‹ Le traitement par la gymnastique médicale suédoiseChapitre 2 sur 4 · LIBRARY · texte numérisé non relu

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Dans tous les pays où la gymnastique médicale suédoise a été introduite, on en reconnaît de plus en plus l’efficacité dans beaucoup de maladies. Nous croyons devoir citer tout spécialement les suivantes, où ce traitement agit plus particulièrement :

1° Plusieurs affections du système nerveux, telles que la faiblesse nerveuse, la mélancolie, l’hypochondrie, le vertige, la céphalalgie, les affections de la moelle épinière, les vomissements nerveux, la chorée (danse de saint Guy), la mogigraphie (crampe des écrivains), etc ;

2° Plusieurs affections du système vasculaire, telles que les maladies du cœur, les congestions, les irrégularités des fonctions utérines, la disposition à l’apoplexie ou à d’autres hémorrhagies ;

3° Plusieurs affections des organes respiratoires, telles que la disposition à la phthisie pulmonaire, l’emphysème, l’asthme, les suites de l’hémoptysie, ainsi que celles de la pneumonie et de la pleurésie;

4° Les embarras gastriques, tels que la diarrhée chronique, la constipation, certaines affections du foie, l’inappétence, la flatulence, etc. ;

3° Des affections constitutionnelles telles que les scro-

fuies, les tubercules, la chlorose, le rhumatisme, etc. ;

6° L’affaiblissement musculaire, les paralysies et les déformations, telles que les déviations de la colonne vertébrale ou d’autres parties du corps, l’atrophie, l’affaiblissement des organes génitaux, les contractures, les ankylosés et d’autres affections articulaires comme l’entorse, l’hydarthrose où l’on utilise le massage.

Toutefois, jusque dans les derniers temps, ce genre de médication par la gymnastique médicale n’a point été intronisée chez nous. La crainte d’une action nuisible des exercices gymnastiques chez les personnes trèsfaibles ou âgées, a sans doute jeté le discrédit sur ce nouveau point thérapeutique; ajoutons-y que la connaissance très-imparfaite que l’on a des détails et de la partie technique de la gymnastique médicale, et la confusion que l’on fait d’un traitement exactement adapté à l’état particulier de chaque individu, avec les exercices corporels ordinaires, n’ont pas peu contribué à en récuser les effets salutaires. Certes nous comprenons l’hésitation bien naturelle que l’on éprouve, d’employer la gymnastique dans les affections où l’influence des mouvements et des efforts corporels est regardée comme nuisible : nous entendons parler des maladies du cœur (1).

(1) Nous commençons par l’étude de la gymnastique dans les maladies du cœur, afin de prouver aux personnes qui se croient trop faibles pour se soumettre à ce traitement qu’elles peuvent impunément s’y adonner, si faibles qu'elles soient, puisque les malades atteints d’affections du cœur, où certes

Quand on sait à quel degré le moindre effort agit sur celui qui souffre d’une affection cardiaque, on comprend, nous le répétons, que le seul mot de gymnastique sonne mal à l’oreille, et que le traitement gymnastique doit être considéré comme plus propre à nuire au malade, qu’à lui être utile. L’expérience journalière nous apprend, en effet, que tout mouvement corporel augmente les battements du cœur ainsi que les fonctions respiratoires déjà si exagérées dans cette sorte de maladie, mais, d’un autre côté, n’avons-nous pas à tenir compte de la répartition irrégulière du sang, sa surabondance danscertaines parties de l’organisme, sa diminution dans certaines autres; or, c’est afin de régulariser celte distribution anormale, que le traitement gymnastique peut être appliqué efficacement.

La question se résume donc à décider sila gymnastique médicale peut être employée dans ces cas, sans provoquer quelque perturbation dans les mouvements du cœur, et si, sans irriter cet organe, on peut faciliter les fonctions rendues fort pénibles par la maladie.

La solution de ce problème est aujourd’hui affirmative, bien entendu, quand ce moyen médical est bien compris et administré convenablement.

Les succès qu’ont obtenus de savants médecins suédois

des mouvements ordinaires doivent être nuisibles, y trouvent du soulagement. Nous espérons dans un prochain délai, parler de la gymnastique dans les rhumatismes, la contispation et les déviations rachidiennes où elle est un puissant agent thérapeutique.

et allemands dans leurs établissements publics en donnent la preuve la plus satisfaisante. Il suffira de consulter les rapports des différents praticiens et les quelques chiffres de statistique à la fin de ce travail.

Pour nous rendre un compte exact de la valeur de ce traitement, nous croyons, avant d’exposer quelques détails sur son administration, devoir établir les différentes distinctions que présentent les mouvements, et que nous divisons volontiers en :

1° Mouvements passifs;

2° Mouvements actifs.

Les premiers, passifs ou involontaires, pendant lesquels le malade est dans un repos absolu, agissent essentiellement sur les muscles, non en rapport avec la volonté et sur le système nerveux sympathique (organes de la circulation, de la respiration, de la digestion et génito-urinaires).

Les seconds, actifs ou volontaires, exigent la coopération partielle du malade; ils ont comme siège les muscles en rapport avec la volonté et le système nerveux cérébrospinal.

L’effet que produit l’exécution de ces mouvements est aussi double.

A. Effet psychique ou moral, ou influence exercée sur ce que l’on nomme généralement l’humeur, la disposition d’esprit. C’est dans ce but que le patient doit éviter de s’isoler, en assistant en société aux séances gymnastiques, et en ayant ainsi dans bien des cas, la preuve palpable des succès que l’on peut obtenir; il doit aussi

s’intéresser à quelque chose de déterminé, entrer spontanément en activité et travailler lui-même au recouvrement de sa santé.

B. Effet physique, par l’influence exercée sur les diverses parties de l’organisme. Ce qui a lieu soit :

a). Mécaniquement, par l’action passive sur les appareils de notre corps (os, ligaments et muscles dans certains cas) ;

h). Physiologiquement, en provoquant une nutrition plus facile, plus vive, et un renouvellement de substance (stimulation et tonicité), tout particulièrement dans les systèmes nerveux et musculaire.

Des mouvements passifs.

Ils sont administrés par un aide intelligent à un malade complètement passif et placé le plus souvent dans une position à demi-couchée. Ils peuvent, d’après leur nature même, être très-exactement adaptés au caractère particulier du malade et de la maladie.

On peut les ranger dans l’ordre suivant:

1° Tensions d’articulations et du thorax, agissant mécaniquement sur le système des os et des ligaments ;

2° Rotations, pliements, pressions des vaisseaux, d’où résulte une circulation plus active dans les veines et les artères, et, par là, une augmentation de chaleur dans la partie qui a reçu le mouvement;

3° Pétrissements, foulements et claquements qui produisent une plus active circulation dans les vaisseaux capillaires et en particulier dans ceux qui avoisinent la surface du corps ;

4° Frappements, provoquant une circulation plus active dans les parties plus internes;

5° Glissements, percussions, sciage, hachements, secouements, pressions des nerfs et ponctuations. Ces mouvements exercent immédiatement une stimulation sur les nerfs, et par là aussi sur les muscles organiques, lesquels, à leur tour, agissent sur le cœur, sur les vaisseaux sanguins, les bronches, les intestins, la vessie et la matrice.

Les mouvements auxquels le malade prend une part active exigent pour la plupart, aussi bien que les mouvements passifs, la coopération de l’assistant. Celte coopération de sa part consiste à opposer une résistance bien mesurée au mouvement du malade, ou à surmonter la résistance que le malade lui-même oppose au mouvement (mouvements doubles ou mouvements de résistance).

Au lieu des assistants on peut aussi dans certains cas utiliser des appareils (1) qui peuvent être exactement disposés et réglés d’après les besoins de chacun. De plus, l’epiploi de ces appareils présente cet heureux effet

(1) Il existe à Stockolm des instituts où l'on se sert spécialement d'appareils construits surtout pour les mouvements passifs. Un grand nombre de ce genre d’instruments sont mus par la vapeur et permettent à 500 ou 400 personnes d’être traitées journellement. Ce nombre constitue le chiffre normal dans la saison d'hiver comme on le remarque à l'Institut Zander.

Dans mes dernières années de pratique à Copenhague, j’ai fait aussi construire un assez grand nombre d’appareils, dont le sujet pouvait régler le mouvement à volonté.

psychique que le malade acquiert une preuve objective, mathématique, de l’accroissement de ses forces.

On se sert parfois aussi d’une autre classe de mouvements actifs, c’est-à-dire de ceux que l’on exécute seul (mouvements libres). Ces derniers, de même que les mouvements liés, c’est-à-dire qu’on exécute en se servant d’un appareil comme point d’appui ou point de départ du mouvement, sont contre-indiqués dans les affections organiques du cœur, parce qu’ils donnent au malade trop de domination sur l’intensité du mouvement et l’exposent à faire des efforts qu’il doit éviter à tout prix. Il est donc de toute nécessité de recourir dans ces cas à la main expérimentée d’un aide attentif.

Quel est le but de ces mouvements?

1° C’est de diminuer la trop grande affluence du sang dans le cœur, de répartir plus régulièrement ce liquide dans tout l’organisme, afin de combattre ainsi l’hypertrophie et la dilatation de l’organe central. Ce résultat s’obtient en provoquant une circulation plus active dans les parties périphériques. Toutefois, le malade doit prendre dès le début une position telle, que les mouvements ne puissent exercer une influence irritante sur l’activité du cœur et du poumon;

2° De corriger dans les parties environnantes leur tendance à exciter le cœur. On y parvient, soit en main-

Désireux de jeter en Belgique les bases d'une gymnastique médicale et rationnelle, j’ai cédé mon établissement au docteur Krarup qui a dù augmenter encore le nombre des instruments.

tenant droite la colonne vertébrale, soit en élargissant le thorax.

An choix juJicicux d’exercices passifs et actifs, on pourra adjoindre avec succès des mouvements respiratoires. L’efficacité de ces derniers mouvements est de jour en jour mieux reconnue tant dans la gymnastique prophylactique que dans la gymnastique curative et s’exercera dans trois directions :

Il se produira d’abord un plus vigoureux et plus complet renouvellement de l’air qui pénètre dans l’organisme. Il existe en second lieu l’appareil musculaire respi. ratoire qui entre trop peu en activité par une respiration faible et tranquille, fonctionnera plus énergiquement ; enfin, comme corrolaire, la respiration s’effectuant plus aisément, devra faciliter le jeu des organes circulatoires, car ces deux fonctions sont solidaires l’une de l’autre. Aussi les mouvements combinés agiront-ils avec succès dans les dilatations du cœur et les altérations valvulaires de la mitrale en diminuant la cyanose qui accompagne ces affections.

Après avoir étudié d’une manière générale les mouvements et leur physiologie nous croyons pouvoir aborder leur description particulière et prouver ainsi leur innocuité, même dans le cas de faiblesse du sujet, quand ils sont convenablement dirigés. Si l’on commence d’abord par des mouvements passifs, on emploiera la prescription suivante qui nous permettra de juger de son effet thérapeutique et de trouver ainsi un point de repère pour l’individualisation du traitement.

Traitement complètement passif, c’est-à-dire, repos absolu du malade.

1° Rotation de bras simple. — Assis appuyé.

2° Rotation de jambe simple. — Long demi-couché.

5° Rotation de mains. — Demi-couché.

4° Rotation de pied. — Demi-couché.

h° Profonde respiration. — Debout mains sur les hanches.

C° Flexion de bras simple. — Demi-couché.

7° Flexion du genou simple. — Demi-couché.

8° Extension du thorax pendant une profonde inspiration. — Long demi-couché.

Pour exécuter ces mouvements l’on se sert d'une espèce de chaise longue (plinthe), façonnée de manière qu’on puisse élever 2/3 du matelas à volonté et même presque perpendiculairement. Le malade peut dans ce cas prendre « la position fondamentale, » c’est-à-dire se placer sur la plinthe, comme sur une chaise, le dos appuyé contre le matelas, « assis appuyé. » Quand le matelas n’est élevé qu’à 45° la position fondamentale du sujet est nommée « demi-couché, » et * couché » quand la plinthe n’est pas du tout élevée. On prend ces trois positions avec les pieds sur le plancher. Mais, si l’on place les pieds sur une chaise, les positions fondamentales sont nommés : • Assis long, » « demi couché long, » et « couché long. »

Pendant tout le mouvement de celte ordonnance, la personne traitée doit être complètement passive, c’est-à-

dire ne pas prendre part elle-même au mouvement ni faire de résistance.

i° Rotation de bras simple. — Assis appuyé.

Le malade dans la position assise, appuie la main gauche au côté, c’est-à-dire sur la hanche.

Celui qui donne le mouvement (le moteur ou enfin l’aide de gymnastique médicale) prend de la main gauche, l’épaule droite du sujet et de la main droite la jointure de la main droite, et élève le bras en ligne horizontale. Puis il fait décrire des cercles pas trop grands, 10 fois d’un côté et 10 fois de l’autre, de sorte qu’un mouvement faible se fait sentir dans le joint de l’épaule. Le même mouvement se répète ensuite avec le bras gauche. Pendant le mouvement le sujet tient l’articula* tino du coude ferme.

2° Rotation de{ jambe simple. — Long demi-couché.

Le sujet est demi-couché long. La jambe gauche maintenue à la plinthe par une bande de cuir. On prend dans la main gauche, le genou droit du malade, et de la main droite le dessous du pied (devant le talon) en élevant la jambe à angle droit avec la cuisse. On doit avoir soin de tenir le genou et le pied à la même hauteur.

On porte le genou en cercles modérés 10 fois de chaque côté de sorte qu’il en résulte à l’articulation coxo-fémorale un mouvement de rotation, en observant que, pendant ce mouvement, le pied soit porté en cercles aussi grands que ceux du genou et que le bout des orteils soit dirigé vers le haut. Le même mouvement se répète de la jambe gauche.

5° Rotation demains. — Demi-couché.

Le sujet est demi-couché. On se place sur une chaise au côté droit de la plinthe, on prend, de la main gauche, la main droile du malade, à la jointure du poignet et on la pose sur son genou pour en former l’appui. Tuis on prend de la main droite le dessus de la main du sujet et on la porte avec précaution en dix cercles ovales de chaque côté, de sorte qu’un mouvement de rotation se forme au joint de la main. Le même mouvement se répète avec la main gauche.

4° Rotation de pied. — Demi-couché.

Le sujet demi-couché. On se place sur une chaise audevant de lui. Puis l’on prend d’une main l’un de ses pieds au-dessus de la cheville, et de l’autre le dessous du pied, à l’endroit le plus large, appuyant en même temps le bas de la jambe sur son genou.

Mouvement. On porte avec précaution le pied en 10 cercles de chaque côté. Le mouvement se répète avec l’autre pied.

Î1° Profonde respiration. — Debout mains sur les hanches.

Le sujet se place debout, les mains sur les hanches, devant une fenêtre ouverte de préférence. En aspirant lentement, mais cependant bien profondément, il s’élève sur la pointe des pieds et retombe sur les talons en faisant une expiration. Péndant l’inspiration, il faut bien ouvrir le thorax et porter la tête et les épaules en arrière.

0° Flexion de bras simple. — Demi-couché.

Le malade est demi-couché. On s’assied à côté de lui

et l’on prend d’une main le derrière du bras du sujet au-dessus du joint, appuyant la main vers la plinthe et l’on tient de l’autre main la face postérieure du poignet.

Mouvement. Le patient reste passif, aussi bien que dans tous les mouvements désignés dans cette ordonnance. On courbe le bras, assez vivement et aussi long que possible, de haut en bas, 10 fois, et de bas en haut 10 fois encore, en observant que le coude du malade appuie contre la plinthe et reste immobile.

7° Flexion de genou simple. — Demi-couché.

Le sujet est demi-couché. On pose une jambe sur son genou, de manière que le bas de la jambe soit relâché, et n’ait d’appui qu’au-dessus du joint du genou. Puis on prend à pleine main le genou, afin d’y former un appui plus ferme, et de l’autre main on tient le cou-de-pied.

Mouvement. On courbe et l’on élève la jambe d’après les mêmes principes que les flexions de bras, dans le mouvement précédent.

8° Extension du thorax pendant une profonde inspiration. — Dstni-couchè.

On se place à côté de la personne tout en étant tourné vers elle. Puis on pose le plat des mains sur le dos audessous des omoplates et on élève, lentement et avec attention, la poitrine en laissant glisser les mains vers le bas et vers les côtés, sous un tremblement modéré, pendant qui; le malade fait une profonde inspiration. En le laissant retomber lentement sur la plinthe, 1 expiration se fait. Ce mouvement se répète 5 à 10 fois.

Comme on le verra par l’exposition que nous venons de faire, on n’exige pas trop des forces du malade. A demi-couché et demeurant passif, il reçoit ou subit le mouvement prescrit sans que les mouvements de la respiration et ceux du cœur en soient en aucune manière accélérés. Malgré la douceur du traitement, il éprouve un soulagement très-sensible, en ce que la circulation, dans les parties du corps mises en mouvement, est activée et régularisée. D’ailleurs il est évident que ce résultat pourra être atteint à un plus haut degré et pins promptement par un traitement un peu plus énergique; c’est pourquoi après avoir suivi quelque temps, avec un malade, une première prescription on peut passer à une seconde : A cet égard ce qui suit pourra servir d’exemple.

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