LES PROTISTES I
vivante d'une autre substance vivante comme elle, mais jouissant de propriétés spéciales, et constituent le noyau (fig. 1 3). Les grumeaux vivants formés de la sorte se sont ensuite associés en masses plus ou moins étendues^ de forme déterminée ou non; ils ont ainsi constitué les premiers organismes réductibles en éléments anatomiques plus simples. JCes diverses étapes de l'organisation, Haeckel tient aies fixer, en quelque sorte, par des noms. Il conserve à la substance vivante le nom de protoplasma généralement employé par les biologistes; aux grumeaux de protoplasma qui vivent isolément ou s'associent pour former des organismes dont ils sont les éléments anatomiques, il donne le nom de plastides. Les plastides sans noyau, tels que h Protomyxa aurantiaca(fig. 12, p. 127), sont des Monères, Les organismes que forment, en s'associant, des plastides qui demeurent semblables entre eux ne seraient, d'après Haeckel, ni des animaux ni des végétaux; il crée pour eux un Règne spécial, intermédiaire entre les deux Règnes généralement admis, le Règne des Protistes, qui n'est pas sans analogie avec le Règne des Psycbodiaires, jadis conçu par Bory de Saint-Vincent. Outre les Monères et les êtres microscopiques auxquels on donne la dénomination générale d'Infusoires, le règne des Protistes de Haeckel contient quelques Algues et la totalité des Champignons.
Parmi les modes de groupement qu'affectent les plastides dans le règne des Protistes, il en est deux qui méritent l'attention. Dans Tun, les plastides, se groupent en une sphère pleine ou creuse, la morula (fig. 11, E),
E. Perrier, Le Transformisme. 9
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formée d'une seule couche de cellules toutes sembla-
bles; dans l'autre, il peut y avoir deux sortes de cel-
LA GASTR^A-THEORIE IJl
Iules dissemblables canstituant une planula (fig. ii, F G).
La forme animale primitive. — Le Règne animal commence ensuite. Les résultats d'études importantes sur les Éponges calcaires , combinés avec les observations de Kowalevsky relatives
au développement du Verte- «
bré le plus inférieur, \'Ampbioxus, et d'animaux longtemps considérés comme des Mollusques, les Tititiciers , conduisent Hœckel à formuler sur l'origine commune de tous les animaux une théorie demeurée célèbre sous le nom de Gastrœa -Théorie. Il est manifeste que dans un très grand nombre de cas l'œuf animal, après s'être successivement divisé en deux, quatre, huit, seize sphères de seg-
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meniation, après avoir revêtu fen» bucde; t, vcsicuic comncles formes de marula et de "'•;*• ""y»"planula, arrive à constituer une sorte de double sac, analogue à une bourse qui serait munie d'une doublure intérieure (fig. 1 1, H, K, I), et dont l'orifice serait ce qu'on peut appeler le proslomum ou bouche primitive. Ces phases successive de développement sont représentées
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pour un Polype coralliaire, la Monoxenia Darwinii, dans lafigure 1 1 , page 1 26, de ce volume. Le feuillet externedu double sac s'appelle Vexoderme;s2i douh\urt,ï entoderme, A cette forme embryonnaire, qui est la première sous laquelle se présentent divers Polypes, les Echinodermes, la plupart des Vers, des Mollusques et quelques Vertébrés, Haeckel a donné le nom de gastrula.
Qu'on se rappelle maintenant que, pour les transformistes, Vembryogénie nest autre chose quune répétition abrégée des phases successives par lesquelles a passé chaque espèce pour arriver à sa forme actuelle, l'apparition de la forme gastrula au début du développement de tant d'animaux variés prend aussitôt une importance particulière. On doit en conclure que les premiers animaux, ceux qui ont été les progéniteurs de tous les autres, avaient une forme analogue à celle de la gastrula; Haeckel appelle Gastréades ces êtres hypothétiques qui n'auraient plus de représentants dans la nature actuelle, mais dont se rapprocheraient beaucoup les plus simples des Eponges et des Hydres. Les animaux anciens descendraient donc tous d'être réduits en quelque sorte à un tégument et à un estomac; l'existence d'une cavité digestive propre à élaborer, en vue de la nutrition, des aliments solides, serait le caractère essentiel et primitif de l'animalité. Tous les animaux auraient un ancêtre commun, et de même tous ceux de ces êtres que nous rangeons dans, un même groupe zoologique reconnaîtraient un même couple ancestral.
Principes de la généalogie du Règne animal, — La