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DANS L'ASFHTXIE ET LA MORT APPARENTE

PAR LE TÉTANOS ET l'ÉGLAMPSIE.

L'asphyxie tétanique et la mort apparente, qui en est la conséquence, paraît être également justiciable du procédé de la Langue, ainsi que le démontre le fait ci-après, dont je dois la relation à mon très distingué confrère, M. le docteur Félizet, chirurgien des hôpitaux :

ASPHYXIÉ TÉTANIQUE CONJURÉE PAR LE PROCÉDÉ DES TRACTIONS RYTHMÉES DE LA LANGUE.

Obs. XXIV. — « Le 4 mars 1893, un enfant âo:é de

9 ans, le nommé L , habitan 34, rue de Rivoli, a été

blessé à l'avant -pied par un coup da feu accidentel (cendrée-bourre).

On fait un pansement antiseptique, sans détridement, et sans recherche et ablation dès projectiles.

Appelé le 11 mars, je constate du trismus.

Le 12 mars, à huit heures du matin, tétanos confirmé.

L'enfant est porté sur la table d'opération ; pendant ce transport, il est pris d'une crise tétanique, qui le met en état de mort apparente.

J'ouvre immédiatement la bouche avec des attelles, et je pratique des « tractions de la langue », selon le procédé de Laborde.

Après deux minutes, la respiration se rétablit, et l'opération peut être réalisée : elle consiste dans l'ablation de deux métacarpiens et l'enlèvement des corps étrangers .

— L'enfant succombait, le soir, à une nouvelle crise tétanique. »

N'y a-t-il pas lieu de penser, d'après ce qui précède, que la mort eût pu, encore une fois, être conjurée, si l'on eût renouvelé, dans cette nouvelle crise, les tractions linguales ?

Quoi qu'il en soit, l'efficacité du procédé dans l'asphyxie tétanique ne semble pas douteuse, et c'est là une indication nouvelle, qu'il importe de ne pas négliger (1).

Une application des plus heureuses du procédé des tractions rythmées de la langue à l'asphyxie avec mort apparente, consécutive à des accès éclamptiques, a été faite par mon très honoré confrère et compatriote, M. le docteur Vigneau (de Salies-de- Béarn), dans des conditions, véritablement dramatiques, relatées dans la lettre et la communication suivantes :

« Dans le numéro du 12 août du Concours médical j'ai lu votre article, reproduit d'après la Gazette des Hôpitaux, sur votre procédé de tractions rythmées de la langue dans les diverses asphyxies. Je me fais un plaisir de vous communiquer l'observation suivante

(1) Au dernier moment, notre confrère, M. le docteur Aubin (de Marans), que nous retrouverons plus loin à propos de l'asphyxie des nouveau-nés, nous communique, par l'intermédiaire de la Revue médico-chirurgicale de la Province (25 février 1894, n» 4, p. 54), une observation inédite de rappel momentané de la fonction cardio-respiratoire et de la vie dans un cas d'asphyxie tétanique, chez un jeune homme de 26 ans. On a pu, chez ce malade, maintenir le fonctionnement respiratoire et cardiaque, durant une nuit entière, à l'aide des tractions linguales; et ce n'est que lorsqu'on les suspendait que la respiration et le pouls cessaient. (Voir aussi Tribune médicale du 8 mars 1894).

— Toque vous pourrez compter à l'actif des résurrections dues à votre procédé.

Obs. XXV. — « Le 17 du mois dernier, une jeune femme est prise d'attaques d'éclampsie vers les sept heures du soir. On court chez tous les médecins de la station : j'arrive le premier.

« Il s'agit d'une primipare de dix-neuf ans, mariée depuis neuf mois, accouchée normalement depuis une demi-heure. Chloro-anémique depuis l'âge de seize à dix-sept ans, œdème considérable des membres inférieurs depuis plusieurs mois, sans que son état eût attiré l'attention d'une vieiHe sage-femme, pour lui faire suivre un régime spécial.

« Les attaques d'éclampsie se succèdent avec une intensité et une rapidité effrayantes ; la malade est maintenue avec peine sur son lit ; j'ordonne une saignée, pas de lancette; pendant qu'on court en chercher une et une potion au chloral et au bromure, les attaques ne discontinuent pas.

« Je pratique une forte saignée : deux assiettes à soupe

(.(. Trois confrères, les docteurs Dupourqué, Petit et Dufourcq , arrivent successivement ; encore quelques attaques, puis la malade ne bouge plus, ne respire plus, son pouls cesse d'être perceptible. Etat de mort apparente.

a Je fais deux injections d'éther sans résultat efficace.

(( Les cris, les hurlements des nombreux assistants, le départ du prêtre, des confrères qui viennent d'ausculter le cœur... tout confirme la mort.

« Au milieu de l'égarement général, je demande une aiguille et un fort fil (je n'avais pas de pinces) et suis assez heureux pour pouvoir saisir la langue entre les dents contractées sur un bouchon que j'avais, à mon arrivée, introduit entre les maxillaires.

« On m'a abandonné le cadavre, — et, seul, penché sur le corps, tandis que je pratique les tractions rythmées en tenant entre mes dents le fil passé à sa langue, je fais avec les mains et les avant -bras des pressions thoraco- abdominales énergiques.

« Après une quinzaine de minutes, je crois reconnaître une inspiration ; le pouls n'est pas revenu, à peine un léger susurrus au cœur; je reprends les

tractions et finalement, dix minutes après, la

respiration et la circulation sont rétablies.

« Je ne dirai que deux mots de ce qui a suivi : Potion bromo-chloralée, lavements idem, glace sur la tête, diurétiques, lait.

« Le lendemain la cécité disparaissait; actuellement la malade est guérie.

« Il y a quelques jours, un des confrères qui m^avait assisté au début me disait : « Vous avez eu un beau succès grâce au procédé Laborde, » et comme c'est tout à fait mon avis, je suis heureux de le reporter à son auteur en le lui signalant. »

L'idée ingénieuse d'opérer les tractions de la langue à l'aide d'un fil passé dans celle-ci et tenu entre les dents, de façon à permettre en même temps Tusage de s mains pour pratiquer simultanément les pressions thoraciques de respiration artificielle, peut, au besoin.

favoriser la réussite du procédé, et elle mérite d'être retenue surtout pour les cas où l'opérateur est seul et sans aide : mon confrère a su en tirer, comme on vient de le voir, un excellent parti. Mais je n'oserais proposer, en principe, cette modification technique du procédé, dans la crainte que les tractions linguales ne soient pas pratiquées avec la même facilité et la même efficacité qu'avec l'intervention manuelle.

Il résulte de ces faits que, comme il était permis de le pressentir, les asphyxies d'origine convulsive peuvent trouver dans le procédé de la langue un moyen facile et puissant de les combattre.

A côté du tétanos et de Vèclampsie qui ont déjà fourni, ainsi qu'on vient de le voir, des exemples des plus probants, je me crois autorisé à placer, en la signalant à mes confrères en situation de faire l'essai, d'ailleurs dépourvu de tout inconvénient et de tout danger, I'épilepsie dont les attaques entraînent souvent des accidents asphyxiqaes d'une gravité extrême et compromettante pour la vie du malade, et qu'il n'est pas impossible de prévenir, ou tout au moins de conjurer dans leurs immédiates et funestes conséquences, par Tapplication des tractions linguales.

LES TRACTIONS RYTHMÉES DE LA LANGUE

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