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La cholestérine forme ainsi, avec les lécithines, le protagon et la cérébrine, la classe des lipoïdes. La cholestérine existe dans la plupart des liquides de l’organisme et dans les tissus. Elle existe dans le milieu sanguin et en association avec les matières grasses, elle forme la matière sébacée qui recouvre la surface de la peau et la rend plus ou moins perméable à l’action de l’eau. Le suint est formé presque entièrement de cholestérine, d’isocholestérine et des éthers de ces deux isomères. La présence de la cholestérine à la surface de la peau détermine également une véritable protection contre l'infection «et c’est ainsi que LiEBREICH a montré in vitro que la gélatine neutralisée reste stérile si on dépose à sa surface une couche de lanoline, qui représente les éthers de la cholestérine, tandis qu’une graisse ordinaire n’empêche pas la gélatine neutralisée de s’ensemencer. j
Signalons encore que LINOSSIER a montré que si certaines substances comme le salicylate de méthyle étaient aisément absorbées par la peau, c'était à la suite de leur pouvoir dissolvant important pour la cholestérine.
Une variété de cholestérine, appelée cholestérine végétale ou ergostérine, que les travaux de GÉRARD ont bien étudiée, est répandue dans les végétaux et les organismes inférieurs, où elle semble jouer le même rôle que la cholestérine animale dans les organismes animaux.
La cholestérine est un alcool monovalent, insoluble dans l’eau, mais susceptible de donner avec celle-ci des pseudo-solutions colloïdales qui représentent sa physionomie habituelle, quand on la rencontre dans l’organisme. La cholestérine sédimente d’ailleurs très facilement dans ces pseudo-solutions colloïdales et se dépose alors sur les parois du vase, ou des conduits dans lesquels elle circule. Cette sédimentation, pathologique dans certains cas, explique les dépôts de cholestérine que l’on rencontre parfois sur les paroïs des artères athéromateuses ou qui constituent des calculs souvent volumineux,
La cholestérine ne possède pas seulement la propriété de réaliser des pseudo-solutions colloïdales dans l’eau, mais elle confère aux graisses neutres qui sont réfractaires à l’imbibition par l’eau, et appelées pour cette raison colloïdes hydrophobes, le pouvoir de fixer de l’eau et de permettre
aux graisses mélangées de cholestérine de devenir hydrophiles.
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; MAYER et SCHAEFFER ont appelé cœfficient lipocytique l'étude des rapports cholestérine et cholestérine
acides gras phosphore lipoidique qui permet d'évaluer la puissance d’une cellule vis-à-vis de l’eau et fait ressortir que l’hydratation d’un tissu présente un rapport direct avec la grandeur de son cæfficient lipocytique. Ce pouvoir particulier de la cholestérine de fixer de l’eau, trouve d’ailleurs une application pharmacologique dans l’hydratation de la lanoline qui est, comme on le sait, capable de retenir des quantités importantes d’eau et de permettre à un mélange de cholestérine et de graisse, de jouir de la même propriété. LIFSCHUTZ a montré que cette propriété était bien une propriété fondamentale de la cho- Jestérine et surtout des oxy-cholestérines. Il suffit de rappeler que UNNA, dans ses préparations dermatologiques, a donné le nom d’eucérine à une vaseline cholestérinée ou oxy-cholestérinée susceptible de retenir des quantités importantes d’eau.
Il appartenait à GÉRARD et LEMOINE de montrer, en 1907, que la cholestérine ne devait pas être considérée dans l’organisme comme un déchet d’oxydation occasionné, selon Kuss et DuvA, par le travail cérébral, puisque, disait-il, les centres nerveux étaient, de tous les organes, ceux qui contiennent la plus grande quantité de cholestérine. Les auteurs, qui avaient retrouvé la cholestérine dans les plaques athéromateuses, dans les calculs biliaires, etc. (CORNIL et RANVIER, WINDHAUS), n'avaient pu fournir d’autres explications non plus de la présence de la cholestérine dans ces productions pathologiques. L’idée qui guida LEMOINE et GÉRARD, pour se dresser contre cette opinion trop simpliste, était le fait incontestable que la cholestérine animale ou la cholestérine végétale existaient dans les bactéries les plus petites, aussi bien que dans les tissus les plus complexes de l’homme ou des végétaux et qu’ainsi une substance que l’on rencontrait d’une manière aussi constante ne devait certainement pas être un déchet, mais bien un élément constitutif nécessaire de tout l’organisme. Cette notion qui rapidement fut admise par tout le monde, fut le point de départ d’une infinité de travaux dont la bibliographie que l’on trouvera à la fin de ce travail ne représente qu’une faible partie, dans laquelle nous avons puisé les éléments que nous résumons ici.
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Actuellement, les idées sur la cholestérine ont évolué de telle sorte qu’on la considère comme l’un des facteurs prépondérants de la défense de l’organisme et que l’on mesure la résistance même de cet organisme par la teneur en cholestérine de son tissu sanguin ou de ses autres tissus. On en est arrivé à penser que la cholestérine est un facteur indispensable de l'équilibre organique normal et c’est là l'une des pensées directrices du D' Bargary, lorsqu'il associa la cholestérine à son complexe cinnamo-benzylé.
La chelestérine et ses éthers possèdent une action antitoxique excessivement puissante. Elle fixe chimiquement les agents hémolytiques et les rend inoffensifs. RANSOM a montré que la cholestérine empêchait l’hémolyse par les saponines et KARAUwW l’hémolyse par la digitonine. WINDHAUS a même indiqué une méthode de dosage de la cholestérine par la combinaison de la cholestérine avec l’agent hémolytique.
L'observation montre que les globules blancs du chien et du mouton, qui contiennent de fortes quantités de cholestérine, résistent à l’action hémolytique de la saponine, tandis que les globules blancs du cheval, du lapin, du porc, qui n’en contiennent que très peu, sont extrêmement sensibles à son action. PRIBRAM a montré que les globules blancs s’imprégnaient à leur périphérie d’une véritable barrière de défense cholestérinée qui les protègent contre les toxines introduites dans le sang.
Nous rappellerons brièvement que Iscovesco et FOUCAULT ont montré le pouvoir anti-hémolytique de la cholestérine vis-à-vis des savons; TALLQWIST contre les hémolysines du botryocéphale; KYEs et SACHS, ainsi que PHisALIx contre le venin de cobra. Ces auteurs ont montré dans ce cas spécial, où la cholestérine est capable de neutraliser dans des proportions considérables le venin de cobra, qu’il y a combinaison, molécule à molécule, de la cholestérine avec la lysocytine qui est l'agent hémolytique. Cette action, mise en relief également par DELEZENNE et FOURNAY, est indiscutablement admise aujourd’hui et montre que bien qu’appartenant à la même classe des lipoïdes, la cholestérine et la lécithine peuvent jouer un rôle antagoniste dans ce cas particulier, puisque la lysocytine du venin de cobra est l’éther palmitoglycérophosphorique de la choline. Le mécanisme de l’hémolyse est, en effet, assez simple : si on lave des globules rouges dans de