‹ Le Traitement Post-Opératoire de la Luxation Congénitale de la HancheChapitre 17 sur 23 · GERS · texte numérisé non relu

GERS

Ce gage de succès assuré et la facilité avec laquelle s'exécute ensuite le traitement post-opératoire dans ces cas-là nous permettent de formuler cette règle nouvelle : Toute réduction doit aboutir à l’antéposition.

Donc la première manœuvre du traitement post-opéraloire sera la transformation de la position anatomique et de la rétroposition en antéposition.

Ce changement s'opère au moyen du procédé dit du rouleau :

On place un cylindre de bois du volume d’un manche à balai ordinaire et d’une longueur de 25 centimètres recouvert d'une serviette de toilette enroulée, sous le grand trochanter parallèlement à l'arcade de Fallope, la cuisse étant en abduction complèle et en flexion à angle droit sur le bassin.

Le sujet repose dans le décubitus horizontal sur une table protégée par un matelas de crin très dur, le bassin posé pour ainsi dire en équilibre sur le rouleau; saisissant alors d’une main le genou du membre opéré et de l’autre l’épine iliaque antérosupérieure du côté sain, l'opérateur s'efforce, par des pesées douces et répétées, de faire «toucher simultanément la table au condyle externe du fémur et à la fesse du côté opposé. L'effet de cette manœuvre se traduit par la saillie, dans le triangle de Scarpa, de la tête fémorale visible et plus nettement perceptible alors à travers Les téguments.

Ce procédé très énergique et auquel résiste rarement la rétroposition demande, de la part de l’exécutant, une très grande prudence, car il ne doit pas ignorer que la force déployée par ce levier du premier genre est considérable et peut déterminer facilement une fracture du col.

Ce résultat n'est obtenu en général qu'au bout de plusieurs séances, et ne persiste pas, entre les applications du rouleau, aussi visiblement que pour les antépositions opératoires; néanmoins la partie antérieure de la capsule a cédé, et la tête, rendue plus mobile, occupe une position plus avant.

La pression de la tête fémorale se fait moins sentir en arrière, et le faisceau postérieur de la capsule se rétracte.

Une fois l'antéposition obtenue, on remplace, durant les

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séances de traitement, par des sacs de plomb, placés sur les mêmes points d'appui, et dènt le poids varie entre cinq et dix kilos, la force exercée par l'opérateur. Les enfants peuvent rester ainsi sans inconvénient pendant un quart d'heure que dure cette manœuvre.

Ce procédé du rouleau n'agit pas seulement au point de vue de la distension de la capsule, mais concourt au modelage rapide de la partie antérieure de l'acétabulum et facilite la mobilisation.

Par un procédé inverse, on corrige la subluxation antérieure, en plaçant le rouleau sous le condyle externe du fémur opéré, et en exerçant des pressions à l’aide de la main ou du sac de plomb, au niveau de l'extrémité fémorale. Cette dernière ne résiste guère, et une seule séance suffit pour obtenir la position de choix.

La mobilisation peut alors commencer; et c'en est bien fini de nos efforts insensés, et des cris et des souffrances de nos malades! Les mouvements s'effectuent lentement et sans à-coup, suivant les règles qu'a fixées définitivement Lorenz. La flexion et l'extension, d’abord passives ensuite actives, se font dans le plan frontal du corps, le genou du membre opéré reposant toujours sur le plan de la table ; l'amplitude de ce mouvement, d’abord limitée à l’angle formé par les deux positions occupées successivement par la cuisse après la réduction, augmente peu à peu ct finit par dépasser en haut la limite de la flexion normale, et se rapproche en bas de l'extension absolue.

On conservera longtemps encore à la cuisse un léger degré d’abduction, sans lequel la tête fémorale pourrait franchir le rebord cotyloïdien posléro-supérieur encore insuffisamment développé.

On s'assure du degré de contention de la tête fémorale, pendant l'accomplissement de ces mouvements, en saisissant, entre le pouce et les autres doigts de la même main réunis, en avant la tête, en arrière le grand trochanter. Cette mesure de précaution nous rend de grands services, en nous renseignant exactement sur les mouvements de rotation de la tête, et sur les déplacements d’avant en arrière qui peuvent les accompagner.

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