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Ces mêmes exercices s'exécutent ensuite dans le décubitus latéral du côté sain, mais en conservant l'extension de la jambe sur la cuisse durant toute la durée des mouvements ; le malade est alors obligé, pour vaincre la résistance que lui oppose le poids de sa jambe, de contracter fortement ses muscles abdueteurs et en particulier les pelvi trochantériens. Le développement de ces derniers muscles, résultat de ce mouvement fréquemment répélé, concourt puissamment au maintien de la tête dans la cavité.
Lorsqu'on à constaté, au cours de ces différents mouvements, la réelle solidité de l'articulation, on fait exécuter des flexions et des extensions dans le plan transverse ; mais on doit toujours éviter avec le plus grand soin le plan sagittal.
On ne saurait donc trop recommander pour cela aux parents et aux personnes chargées de la surveillance des boiteux opérés de ne jamais les porter sur un seul bras, comme les autres enfants, mais de les tenir toujours à cheval, les deux mains réunies sous le périnée et faisant effet de pelvi-support.
Les exercices actifs décrits plus haut ont déjà augmenté les masses musculaires, mais on ne saurait trop les fortifier; l'électricité sous forme de courants faradiques et le massage sous forme de pétrissage et de tapotements sont les meilleurs adjuvants de cette partie du traitement. Les muscles pelvi-trochantériens, en raison de leur rôle de ligaments actifs postérieurs, doivent être surtout développés. La contraction volontaire de la région fessière donne également dans ce sens d'excellents résultats.
Nous ne conseillons pas l'exécution des mouvements actifs avec la résistance manuelle et mécanique à l'aide des engins de la gymnastique moderne, tels que haltère, extenseurs, voire même avec l'appareil à poulie et à poids gradués dont parle Lorenz dans son traitement; leur emploi, toujours dangereux, fatigue très vite le sujet et développe très lentement la force musculaire.
Nous avons en effet observé, sur nos malades et sur nousmême, que l'hypertrophie et la force d’un muscle ne croissent
pas en raison directe de la résistance imposée, mais de la fréquence des mouvements exécutés. En d'autres lermes, toutes choses égales d'ailleurs, un muscle tire un meilleur parti, pour son développement, d'une longue série de contractions accomplies avec une très petite résistance que de la même somme de travail effectué en quelques inouvements seulement. Or, Les exercices dits hbres, c’est-à-dire s’exécutant sans le secours d’aucun appareil et utilisant exclusivement comme résistance le poids du membre moteur, nous paraissent les mieux indiqués.
Jusqu'à présent nous avons laissé le sujet évoluer dès le délai de huit jours après l'ablation de l'appareil, en recommandant à son entourage de prendre de grandes précautions mais sans nous inquiéter, en aucune façon, de sa démarche que nous avons décrite dans le chapitre I.
Mais quand la mobilisation est suffisante et la force musculaire à peu près normale, et seulement à ce moment là {au bout d'an mois en général), nous commençons la correction de l'attitude, tenant le sujet par les deux mains, et marchant à reculons devant lui, nous lui faisons exécuter à chaque pas le mouvement complet d'extension de la jambe sur la cuisse opérée ; la jambe saine perd alors contact avec Le sol lorsque la jambe opérée se pose à terre, et s'élève de la hauteur mesurée par la différence de niveau des deux épines iliaques. Peu à peu le sujet n’est plus soutenu et accomplit tout seul cet exercice. Ce mouvement répété finit par déterminer à chaque pas une oscillation du haut du corps dont le pivot occupe le centre même de la hanche opérée. Or, celte osciilation n'est autre chose qu'un mouvement alternatif d’abduction et d'adduction déguisée de la cuisse dont l'axe reste fixe dans le plan frontal pendant la marche.
Le poids du corps qui joue alors le rôle de surcharge venant s'ajouter à ce mouvement de balancier accentue très rapidement le modelage de la cavité cotyloïde en profondeur.
On constate, en effet, que la capacité de l'acétabulum augmente, car la rotation externe et l'allongement apparent du fémur diminuent, venant confirmer en cela la théorie de Lorenz que nous avons énoncée au chapitre Il.
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Si les enfants accomplissent cet exercice régulièrement à chaque pas, les deux jambes présentent la même longueur au bout de deux mois environ.
Durant ce laps de temps, on évite la formation de toute déviation vertébrale en mobilisant le rachis dans toute son étendue au moyen des exercices d'assouplissement dits de Roth exécutés au bord d’une table.
Il est bon, après tous ces exercices, de faire un rappel de position de la tête fémorale en avant et de faire disparaître le léger mouvement d’adduction de la jambe saine qui peut encore exister; à cet effet, nu/ mouvement ne saurait remplacer le grand écart exécuté des deux jambes en ayant soin de placer le pied du côté opéré un peu en arrière du plan frontal du corps.
Dès que cet exercice est parfaitement exécuté, le chirurgienorthopédiste peut abandonner son malade et le traitement postopératoire peut être considéré comme terminé. Néanmoins, il est toujours utile de faire aux parents quelques recommandations au sujet de l'exercice du membre opéré, qui doit être encore modéré; l'exécution plusieurs fois par jour du grand écart dans les conditions que hous avons indiquées est un moyen préventif remarquable contre la reluxation éventuelle.
On doit joindre quelques prescriptions générales pour tonifier l'organisme de ces enfants souvent débiles : à l'extérieur, des bains salés et des frictions alcoolisées sur tout le corps; à l'intérieur, l’huile de foie de morue ou le vin iodo-{annique.
La durée de notre traitement post opératoire varie avec l’âge du sujet et les conditions anatomiques de l'articulation : entre 3 et 5 ans, 30 à 40 jours suffisent; entre 5 et 8 ans il faut compter 2à 3 mois; entre 8 et 13 ans, âge limite de la réduction possible, 4 à 5 mois sont nécessaires pour obtenir un succès parfait.
Il est de toute évidence que ces données peuvent varier pour chaque âge suivant qu'on à affaire tout d’abord à une anté-position, à une position anatomique ou à une rétro-position.
Mais même dans les cas difficiles du dernier genre, un traitement post-opératoire bien conduit, à raison d'une séance quoti-
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