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B. — Technique du corset plâtré
4° PRÉPARATION DU MALADE. — Avant d'appliquer un appareil plâtré quelconque, il est utile de donner un bain au malade ou au moins de faire un bon nettoyage de la région du corps qui sera recouverte par le plâtre, puis de la saupoudrer de poudre de talc. Si un point de la peau tend à s’escharifier (notamment au niveau de la gibbosité) il sera bon d’y appliquer une compresse aseptique après lavage à l’alcool. Cette compresse sera maintenue en place par l'application du 7ersey que l’on doit interposer entre la peau et le corset plâtré. Le plâtre ne doit jamais en effet être en contact direct avec la peau sur laquelle il déterminerait des eschares.
Il y a quelques années on recouvrait complètement d'ouate la région du corps correspondant à l'appareil plâtré.
Cette pratique, que des chirurgiens suivent encore en France et à l’étranger,a l'inconvénient, si cette enveloppe ouatée a une épaisseur assez notable, d'empêcher un modelage exact des points d'appui et de fixation, par conséquent de rendre presque impossible la confection d’un bon corset.
Aussi a-t-on généralement remplacé l’ouate par un jersey ou mieux deux jerseys. On emploie des jerseys avec manches et col de préférence. Le premier jersey est mis à l'envers de manière que les coutures ne soient pas imprimées dans la peau du malade, le second est mis à l’endroit.
Entre les deux jerseys il est bon de placer, au niveau des aspérités osseuses, surtout si elles sont prononcées (épines iliaques, sacrum, gibbosité) une compresse de quatre épaisseurs environ, mais pas d’ouate.
Si le corset ne doit pas être échancré largement à la partie antérieure du thorax et à la partie supérieure de l’abdomen, on y placera entre les deux jerseys une couche d’ouate pour faciliter la respiration (et la réplétion stomacale) en ayant soin de l'arrêter à deux travers de doigts au-dessous de la poignée sternale, pour ne pas gêner le modelage. De même, on pourra mettre une couche d’ouate au-devant de la pomme d'Adam dansles corsets avec col et dans les minerves.
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On aura soin ensuite de tendre suffisamment les jerseys pour qu'ils épousent exactement la forme du corps et se moulent sur les saïllies osseuses. On fixe le derrière et le devant des jerseys au
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Fra. 43, — Mode de suspension pour la confection d'un appareil plâtré pour mal de Pot.
moyen d'une épingle double, entre les cuisses sous le périnée.
Dans les corsets avec col ou dans les minerves on tire sur le col du jersey et on l’attache près des oreilles sur la toile de la mentonnière.
Ce col du jersey ainsi tiré empêche de serrer trop le cou en appliquant les bandes plâtrées. Si le jersey n’a pas de col on entoure le cou d’ouate fixée par un tour de bande de gaze.
2° SUSPENSION DU MALADE OU FIXATION SUR PELVIS-SUPPORT. — Pour la confection du corset plâtré le malade doit être placé dans une bonne position orthopédique.
Dans la plupart des cas on fait l'appareil plâtré dans la suspension.
C’est seulement pour les maux de Pott lombaires, lombo-sacrés ou sacrés, qu'il suffit pour faire l'appareil de placer le malade dan le décubitus ventral sur un pelvis-support en position de lordose lombaire.
a) Suspension du malade. —Le malade est suspendu par la tête au moyen d’une sorte de mentonnière fabriquée simplement avec une bande de toile (fig. 43). La meilleur façon de faire cette mentonnière est de prendre une bande de toile de 6 centimètres de largeur environ et d’une longueur égale à au moins quatre fois la plus grande circonférence du crâne. A la partie médiane de cette bande on fait un nœud simple que l'on a soin de ne pas serrer pour laisser une boucle par où l’on passera plus tard une des extrémités de la bande. Puis, l’on place ce nœud sur la région temporale (on le fait maintenir à cette place par un aide), devant une oreille, de manière à faire passer l’un des chefs de la bande sous le menton et l’autre sous la nuque pour les ramener tous les deux devant l’autre oreille : là on fait un second nœud simple et les deux chefs sont ramenés ensemble après que l’un deux a été passé dans la boucle laissée au premier nœud. C’est par cette dernière anse que la mentonnière sera fixée aux crochets de la tige métallique qui sert à la suspension.
Cette tige métallique recourbée en anse comme pour encercler la tête porte à chacune de ses extrémités un ou deux crochets sur lesquels on pourra à volonté faire glisser l’anse formée par la bande au-dessus de la tête, ce qui permettra de placer la tête verticale, et de ne pas suspendre le malade avec la tête inclinée latéralement. Cette anse de toile devra être le plus court possible pour empêcher la tête de se mouvoir facilement. La tige métallique possède en
7 408 / Fic, 44. — Appareil de l’auteur (construit par Bouisseren) pour la construction des appareils plâtrés de mal de Pot
Cet appareil permet de faire l'extension de la colonne vertébrale en fixant de plus la tête, les épaules et le
bassin. Cet appareil, entièrement démontable est très facilement transportable.
… À. — Position du sujet pour la confection d'un appareil pour mal de Pott dorsal (pas de lordose lombaire) ou
cervicale.
B. — Position du sujet pour la confection d'un appareil pour mal de Pott lombaire (lordose lombaire
exagérée).
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son milieu un anneau auquel est attachée une corde. C’est cette corde qui, passant en haut, sur une moufle ou sur un simple crochet, permet de suspendre le patient.
En général, la suspension sera telle que les pieds du malade, sans perdre absolument contact avec le sol, n'y toucheront plus que par la pointe, mais nous verrons plus loin que la suspension simple ne suffit pas dans beaucoup de cas.
Le patient aura les pieds en avant ou même sera assis dans la confection du corset pour ma le Pott dorsal, afin qu'il n’y ait point de production de lordose lon ire. Dans le mal de Pott lombaire, au contraire, on mettra la clonne lombaire en hyperextension, c'est-à-dire que les cuisses du malade seront reportées en arrière fortement pour lordoser la colonne lombaire.
Nous étudierons plus particulièrement ces positions en décrivant la confection des appareils plâtrés pour chaque région du rachis. Les épaules ne doivent pas rester dans une position quelconque pendant la confection du corset. Elles doivent être abaissées le plus possible et reportées en arrière. Pour cela, on peut faire tenir les r ains du sujet par un aide qui se place ou en arrière,ou en avant.Il æst préférable, quand on le peut,de placer sur deux tiges verticales, fixées latéralement,des poignées qu’on fixe à des hauteurs variables et que le malade devra tenir pendant la cenfection du corset.
Ducroquet a préconisé, pour la confection du corset plâtré, un appareil à pivot qui permet, suivant les besoins, de faire tourner devant soi le patient suspendu .On peut, à la rigueur, si l'on a à sa disposition des aides intelligents et experts,confectionner un corset plâtré en faisant la suspension du malade à un simple crochet fixé au plafond.Mais il est très préférable, pour la fabrication de l’appareil plâtré,de fixer exactement le patient dans l'attitude qui convient à la variété de mal de Pott, sans avoir recours à de nombreux aides qui immobilisent mal le sujet etsont encombrants.
Dans ce but nous avons fait construire un appareil spécial qui permet d’une façon simple de fixer en bonne position la tête, les épaules et le bassin du malade. De plus, cet appareil entièrement démontable, tient un volume peu considérable : ce qui permet de le transporter facilement quand on doit faire des corsets plâtrés en dehors de son domicile (fig. 44).
Cet appareil se compose essentiellement d'un trépied dans le
genre de l'appareil de Sayre ou plutôt d’un système de suspension à quatre pieds démontables ; deux pieds sont verticaux et très rapprochés l’un de l’autre (50 cm.), deux autres sont au contraire très obliques et écartés. Un ruban métallique aplati et flexible, passant sur une poulie et fixé à un rouleau qui permet,au moyen d’une chaine dentée, de lui donner plus ou moins de longueur, supporte l'arc auquel est fixée la mentonnière de suspension. Cet arc est uni au ruban métallique au moyen d'une articulation à boule qui permet de le fixer dans la position voulue. Cette articulation une fois serrée, la tête ne peut plus tourner ni d’un côté ni de l’autre, la largeur du ruban métallique s'y opposant. On n'aura donc pas à craindre, si l’on fait une minerve, de fixer la tête dans une position non correcte, ce qui arrive assez souvent dans la suspension ordinaire.
Des poignées, qu'on peut fixer plus ou moins haut sur les pieds verticaux de l'appareil, permettent de maintenir les épaules du sujet en bonne position pour la confection du corset. En effet, le malade en les tenant, lorsqu'elles sont suffisamment abaissées, porte naturellement les épaules en arrière et en bas et ne peut plus leur donner aucun mouvement appréciable ; chez le jeune enfant, il est facile de fixer complètement les bras au moyen d’un bracelet que l’on attache à ces poignées. Enfin le siège à bascule permet de fixer le bassin dans la position désirable. Quand on veut faire un corset pour mal de Pott dorsal, la lordose lombaire devant être supprimée, on assied le malade sur ce siège auquel on fixe les cuisses, légèrement écartées et obliques en bas, au moyen de courroies passant dans le pli de laine
Quand on fait,au contraire, un corset pour mal de Pott lombaire, la lordose lombaire devant être recherchée, on place la face antérieure de la partie toute supérieure des cuisses du sujet sur le siège que l’on aura fait basculer légèrement en arrière et on les fixera sur ce siège au moyen des courroies passant à la naissance des cuisses. Le malade étant ainsi presque complètement immobilisé dans la position voulue, la confection de l'appareil plâtré sera rendue frès facile et l’on n'aura point à craindre les mauvaises attitudes aussi nuisibles que fréquentes.
b) Fixation du malade sur pelvis-support. — Si l'on n'a pas à sa
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