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DISPARITION DES VARIATIONS INDIVIDUELLES

dants que chexTascendant, mais il se montre plus tôt chez les premiers que les seconds. Bowmann a constaté que les enfants des myopes sont souvent myopes à un âge plus précoce que leurs parents ; il est vrai que souvent aussi la myopie est chez eux plus prononcée. La cataracte et l'opacité du cristallin apparaissent aussi, très souvent, beaucoup plus tôt chez les enfants que chez les parents.

g 2. — De t affaiblissement et de la disparition des variations individuelles.

Dans la majorité des cas, les variations individuelles, au lieu de s'accroître en passant aux descendants, diminuent d'intensité pour des raisons qu'il est important d'exposer avec soin parce qu'elles découlent de faits qui tiennent une place très importante dans la doctrine du transformisme.

De tout ce qui a été dit dans le chapitre précédent au sujet de l'influence plus ou moins grande que prennent dans le croisement l'un ou l'autre des deux parents, il est aisé de déduire que tous les caractères purement individuels,'c'est-à-dire qui n'appartiennent ni à la race, ni à la variété, ni à l'espèce dont fait partie un individu déterminé, tous ceux qui ne font que donner à l'animal ou au végétal son individualité, doivent nécessairement tendre à s'affaiblir sous l'influence du croisement. Pour qu'il en fût autrement, il faudrait qu'on pût trouver et accoupler deux individus ayant absolument les mêmes caractères individuels, ce qui est impossible.

On peut bien parvenir à trouver deux individus ayant un même caractère spécial, et, en les accouplant, augmen-

ter les chances de transmission de ce caractère ; mais on ne mettra jamais la main sur deux êtres absolument semblables par tous leurs caractères individuels. Le lecteur ne devra pas perdre de vue cette considération, sous peina de ne comprendre que très imparfaitement ce que nous dirons plus tard à propos de la lutte pour Texistence, de la sélection et de la ségréfifation.

Si donc on envisage l'ensemble des caractères individuels, on peut affirmer, comme je L*ai déjà dit plus haut, que le croisement est fatalement destiné à mettre obstacle à la perpétuation des variations individuelles par l'hérédité. Par suite du mélange des caractères individuels des deux parents, il diminue leur intensité chez les produits. S*il en était autrement, chaque individu servirait de point de départ à une race spéciale, tellement permanente qu'on pourrait la considérer comme une espèce distincte. C'est, au contraire, grâce à la fusion des caractères individuels par les alliances sexuelles, que se constitue la physionomie commune à tous les êtres de même race, variété ou espèce.

Si, maintenant, nous envisageons la question en la limitant à la transmission d'un seul ou d'un petit nombre de caractères individuels, nous arrivons encore à cette solution que le croisement doit avoir pour objet d'affaiblir, soit immédiatement, soit au bout d'un nombre de générations plus ou moins considérable, l'intensité de ces caractères . Nous avons dit, il est vrai, dans les pages précédentes, que certains caractères, même n'appartenant qu*à un seul des parents, peuvent se retrouver chez la totalité ou une partie de leurs enfants^ mais nous avons vu aussi que rarement la transmission porte sur tous les enfants, et que même, dans certains cas, elle ne se fait pas du tout,

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