‹ Le transformisme [microforme]Chapitre 1 sur 9 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

À propos de la création d'Adam, nous allons toucher certaines questions qui hantent l'esprit d’un grand nombre aujourd'hui.

La chose sera utile pour les maîtres et pour les maîtresses.

Il est bon de dire un mot de ces questions aux élèves.

On nous objectera: Les élèves ne comprendront pas tout. L'important n'est pas qu'ils comprennent tout, mais qu'ils sachent que leurs maîtres étaient au courant de ces questions et qu'ils ont eu, déjà, de ces maîtres, la réponse à telle et à telle objection.

Il importe de plus que les élèves ne fassent pas d’ennemis à l'Eglise en taxant d'erreurs des opinions que l’Eglise ne condamne pas.

ARTICLE ler

Le transformisme absolu

Plusieurs se sont mis en tête que tout, sans en excepter l’homme, tire son origine de la matière. Ils prétendent que la | matière subit des évolutions qui la font passer à la vie végéï tative, puis à la vie animale et finalement à la vie humaine.

: ‘La molécule, inerte dans le principe, devient douée subite- | ment d’un mouvement vital et s'organise d'elle-même, sans

secours étranger; en sorte que le vivant n’a pas besoin d'un germe et qu'il faut admettre par conséquent la génération spontanée.’’ Ainsi plusieurs.

Réfutation du transformisme absolu 1. QUANT À L'ORIGINE DE LA VIE

Nous disons que le vivant nait d’un germe vivant.

La vie a commencé sur la terre. Notre globe, en effet, fut un temps, dans un état d'incandescence qui rendait la vie impossible. |

Les expériences de Pasteur ont démontré qu'il faut au vivant pour naître, un germe vivant.

Mettez à l'abri de l'air ou à l'air pur, dépouillé de ses germes, une liqueur putrescible stérilisée par l’ébullition, et vous verrez qu'il ne se produira aucun infusoire (animacule.)

Le vivant naît donc d’un germe vivant, et par conséquent, il n’y a point de générations spontanées ; pas de matière brute qui s'organise d'elle-même.

1ère objection

‘Le pain que nous mangeons, matière inerte, s'organise, devient chair vivante.”

Réponse

Le pain que nous mangeons s'organise de lui-même par sa propre force ? Non.

1l s'organise dans un être vivant et sous l'influence d’un principe vital ? Oui.

La matière brute peut s'organiser, mais à condition qu'elle passe sous une influence dont elle est elle-même incapable.

2e objection

Par l’analyse chimique, nous connaissons tous les éléments qui entrent dans un organe.

Réponse

Vous connaissez tous les éléments qui entrent dans un organe mort; connaissez-vous tous les éléments de l'organisme vivant? Si vous connaissiez tous les éléments de l'organisme vivant, vous pourriez donner la vie aux éléments organiques obtenus par l'analyse, ce qui vous est impossible.

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8e objection

‘*S'il n'y a entre la matière inerte et la matière organisée qu'une différence modale peu importante, il n’y a pas lieu de recourir à une puissance étrangère au monde pour franchir une distance si minime.'"

Réponse

Il y a des caractères communs évidemment entre la substance inerte et la substance organisée, il y a les mêmes éléments anatomiques

Ce n'est pas drns la communauté des caractères que paraît la vie, mais dans les différences qui existent entre la matière inerte et ia matière organisée vivante!

Or ces différe: ces ne sont pas de simples différences modales de minime importance.

“La composition d’un plastique (organisme vivant) est très complexe... Les corps albuminoïdes (albumine, principe constitutif du blanc d'œuf) sont spéciaux aux êtres vivants”. (Guibert). — Voilà donc une différence notable dans la composition chimique!

“Dans les minéraux, la forme est stable... dans les cellules (de l'être vivant) la forme est essentiellement instable, et elle peut varier à l'infini dans un même individu.’

Voilà une différence très considérable dans le mode de structure! ;

Que dire maintenant de la nutrition de l'assimilation surtout qui est la partie finale de 18 nutrition.

Par l'assimilation, l’être vivant seul convertit quelque chose en sa propre et vivante substance.

Il s’en faut donc de beaucoup que la différence entre la matière inerte et la matière organisée vivante, soit simplement modale et de peu d'importance.

4e objection ‘‘La vie a dû commencer spontanément sur la terre, autrement, il faudra recourir au surnaturel, à Dieu.” Réponse Cette objection qui est de Haeckel, fait voir que le trans-

formisme absolu n’est, pour lui, qu’un moyen de se défaire de Dieu.

Qu'il commence donc par démontrer que l'existence de Dieu est chose impossible !

La démonstration de l'existence de Dieu se tire du mode mème de l'évolution dans l'être vivant.

Oui, s'il est une chose qui demande l'existence de Dieu, c'est précisément l'ordre d'évolution, l'harmonie qu'il y & dans le développement de l'univers et de chacune de ses parties.

‘D'après les observations des matérialistes, eux-mêmes, les organes des corps vivants sont construits comme pour des fins, toutes leurs parties sont adaptées à des fonctions utiles, et cela d’une manière si parfaite, que déjà nous pourrions dire avec M. Richet: ‘‘Ces adaptations sont voulues; cette harmon'e prodigieuse est l'effet d'une volonté arrêtée ; or, la volonté ne peut être que l'acte d'une cause inteiligente.

‘‘Si vous refusez encore de l'admettre, direz-vous comme Lamarck que ces adaptations sont l'effet d'un besoin, d’une nécessité qui s'impose ?

‘‘Consultons encore les faits, et voyons comment ces organes se produisent; par exemple, suivons l’évolution de l'œuf d'un oiseau pendant la période de l’incubation. C'est une machine vivante qui se construit dans une enveloppe imperméable, et cependant, combien d’adaptations à des milieux différents, à des conditions encore absentes! Au dehors brille la lumière; ‘u dedans, malgré les ténèbres, s’élaborent ces instruments d'optique qu'on appelle les yeux; au dehors, des sons, des bruits; au dedans se forment ces instruments d’acoustique qu'on nomme les oreilles; au dehors, des milieux très divers la terre, l'air, l’eau; au dedans se construisent des organes de locomotion adaptés à ces milieux. Les deux termes de ces rapports sont éloignés, séparés par le temps et l’espace ; ils ne se rencontreront que plus tard, et cependant l'harmonie préétablie est complète; rien n’y manque, rien n’y est superfl. Comment le hasard pourrait-il produire une entente si parfaite? Et puisque cette harmonie se réalise pour des fins qui sont absentes, ou pour des besoins qui n'existent pas encore, comment pourriez-vous dire qu'elle est produite par la. nécessité et le besoin ?

‘‘Remarquons encore ici l’un des caractères de cette adapta-

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tion des organes aux fonctions qu'ils devront remplir: dans leur construction, c'est l'avenir qui détermine le présent, un effet futur qui commande la disposition présente.

‘Quand l'ingénieur construit une machine à vapeur, pourquoi donne-t-il au piston telle dimension, telle forme ? Evidemment pour qu'il puisse s'adapter à tel corps de pompe, et l'effet que doit produire la machine est la cause qui détermine la disposition de toutes ses parties. De même dans l'œuf de l'oiseau, pourquoi l'œil se forme-t-il avec les mille parties qui le composent? Sans doute pour que plus tard dans un autre milieu, il puisse servir à la vue. Donc aussi dans ce cas c'est l'avenir qui détermine le présent et qui en règle les conditions.

‘Comment cet avenir, qui n'existe pas encore, peut-il agir d'une manière efficace sur la structure des moyens qui le produiront? 11 pourrait dire, ce semble, comme ‘agneau de la fable :

Comment l’aurais-je fait, si je n'étais pas né?

‘S'il est question des œuvres de l'industrie humaine, la s0lution du problème est bien simple: le but à atteindre, s’il n'existe pas encore en lui-même, existe déjà dans la pensée de l'artiste, et cette idée porte l'ingénieur à réaliser les moyens nécessaires pour atteindre la fin voulue.

‘Tel doit être aussi le secret des productions de la nature: si l'avenir y détermine le présent, c’est que le but à réaliser est déjà d’une manière idéale dans la pensée d’un ouvrier intelligent. Sans cette explication, vous avez un art prodigieux sans artiste, une cause directrice qui exerce son influence et qui n'existe en aucune facon. — D. L. de Saint-Ellier. Les Origines de la Vie, pages 89 et suivantes.

5e objection

‘Les modifications du corps vivant sont soumises aux forces physiques et at x réactions chimiques; l'influence de ces lois et de ces réactions suffit donc à la matière inerte pour son passage à la vie.”’

Réponse

Sans doute, les modifications d’un corps vivant sont soumises aux forces physiques et aux réactions chimiques, mais : ce qui n’est pas soumis à ces forces, c’est la réalisation d'un

plan combiné d'avance. Ce qui n'est pas soumis aux lois susdites, c'est la localisation appropriée de chaque fait physiologique à la réalisation de ce plan.

“Toute cellule-germe, dit Guibert, quelque rudimentaire qu'elle soit au début, reproduit la forme de son parent. Elle ne s'égare pas; elle no se trompe pas; elle va droit à son but...

Une cellule unique porte en elle la force qui réalisera ici une fougère, là un chêne, ailleurs, une méduse, plus loin un mammifère. Bien habile serait l'observateur qui découvrirait dans le germe le plan de son développement... A mesure que les cellules se divisent, elles prennent une place prévue, elles revêtent une forme prévue, elles s’agencent pour constituer des organes prévus. Le résultat prévu est toujours la forme du parent d’où le germe a été détaché.

De plus, il est connu que toute matière inerte scum'se aux lois physiques et aux réactions chimiques, perd de sa substance, s’use et se détériore et finit par se détruire. Ainsi, par exemple, l'alcool qui brûle, s’use. Pourquoi? Parce que les éléments dont il se compose servent à former de l’eau ct de l'acide carbonique, en se combinant avec l'oxygène.

L'influence des forces physiques et des réactions chimiques est tout autre dans le monde organique où tout se conserve, s'agrandit, se multiple. Ainsi, l'unité cellulaire, vivante, se conserve, se développe, se divise en cellules égales ou inégales. (Voir, quant à la substance, Guibert, p. 78).

D'où vient cette différence d'action des agents physiques, sinon d’un principe vital qui domine l'organisation, qui garde l'unité dans la variété!

Si les transformistes veulent étendre à ces différences l’action des forces et des réactions, nous leur demanderons si ces forces et es réactions expliquent aussi le développement et la multiplication ‘‘selon un plan prévu d'avance”.

Le résultat prévu (nous le disons plus haut), est toujours la forme du parent d’où le germe a été détaché.

‘Ce n'est pas une rencontre fortuite de phénomènes physico-chimiques qui construit chaque être sur un plan et suivant un dessein fixés et prévus d'avance, et suscite l'admirable subordination et l’harmonieux concert des actes de la vie. (CI. Bernard, p. 50, des ‘‘Phénomènes de la Vie”).

LE. oo

= Réfutation du transformisme absolu

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