L’HYGIÈNE GÉNÉRALE DES ÉPILEPTIQUES
avec les goûts duquel il faut aussi compter pour le rendre tolérable.
La règle générale qui présidera au régime alimentaire des épileptiques sera de leur donner à manger souvent et peu à la fois. Les repas seront répétés et peu copieux, afin d'éviter les phénomènes congestifs qui suivent presque toujours une absorption trop considérable de substances alimentaires. Les aliments solides, servis à ces malades, devront être très nutritifs sous un petit volume, de façon à ne pas fatiguer les fonctions de l’estomac que le bromure ralenti b parfois dans une certaine mesure. On fera également un choix dans les liquides qui assureront la diurèse. Ce régime, en la circonstance, se rapprochera beaucoup de celui que j’ai préconisé dans mes Etats neurasthéniques (1).
Le malin à huit heures, par exemple, on donnera un ou deux œufs à la coque, ou une tranche de jambon ou de viande froide de la veille, avec un peu de pain bien cuit et 150 grammes de thé au lait (100 grammes de lait et 50 grammes de thé noir léger). Le thé remonte légèrement la tension artérielle, toujours un peu déprimée chez les sujets qui prennent du bromure: de même prescrira-t-on, après le déjeuner, une tasse de café léger.
Il ne faut pas oublier cependant que l'exagération de la tension artérielle est défavorable aux épileptiques. Chez les malades à crises fortes et fréquentes, où il existe un véritable éréthisme vasculaire et nerveux, il faudra supprimer le thé et le café; les stimulants diffusibles étant susceptibles d’augmenter encore cet éréthisme.Alors que chez les épileptiques moyens on peut autoriser l’eau rougie aux repas, le thé et le café légers, à ceux dont je viens de parler on prescrira uniquement de l’eau claire ou du lait qui, je l’ai dit, doit entrer fondamentalement dans le régime de tous les épileptiques quels qu’ils soient, à la dose d’un litre ou un litre et demi dans les vingt-quatre heures, et d’un demi-litre chez les enfants.
Le repas de midi se composera de viandes grillées, rôties ou braisées, de poissons bouillis, de cervelles, de viandes d’animaux adultes, beaucoup plus substantielles et digestibles que les viandes d’animaux jeunes,
(1) Gilles ije la Tourette. — Les Étals neurasthéniques, 2° éd.,