‹ Le traitement pratique de l'épilepsieChapitre 14 sur 57 · L’ÉTABLISSEMENT ET LE MAINTIEN · texte numérisé non relu

L’ÉTABLISSEMENT ET LE MAINTIEN

A ce sujet,, je dirai que l’expérience avait démontré à mon regretté maître qu’il fallait procéder par périodes d' administration de trois semaines à doses croissantes puis décroissantes à raison de I gramme par semaine. Toutefois le passage d’une période de trois semaines à line autre, delà troisième à la quatrième se mai ne par exemple, doit en réalité se juger par la suppression de deux grammes de bromure et non d 'un.

Je suppose que l’on donne pendant la première semaine 3, la deuxième 4, la troisième 3 grammes de bromure, la quatrième on supprimera deux grammes et on reviendra à3, 4 et 3 comme pour la première semaine. On donnera 3, 4, o ; 3, 4, 3, et ainsi de suite, sans interruption d’un seul jour, même pendant les règles.

L’expérience a d’ailleurs encore démontré que la suppression brusque de 2 grammes lors du passage d’une période de trois semaines à la suivante n’était pas défavorable au sujet. Elle rend en outre la méthode plus facile à ordonner; elle évite de commettre des irrégularités. Il sera, nous le verrons, le plus souvent nécessaire d’augmenter ou de diminuer parfois, au cours de la cure, la dose d’ensemble des périodes pour en arriver à la dose suffisante et s’y maintenir. On continuera toujours à se servir de la même formule d’administration 4, 5, 6 ; 4, 3, G par exemple, jusqu’au jour où on aura décidé de supprimer définitivement le médicament. J’aurai quelques particularités à indiquer à ce moment, au sujet de cette formule.

Logiquement parlant, on ne peut donc pas dire que la méthode que nous avons adoptée soit d’une façon exacte progressivement croissante et décroissante, puisqu’il faut diminuer de deux grammes de bromure lorsqu’on passe d une période de trois semaines à celle qui va suivre. Mais l’usage a consacré, dans l’espèce, cette façon de parler, et je continuerai à l’employer.

La méthode progressivement croissante et décroissante. — Cette méthode a certainement des avantages sur celle qui consisterait à donner tous les jours des trois semaines dune même période la même quantité de bromure, la dose suffisante une fois obtenue. Portant sur trois semaines à raison d’une augmentation de I gramme tous les huit jours, puis d’une diminution de 2 grammes la quatrième semaine, de façon à reve-

GILLFS DE LA TDURETTE 3

LA DOSE SUFFISANTE DE BROMURE

nir à la dose première, elle permet de faire tolérer la troisième semaine une quantité de bromure certainement plus forte que si le médicament avait été donné constamment à la même dose. On pourrait toutefois craindre qu’une différence de 2 grammes entre la dose maxima de la première période et la dose minima de la seconde n’eût pour effet que la dose suffisante ne fût plus atteinte la quatrième et la cinquième semaine du traitement par exemple, et ainsi de suite pour les autres périodes de trois semaines. Je l’ai dit, il n’en est rien.

Lorsque le bromure est depuis longtemps absorbé, ce qui est le cas dans la méthode que je décris, l’imprégnation de l’organisme se prolonge encore pendant une période assez longue, même après la suppression brusque du médicament, et à plus forte raison quand il est continué, même à dose un peu inférieure. « Chez un malade qui prenait 5 grammes de bromure de potassium par jour, dit M. Ch. Féré, et qui refusa le médicament, nous en avons trouvé des traces non douteuses dans les urines, le trente-quatrième jour. »

Les doses moindres de la première et de la deuxième semaine peuvent donc être considérées comme la ration d’entretien de la troisième. La suppression de 2 grammes, lors du passage d’une période de trois semaines à la suivante, ne rompt pas la suffisance par suite de l’imprégnation antérieure.

La clinique le démontre, elle aussi, péremptoirement. Dans les observations de guérison que je possède, les accès ont tous disparu sous l’influence de la méthode de trois semaines. Cette disparition n’aurait pas eu lieu si la dose de la première semaine avait été insuffisante. Je montrerai bientôt que cette persistance de l’imprégnation bromurée est rendue très appréciable, de visu, c’est le cas de le dire, au cours du traitement, en se basant sur certains signes pupillaires qui nous fourniront un excellent élément d’appréciation pour savoir si l’on doit véritablement procéder par trois semaines, par deux semaines ou s’en tenir toujours à une seule et même dose.

Il est, en effet, des malades qui sont très sensibles au bromure, et une différence de 2 grammes portant sur trois semaines pourrait peut-être, chez eux, faire que la dose suffisante ne fût pas constamment atteinte. Dans ces conditions, si l’on notait une tendance au retour des

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