosité persistante.

B. — Après la consolidation du rachis (1). — Quand le rachis est consolidé, que le pottique est guéri, il serait dangereux, criminel même,de tenter par un moyen quelconque, comme l'ont fait quelques chirurgiens à une époque qui n’est pas très éloignée, de rompre les adhérences qui unissent les deux segments rachidiens au niveau de l’ancien foyer tuberculeux pour chercher à «redresser» un bossu.Tout ce qu’on pourrait essayer, et seulement chez l'enfant dont la croissance n’est pas finie, serait de créer immédiatement au-dessus et au-dessous de la gibbosité des lordoses analogues à celles dont nous venons de parler.

Mais rarement à cette période on obtient des résultats vraiment satisfaisants.

4. La consolidation du rachis est, rappelons-le, quelquefois très tardive (six, sept, huit ans et plus), surtout pour les difformités qui répondent à une grande destruction somatique (6, 7 corps vertébraux); dans ces cas les difformités qui paraissent définitives ne le sont pas, et l’on peut encore provoquer des compensations orthopédiques.

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