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découverts à l’examen cardiaque (hypertrophie du cœur, dilatation aortique, lésions valvulaires sigmoïdiennes) permettent de la dépister.
D’autres fois, les malades se plaignent de douleurs, de palpitations, de dyspnée ou de troubles digestifs. Mais jamais l’aggravation de l’état général, l’intensité des symptômes subjectifs, l’évolution de la maladie n’acquièrent une marche aussi rapide que dans les formes aiguës.
La mort survient cependant au bout de quelques années, soit dans l’asystolie par suite des lésions valvulaires concommitantes, soit au milieu des symptômes de l’angine de poitrine.
En appliquant cette classification à nos cinq observations, nous pouvons faire les considérations suivantes :
Les observations N°S 1, 2 et 3 sont celles de malades atteints d’aortite aiguë, à différents degrés, il est vrai. La plus typique est la troisième, avec son évolution extrémement rapide et son status anatomique où dominent les lésions fraîches (infiltrations, inflammation des tuniques, absence de calcification).
Les observations N°9 4 et 5, par contre, sont celles d’aortitiques chroniques. Celle de C.B. (N°4) en particulier, qui souffre depuis quatre ans déjà d’éblouissements, dont les lésions constituées depuis longtemps (R. A., I. M. hypertrophie du cœur, dilatation de l'aorte), n'évoluent plus. C. C., J. (N°5), est également un cas chronique avec ses grosses lésions au niveau de l’aorte et du cœur accompagnées d’un état général relativement satisfaisant et de symptômes subjectifs minimes.
Le traitement a échoué dans les trois premiers cas, dans les formes aiguës et en pleine évolution. Il a réussi dans les deux derniers, dans les formes chroniques.
Les aortites cicatricielles supportent mieux le traitement et c’est très regrettable, car c’est là qu’il est le moins nécessaire, ces cas étant les moins graves.
Dans les aortites aiguës, par contre, où il serait urgent d'arrêter la marche accélérée de l'infection syphilitique
par une thérapeutique immédiate, intensive, on se trouve devant une intolérance au traitement spécifique qui interdit toute action dans ce sens.
Il nous semble donc qu'avant d'entreprendre un traitement antisyphilitique quelconque, il faut déterminer devant quelle forme d’aortite on se trouve, aiguë ou chronique, et en tenir compte dans ses décisions en faisant preuve d’une prudence extrême au cours de tous les cas d’aortite évolutive, à marche subaiguë, accompagnée parfois d’une légère fébricité. S'il s’y ajoute, en outre, des signes d’asystolie, l’abstention, en tout cas momentanée, sera de rigueur.
Quel est le mécanisme de cette action nocive du traitement spécifique, ou plus exactement des arsénobenzols dans certaines aortites à marche aiguë ?
Est-il dû à l'insuffisance de la thérapeutique devant cette forme évidemment plus dangereuse, plus maligne de l'affection, ou le traitement a-t-il lui-même la faculté d’aggraver ces cas ?
Nous croyons que ces échecs tiennent de l’une et de l’autre cause.
Tout d’abord les malades atteints d’aortite aiguë sont généralement des sujets gravement touchés, affaiblis, dont le cœur et les reins sont souvent surmenés, raisons suffisantes à les rendre incapables de supporter les effets éprouvants d’une cure salvarsanique. Chez eux, la résistance générale, déjà précaire, est encore amoindrie par le traitement.
D'autre part, le salvarsan, qui à longue échéance donne les meilleurs résultats, mais qui n’agit vraiment bien que sur un laps de temps prolongé, ne tait au début que réactiver les lésions. Il agit alors comme un vrai poison.
Il est facile de concevoir que son action, bien plus forte sur des lésions en activité et fraîches que sur des lésions cicatricielles, soit plus néfaste au cours d’une aortite aiguë qu’au cours d’une aortite chronique.
Il est d’ailleurs impossible d’atteindre d'emblée avec le salvarsan des doses qui ne produiraient pas cette réactivation et seraient capables de stériliser l’aorte d’un coup, sans amener de désordres graves.
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C’est pourquoi nous croyons que le salvarsan est néfaste soit par insuffisance soit par nocivité dans ces cas aigus.
Nous voudrions chercher à établir les règles à suivre pour l'application d’un bon traitement antisyphiltique et rappeler auparavant quels sont les buts que se propose ce traitement.
Ils sont de trois ordres
19 Combattre les symptômes subjectifs et spécialement calmer les douleurs et les sensations d’angoisse très pénibles pour le malade.
Ce résultat est relativement facile à atteindre et la plupart des médicaments spécifiques sont d’une remarquable efficacité dans ce sens.
r° Entraver la progression de la maladie.
Nous avons vu les restrictions qu'il est nécessaire de faire, mais là encore 1l est permis d’escompter de bons résultats.
39 Obtenir la régression des lésions, arriver à une véritable guérison au point de vue anatomique.
lei les résultats sont nuls ou tout au moins exceptionnels.
Comment établir les règles de la thérapeutique antisyphilitique et spécialement salvarsanique au cours des aortites ?
Nous sommes d’accord avec les auteurs que nous avons cités pour les baser sur l’état de l'équilibre cardiaque, hépatique et rénal. Nous pensons en outre qu’il est utile de tenir compte de la forme anatomo-clinique de l’aortite et. que les formes subaiguës sont particulièrement dangereuses à traiter. Enfin, il ne faut pas oublier qu’un traitement incomplet peut faire beaucoup plus de mal que de bien. Il ne faut donc l’entreprendre que dans des conditions qui permettront de le poursuivre jusqu’au bout.
Voici donc comment nous pensons pouvoir formuler ces directives thérapeutiques :
1° En présence d’une aortite chronique sans insuffisance
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du myocarde et ne présentant que des symptômes subjectifs, faire un traitement intensif et prolongé au moyen de doses progressives d’arsénobenzol.
2° En présence d’un myocarde légèrement insuffisant, d’un rein ou d’un foie d’une capacité fonctionnelle médiocre, faire précéder le traitement spécifique de tonicardiaques et de diurétiques.
3° En cas d’asystolie avérée, s’interdire tout traitement antisyphilitique.
49 En présence d’une aortite à marche aiguë, se montrer particulièrement réservé. Se servir des tonicardiaques, des diurétiques. Tenter par là de rendre le malade capable de supporter un premier traitement au mercure ou au iodure. Renvoyer à plus tard les injections salvarsaniques, le danger de la réactivation étant alors beaucoup moins probable sur un terrain déjà préparé.
5° Ne jamais employer de doses massives de salvarsan. Commencer les cures par de très petites quantités de ce médicament et les augmenter ensuite. Ces petites doses du début sont impuissantes à bloquer net l’évolution de la maladie. Il peut alors être indiqué de leur associer le mercure avec lequel tant de précautions ne sont pas nécessaires.
60 D'autre part, dans certains cas où le dosage apparaît très délicat, en cas par exemple de légère insuffisance cardiaque, employer le bismuth de préférence à l’arsenic, le bismuth étant plus maniable.
En résumé, devant un aortitique, tenir compte de son âge, de sa résistance générale, de la forme de son affection. S'assurer de son fonctionnement cardiaque, rénal et hépatique. Traiter le plus tôt possible et le plus longtemps possible. Employer de préférence les dérivés arsenicaux, en tenant compte de toutes les restrictions que nous avons faites, mais commencer la cure par de très petites doses. Savoir lui associer ou lui substituer d’autres médicaments selon les réactions du malade. Employer en particulier le mercure ou les iodures au début et le bismuth dans les cas où les arsenicaux semblent trop violents.