‹ Le Traitement par le cinnamate de benzyle cholestérine dans les asthénies et les convalescencesChapitre 8 sur 24 · PE TER · texte numérisé non relu

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l’eau physiologique, la couche de lécithine qui se trouve à leur surface est enlevée et l’on augmente ainsi leur résistance vis-à-vis des solutions hypotoniques. La lécithine, ajoutée aux solutions physiologiques, diminue la résistance des globules, mais ce phénomène se trouve annihilé par la présence de petites quantités de cholestérine. GRIGAUT, MAURICE-M. DEBray et W.-E. FURSTNER ont indiqué que le rapport cholestérine était constant dans le sérum san-

lécithine guin, comme dans les globules rouges des différents animaux et que la résistance des globules rouges de ces mêmes animaux n'était donc pas liée à des grandeurs différentes de ce rapport cholestérine.

lécithine On est donc conduit à parler du pouvoir antitoxique de la cholestérine comme d’une conséquence directe de son pouvoir anti-hémolytique. Peu à peu, les auteurs les plus divers ont porté leurs recherches sur des études de la neutralisation toxique par la cholestérine. De même que le pouvoir anti-hémolytique est une propriété personnelle de la cholestérine et n'appartient pas à ses éthers, il en est de même en ce qui concerne son pouvoir antitoxique que possède un sérum vis-à-vis d’un agent hémolytique ou vis-à-vis d’une toxine, est en rapport direct avec sa teneur en cholestérine libre et FLANDIN a montré qu’on avait ainsi la possibilité d'apprécier la teneur en cholestérine du sérum d’une espèce animale.

Dans la lutte que l’organisme doit soutenir contre les toxines mises en liberté par un agent infectieux au cours d’une affection pathologique, les modifications.de la teneur en cholestérine du tissu sanguin et des différents tissus de l'organisme suivent des variations directement proportionnelles à Ia résistance même de l’organisme. Peu à peu, au fur et à mesure que l’organisme trouve en lui la possibilité de résister victorieusement à l'infection, le taux de la cholestérine monte, tandis qu’au contraire on note toujours une hypo-cholestérinémie dans les cas de déficience ou de carence de l’organisme. GRIGAUT, GUY-LAROCHE, CHAUFFARD ont insisté sur le rôle prépondérant de la cholestérine dans la lutte contre les infections et les intoxications, par l’hypercholestérinémie, qui constitue la preuve tangible que l’organisme sort victorieux de la lutte engagée. La cholestérine

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prend également une part importante dans l'édification des anticorps. La réaction hypercholestérinémique, que l’on peut mettre en évidence après les injections de vaccin antityphique, est infiniment plus marquée pour la première injection que pour la dernière, quand l’organisme possède déjà son immunisation. Les travaux de ROUZAND et CABANIS, et ceux de A. MARIE, ont bien mis en évidence ce phénomène et ont montré que dans tous les sérums thérapeutiques, le taux de la cholestérine y est d'autant plus faible que le nombre d’unités toxiques s’y trouve plus élevé.

LEMOINE et GÉRARD ont été les premiers à montrer que la toxine du bacille de Koch, la tuberculine, se trouvait neutralisée par les lipoïdes biliaires, qui comprennent pour la majeure partie de la cholestérine et ils ont mis en évidence le fait qu’en mélangeant la tuberculine avec la cholestérine, on la rendait inapte à produire l’intradermoréaction ou l’ophtalmo-réaction. .

Le Professeur VINCENT et ALMAGGI ont obtenu la même neutralisation en ce qui concerne la toxine tétanique, après l’ävoir. mélangée à la cholestérine. Enfin, il ne faut pas oublier que la cholestérine forme la plus grande partie de la moelle du lapin qui sert à neutraliser le virus rabique et les travaux de FERMI ont donné la preuve que c'était bien l’action de la cholestérine qui neutralisait la toxine de la rage. ;

Il n’est pas jusqu’aux toxiques-alcaloïdes que la cholestérine ne rende moins actifs et BoissARD a prouvé que la cholestérine diminuait notablement la toxicité de la strychnine et de la nicotine.

En dehors de tout phénomène pathologique, la cholestérine joue normalement dans l’organisme humain le rôle d’un agent chargé de neutraliser régulièrement les toxines. produites par l’organisme et de les réduire dans son sein au fur et à mesure qu’il les rencontre. La cholestérine contenue dans la bile est vraisemblablement l’une des antitoxines les plus nécessaires à la protection de l’organisme et sans elle les êtres vivants, dans la nature toute entière, ‘seraient vraisemblablement privés d’un de leurs moyens de défense les plus actifs.

Les travaux de la plupart des auteurs précédents ont mis en évidence le fait que la cholestérine agit lorsqu'on la met en présence d’une toxine, par un phénomène d’adsorption qui la rend pratiquement insoluble. Ce phé-

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nomène auquel LEMOINE donne le nom de laquage, est extrêmement net et il se produit toutes les fois et partout où la cholestérine se trouve rencontrer une toxine, que ce soit à l’état libre ou que ce soit dans un foyer fixé, comme une plaque athéromateuse par exemple. L'efficacité de l’action de la cholestérine est d'autant plus grande que le complexe qu’elle forme par admission avec la toxine qu’elle laque se‘trouve plus insoluble.

Dans là thérapeutique humaine, la cholestérine a été employée dès que son action antitoxique et anti-hémolytique à été reconnue. On l’a administrée sous toutes les formes et par tous les moyens, soit en suspension colloïdale dans du sérum physiologique, soit sous forme d’émulsion aqueuse, soit sous forme de solution huileuse et par la bouche, soit en injections sous-cutanées ou en injections intraveineuses. Les risques d'augmenter d’une manière insolite le taux de la cholestérine dans l'organisme humain et de déterminer ainsi l’apparition de dépôts pathologiques aussi graves que la maladie que l’on se propose de guérir, n’entrent pas en ligne de compte et jusqu'ici il n’a pas été relaté d’accident sérieux, depuis qu’il a été montré d’une manière indiscutable que la thérapeutique par la cholestérine était une thérapeutique d’exception, qui ne s’appliquait qu’à la remise en état de défense de l’organisme et ne devait, en aucun cas, être un traitement permanent, ne correspondant pas à une nécessité, telle qu’un état postinfectieux, une convalescence, un rétablissement de l’équilibre somatique, en un mot toutes les fois qu’une hypocholestérinémie nécessite l’apport artificiel de doses de cholestérine, pour rendre à l’organisme son taux normal de lipoïdes. On peut rappeler l'observation du Professeur CHAUFFARD, concernant la jeune malade anémique et tuberculeuse qui avait fait un ictère intense et une crise hépatique violente après avoir absorbé quotidiennement pendant trois mois la dose fantastique de 11 œufs.

La dose habituelle par la voie gastrique, oscille entre 2 et 3 grammes par jour chez l’adulte. Cette voie est généralement délaissée, car la cholestérine ne s’absorbe au niveau de la muqueuse intestinale que si elle est associée à des graisses ou à des substances émulsives (GRIGAUT et L'HUILLIER). On peut plus simplement administrer la cholestérine sous forme de cervelle (2 0/0) ou d'œufs (25 centigrammes par œuf).

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Le tableau suivant, dressé par GRIGAUT, indique d’ailleurs la teneur en cholestérine de divers aliments pour 1.000 grammes :

Eaït :dé vache. : 1... 0 gr. 20 Viande de veau.......... 0 gr. 60 — DONC enr 0 gr. 60 — MOULON ET. 0 gr. 80 — cheval .:...... 0 gr. 80 — bœuf mer 0 gr. 80 Cœur delveau er riiere disre 50 Foie tdenveaut rer nee 2 gr. 50 RISTTe VE PEER SE 2 gr. 80 Rognon de veau........, 3 Sr: 50 Mourde veat. 247.177. .20: L. 4-gr. 50 Beurrers ARR MARNE 4 gr.

Cervelle de veau... 020 rer

Signalons en passant que ce tableau peut rendre des services pour l'établissement du régime chez les lithiasiques biliaires et les athéromateux, pour lesquels les médicaments riches en cholestérine doivent être évidemment prohibés.

Le sérum physiologique cholestériné peut être administré par la voie intraveineuse à 5 p. 1.000. Il est obtenu en dissolvant d’abord la cholestérine dans l’éther, puis en versant ce mélange goutte à goutte, en l’agitant, dans du sérum physiologique en train de bouillir, qui chasse la totalité de l’éther immédiatement et permet une pseudosolution de cholestérine apte à l’injection intraveineuse. La dose sera de 100 à 200 c.c. Les injections intramusculaires se feront habituellement avec une solution huileuse de cholestérine, dont le taux varie entre 2 et 10 p. 1.000, selon la dose injectée. Habituellement, la dose de 0 gr. 03 de cholestérine par c.c. est suffisante. Le complexe huile camphrée, cinnamate de benzyle et cholestérine, préconisé par le D BarBary, répond à cette formule, puisqu'il contient 0 gr. 02 de cholestérine par c.c. On injectera donc à chaque fois 0 gr. 10 de cholestérine pure.

Les contre-indications à un traitement par la cholestérine ne relèvent guère que d’un état hyper-cholestérinémique existant et cela pour deux raisons : la première

c'est qu’il est inutile de fournir un appoint de cholestérine à un organisme qui en possède déjà une quantité supérieure au taux normalement nécessaire et secondement parce que Fon peut, dans ce cas, déterminer des dépôts de cholestérine dans certains organes. C’est ainsi que dans la lithiase biliaire, dans l’athérome aortique, dans le xanthome, les rétinites albuminuriques, etc. on s’abstiendra d’un traitement susceptible d’augmenter le taux de la cholesférine dans le sang.

I ne nous paraît pas inutile de rappeler ici le procédé que GRIGAUT mis au point pour réaliser le dosage de la cholestérine. ES Ar

Il est nécessaire de préparer les réactifs suivants :

1°) Une solution chloroformique exactement titrée à 0,06 de cholestérine pour 100 c.c.;

2°) De l'alcool à 60° contenant 1/200° de soude caus-

| tique;

3°) De l’alcool à 70° contenant 1/100° de soude caustique ;

4°) De léther sulfurique ordinaire;

o°) Du chloroforme ordinaire;

6°) De l’anhydride acétique pur;

7°) De lacide sulfurique à 66° Baumé.

Si l’on veut faire le dosage de la cholestérine contenue dans un sérum, on placera dans une petite fiole à décantation, portant deux traits de jauge à 15 et à 30 c.c., 2 c.c. de sérum à examiner, puis de l’alcool sodé à 60° jusqu’au trait corespondant à 15 c.c. On mélangera en secouant légèrement le flacon.

Après avoir laissé reposer, on soutirera la couche aqueuse inférieure, on la remplacera par 20 c.c. d’eau que l’on fera couler le long de la paroi de l’appareil. On laissera reposer de nouveau 5 minutes. On séparera ensuite l’eau et l’on procédera à un second lavage identique. Après la séparation complète des eaux de lavage, on verse de l’éther dans une capsule de porcelaine de 60 c.c. avec les quelques centimètres cubes d’éther qui auront rincé la fiole. On évapore à siccité au bain-marie. Il reste un résidu graisseux auquel on ajoute 5 c.c. de chloroforme ajoutés par 2 c.c.

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d’abord et rincés avec les 3 c.c. restants. On transvase ces deux quantités dans une éprouvette de 10 c.c. C’est avec ces 5 c.c. de solution choroformique que l’on effectuera la réaction de LIEBERMANN, en ajoutant 2 c.c. d’anhydride acétique pur et 5 gouttes normales d’acide sulfurique, en laissant reposer pendant une demi-heure.

Dans un second tube de 10 c.c. identique, destiné à servir d’étalon colorimétrique, on réalisera la même réaction de LIEBERMANN en employant 5 c.c. de la solution chloroformique de cholestérine à 0 gr. 06 0/0 préalablement préparée. La réaction de LIEBERMANN colore peu à peu le liquide chloroformique en vert et l’on peut considérer que la réaction est terminée au bout d’une demi-heure. On prend alors 5 c.c. des deux solutions considérées, l’une provenant du sérum à examiner, l’autre provenant de la solution à 0,06 de cholestérine et on les place dans deux tubes d’un colorimètre à dilution, en recherchant l'égalité des teintes en diluant, selon les cas, l’un ou l’autre des deux liquides avec du chloroforme.

On notera le nombre de centimètres cubes marqués par la solution diluée et l’on obtiendra le chiffre P de cholestérine contenue dans un litre de sérum au moyen des équations :

1°) Teintes égales : P—1 gr. 50.

2°) Dilution de la solution de sérum à doser :

P — 0,50 X n grammes.

3°) Dilution de la solution étalon à 0,06 :

P — 7,50 grammes.

n Dosage de la cholestérine dans les tissus. — On pla-

cera de 1/2 à 1 gramme du tissu à examiner dans un flacon de 90 c.c., puis 30 c.c. d’alcool à 70° sodé et on mettra le tout au bain-marie bouillant, jusqu’à dissolution du tissu et réduction du volume à 15 c.c. On introduit ceux-ci, après refroidissement, dans une fiole jaugée à 15 et 30 c.c. On rince le flacon qui a servi à l’opération, avec 15 c.c. d’éther que l’on verse ensuite dans la fiole graduée. A ce moment, on retrouve le même processus d’analyse que précédemment; le poids P de la cholestérine contenue dans 1 kilogr. de tissu sera obtenu par les relations précédentes dans

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lesquelles on fera figurer le poids p, la prise d'essai. On aura donc les formules suivantes :

1°) Dilution de la solution contenant le tissu à doser :

P—O06Xn ——— grammes, P 2°) Dilution de la solution étalon à 0,6 :

| P— 15 grammes.

n Xp

Le procédé de GRIGAUT, comme le procédé pondéral de dosage de la cholestérine, donne le chiffre de la cholestérine totale exprimé en cholestérine, sans présumer de son état libre ou de sa combinaison. La méthode de GRIGAUT permet de doser des quantités très minimes de cholestérine pouvant aller jusqu’à 1/100° de milligramme.

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