L’HYGIÈNE GÉNÉRALE DES ÉPILEPTIQLES
jeune sujet une certaine timidité, une appréhension qui nuisent à ses études. D’autre part, ces crises peuvent impressionner très défavorablement les condisciples du petit malade. La nécessité de maîtres particuliers s’impose donc d’une façon générale, d’autant, je l’ai dit, que le traitement doit être suivi dans la famille, vu les soins minutieux à apporter à son administration régulière. Si les crises étaient légères et espacées, si le chef d’institution averti et acceptant — car il en est qui refusent de se charger des épileptiques pour les raisons déjà données — prenait l’engagement que le traitement serait régulièrement administré, on pourrait, les conditions sociales des parents l’exigeant, essayer parfois de l’enseignement en commun et à la rigueur de l’internat. A la condition expresse, toutefois, que l’enfant ne serait pas trop éloigné de sa famille et pourrait être suivi par le médecin habitué à lui donner ses soins éclairés.
Ces conditions ne sont pas toujours faciles à réaliser. Deux fois, j’ai vu l’internat réussir, les soins étant exactement donnés. J’ai dû, par contre, dans de semblables circonstances, refuser de diriger le traitement au cas où le petit malade continuerait à être confié à des mains mercenaires.
On permettra donc aux jeunes épileptiques de s’instruire, sans les soumettre à une culture intellectuelle exagérée. Les enfants, quels qu’ils soient, s’y refusent d’ailleurs presque toujours d’eux-mêmes, et le surmenage ne se montre que dans l’adolescence. Je n’ai jamais remarqué, pour ma part, que des efforts intellectuels modérés eussent agi défavorablement sur le traitement des jeunes épileptiques que j’avais à diriger, quand chez eux l’intelligence était suffisamment conservée pour qu’ils pussent en tirer bénéfice.
Les considérations précédentes s’appliquent également, on le comprend, aux adolescents et aux adultes. Il est de nombreux épileptiques, parmi ces derniers, qui font leurs affaires, dirigent une maison, remplissent des fonctions administratives à la satisfaction de tous et d’eux-mêmes, comme des individus sains : tout dépend de leur état mental. Ici encore, cependant, il y aura des cas particuliers à considérer et chez tous, le médecin s'efforcera de faire éviter la fatigue intellectuelle.