‹ Le transformismeChapitre 44 sur 70 · DISPARITION DES RAGES ET DES VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

DISPARITION DES RAGES ET DES VARIÉTÉS

riche en individus qui finit par absorber l'autre. L'expérience a été faite souvent et est facile à faire, soit avec des animaux, soit surtout avec des plantes.

En troisième lieu, enfin, toutes les fois que deux races, égales entre elles à tous les autres points de vue, se croisent librement dans un milieu cosmique [qui est plus favorable à Tune qu'à l'autre, celle qui est la mieux adaptée au climat absorbe toujours l'autre au bout d'un temps plus ou moins long. Les observations qui établissent la constance de ce fait sont assez nombreuses pour que sa réalité ne puisse pas soulever le moindre doute. Mais, dans ce cas, le croisement n'est pas la seule cause de la disparition de la race étrangère au climat sous lequel les alliances sexuelles s'effectuent ; le climat lui-même joint son action modificatrice à l'action absorbante de la race indigène. Il parait bien certain, par exemple, que des chevaux et des juments arabes transportés en France ou en Angleterre et accouplés uniquement entre eux, sans croisement avec • les races françaises ou anglaises, arrivent, au bout d'un certain nombre de générations, à donner des produits n'ayant plus les caractères des arabes leurs ancêtres, mais ceux des chevaux français ou anglais. Dans ce cas, c'est, évidemmenty le milieu seul qui agit.

Récapitulons brièvement ce qui vient d'être dit. Nous avons étudié les causes qui produisent les caractères ou variations individuelles; nous avons analysé celles qui sont susceptibles d'assurer la transmission de ces caractères, et celles qui, au contraire, sont de nature à entraîner leur disparition. Il reste maintenant à étudier les conditions qui sont nécessaires à la formation des races, des variétés, des espèces nouvelles, c'est-à-dire

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celles qui déterminent les transformations permanentes des êtres vivants, celles qui nous mettent en mesure d*expliquer comment la matière vivante a pu s'élever des formes rudimentaires qu'elle a d'abord revêtues jusqu'à celle qui a atteint chez l'homme un degré de développement si considérable et une telle perfection de toutes les propriétés biologiques qu'elle peut, sans orgueil, avec la conscience légitime de ses forces intellectuelles, scruter les mystères de sa propre origine et formuler l'espoir de déchirer un jour les voiles qui lui cachent. encore la raison de son incontestable supériorité sur tout ce qui l'entoure.

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