‹ Le transformismeChapitre 26 sur 70 · DIFFÉRENCIATION DES CELLULES · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCIATION DES CELLULES

ments qui, non seulement ne meurent pas, mais encore reconstituent un animal nouveau, tandis que les animaux supérieurs sont tués par la destruction de certaines régions, même très limitées, de leurcorps. Personne n'ignore, par exemple, qu'il suffit de piquer une portion de la moelle allongée d'un chien ou d'un homme pour le tuer.

Dans les animaux et les végétaux pluricellulaires inférieurs, toutes les cellules sont à peu près indépendantes les unes des autres et exercent à la fois toutes les fonctions; elles se nourrissent à l'aide d'aliments puisés directement dans le milieu ambiant ; elles respirent en prenant l'oxygène dansce milieu; elles sont elles-mêmes susceptible» en se divisant ou en bourgeonnant, dereproduire un animal nouveau, etc. Dansles végétaux et animaux supérieurs, au contraire, chaque cellule jouit d'une fonction particulière ; les globules du sang, par exemple, sont chargés de transporter l'oxygène dans toutes les parties du corps et d'en rapporter l'acide carbonique ; les cellules musculaires ont pour fonction de produire les mouvements des membres et le déplacement du corps ; certaines cellules nerveuses reçoivent les impressions du dehors, tandis que d'autres transmettent aux cellules musculaires les excitations qui les font contracter et que d'autres encore sont le siège des phénomènes auxquels on a donné les noms de volonté, de mémoire, de conscience, etc. Chez ces organismes, certaines cellules et certains organes sont indispensables à l'entretien de la vie, tandis que d*autresn'ont qu'une importance relativement minime. On peut, notammemt enlèvera un chien ses quatre membres, toute la face, une grande partie de son cerveau sans le tuer, tandis que la moindre lésion de la région du qua-

trième ventricule qui a reçu le nom de nœud vital suffit pour déterminer instantanément la mort.

En s*appuyant sur ces faits, les biologistes ont Thabîtude de comparer les cellules dés organismes pluricellulaires aux citoyens d*un État. « Je considère, dit M. Haeckel (1), tout organisme supérieur, comme une unité sociale organisée, comme un État, dont les citoyens sont les cellules individuelles. Dans tout État civilisé, les citoyens sont bien, jusqu'à un certain degré, indépendants en tant qu'individus ; mais ils dépendent pourtant les uns des autres en vertu de la division du travail et ne laissent pas d'être soumis aux lois communes ; de même, dans le corps de tout animal ou végétal supérieur, les cellules microscopiques, en nombre innombrable, jouissent bien jusqu'à un certain point de leur indépendance individuelle, mais elles diffèrent ausfei les unes des autres en vertu de la division du travail, elles sont dans un rapport de dépendance réciproque, et subissent, plus ou moins, les lois du pouvoir central de la communauté. »

M: Hseckel ajoute : « Cette comparaison excellente et souvent employée, empruntée aux constitutions politiques, n'est pas une vague et lointaine analogie : elle répond bien à la réalité. Les cellules sont de véritables citoyens d'un État. La comparaisonpeut encore être poussée plus loin : nous pouvons considérer le corps de l'animal, avec sa forte centralisation, comme une monarchie cellulaire ; l'organisme végétal, plus faiblement centralisé, comme une république' cellulaire. De même que la science politique comparée nous présente, dans les différentes

0) Essais de psychologie ceîlulairef frad. fr., p. 17.

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