‹ Le transformismeChapitre 27 sur 70 · DIVISION DU TRAVAIL CELLULAIRE · texte numérisé non relu

DIVISION DU TRAVAIL CELLULAIRE

formes d'organisation politique de l'humanité, existant encore aujourd'hui, une longue série de perfectionnements progressifs, depuis les hordes grossières des sauvages jusqu'aux États les plus civilisés, l'anatomie comparée . des plantes et des animaux nous montre également une longue suite de perfectionnements progressifs dans les États cellulaires.

« Au bas de l'échelle, au dernier degré d'association et de communauté cellulaire, on rencontre les Algues et l'es Champignons, les Éponges et les Coraux qui, à considérer la nature rudimentaire de la division du travail et dje la centralisation, ne s'élèvent point au-dessus des grossières hordes de sauvages. Nous trouvons, au contraire, au sommet de l'évolution, la puissante république de l'arbre, l'admirable monarchie cellulaire du vertébré, dans lesquels la nature complexe de l'élaboration et de la division du travail des cellules constituantes, donne lieu à l'apparition des organes les plus divers, et où la coordination et la subordination des états sociaux, l'action commune pour le bien général, la centralisation du gouvernement, en un mot, l'organisation, ont atteint une étonnante hauteur. »

J'ai tenu à reproduire en entier ce passage, parce qu'il contient, à mon avis, une erreur capitale, très répandue parmi les biologistes et que n'ont pas manqué d'exploiter les partisans de la forme autoritaire des gouvernements. Si ce que dit M. Hœckel de la « centralisation » des organismes pluricellulaires supérieurs était exact ; si, surtout, l'analogie qu'il établit entre les organismes pluricellulaires et les diverses formes de gouveniements était l'expression d'un fait réel, on devrait en conclure que la monarchie la plus centralisée et la plus aristocratique serait

la forme d'organisation sociale la plus parfaite, celle vers la constitution de laquelle devraient tendre tous les efforts des sociologistes et des hommes politiques. Il n'en est heu* reusement pas ainsi; l'analogie qu'on a cherché à établir entre un animal ou un végétal pluricellulaire et une société animale ou humaine est beaucoup plus apparente que réelle. Je pense n'avoir pas de peine à le démontrer, et à prouver que le corps d'un vertébré, d'un homme, par exemple, n'est nullement une « monarchie cellulaire », ainsi que le prétendent M. Hœckel, M. Virchow et un grand nombre d'autres biologistes, mais bien une république véritable, dans laquelle une part égale d'action sur les autres membres de la société revient à chacune des cellules constituantes.

Dans une monarchie absolue, autocratique, toute la puissance est concentrée entre les mains d'un seul indi* vidu qui dispose à son gré de la vie, de la propriété, du travail de tous les autres, sans que ces derniers puissent exercer la moindre action sur l'individu qui les gouverne. Dans une monarchie aristocratique, le monarque partage, dans une certaine mesure, son autorité, avec un certain nombre d'autres individus ; ceux-ci, en dehors de l'indépendance relative qui leur est accordée, mettent leurs forces à la disposition du monarque et contribuent à lui soumettre tout le reste de la société. Dans une monarchie parlementaire ou une répubUque autoritaire comme la nôtre, le nombre des individus qui commandent aux autres augmente encore considérablement ; il peut . môme être supérieur à la moitié des citoyens plus un, mais il existe toujours un certain nombre d'individus constituant ce que l'on nomme la minorité, qui ne prennent aucune part à la direction des affaires, ne confectionnent

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