EPILOGUE
Dieu voyant que tout ce qu'il avait fait était bon, dit: ‘Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance, et qu'il commande...’ Le Seigneur Dieu forma donc l’homme du limon de la terre et insuffla sur son visage le souffle de vie et l'homme devint un être vivant et animé... (Genèse, I, 23... 11).
L'insufflation divine dont il est ici question est une métaphore : elle figure l'œuvre créatrice; souffle de vie, figure l'âme humaine. Ce texte dit donc proprement que Dieu créa l'âme humaine. Ce texte désigne en particulier le visage de l’homme qui reflète si bien et la pensée et le sentiment.
La Bible raconte qu'avant de créer l'homme, Dieu a dit : ‘Faisons l’homme à notre image”’. C’est la Trinité qui, d'une certaine façon, se révèle. ‘‘Dieu parle en lui-même ; il parle à quelqu'un qui fait comme lui, à quelqu'un dont
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l'homme est la créature et l’image ; il parle à un autre luimême...’’ (Bossuet, discours sur l'histoire universelle, chap. I ) Toutes choses qui deviennent plus certaines encore par les premières paroles de saint Jean, dans son Evangile : ‘‘Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout a été fait par lui, et sans lui n'a été fait rien de ce qui a été fait”.
Faisons : Ce début solennel annonce la grandeur de l'œuvre ; il s’agit en effet de donner à la terre, un roi: ce roi, c'est l'homme.
Nous savions déjà, par le catéchisme, que l’homme a été créé à l’image de Dieu.
Ce que nous savons moins, c'est que l’âme intellectuelle dans l’homme, est la forme substantielle du corps. L'âme n'est pas une substance qui s'ajoute au corps, mais de l’union de l’âme et du corps surgit une substance nouvelle qui est l'homme. En d'autres termes : L'âme communique son être au corps; par suite de cette communication surgit un troisième être ; l'âme ne devient pas l'essence du corps: il répugne en effet que le spirituel devienne du corporel; mais, encore une fois, de l'union de l’âme avec le corps surgit un être nouveau, l'homme. C'est donc l'âme qui donne au corps d'être un corps humain. Le cadavre n’est pas un homme, ce n'es qu'une chair donnée aux vers.
Les diverses races d'hommes ne diffèrent que par des notes accidentelles, les caractères essentiels sont les mêmes chez tous les hommes, ce qui indique évidemment l'unité d'espèce.
Tous les hommes descendent d'Adam. C'est l’unité d’origine. Un calviniste du XVIIe siècle, prétendait qu'il y avait eu des hommes avant Adam. S'il en était ainsi, Moïse, qui veut raconter l'origine des choses se tromperait singulièrement ; il dit, en effet, lui-même, au verset II du chapitre
2 de la Genèse, après avoir raconté l'œuvre des six jours : ‘*Et l’homme n'existait pas encore pour travailler la terre”.
Nuus l'avons dit, déjà (leçon 4e, voir la fin), nous sommes dans l'ère quaternaire qui comprend l’époque glaciaire et l'époque actuelle. D'après les découvertes les plus autorisées, les premiers hommes paraissent au temps où l'éléphant antique disparaît. Or cet animal disparaît au commencement de l'époque glaciaire.
Certains savants affirment que l'homme existe sur la terre depuis 72,000 ans (Burmeisten) ; depuis 100,000 ans (Haeckel) ; depuis 240,000 ans (G. de Mortillet). C'est évidemment trop fort.
Faut-il dire d'autre rt que l’homme a paru 4,000 ans avant Jésus-Christ et qu'il existe par conséquent depuis 6,000 ans? Non, ce chiffre est trop faible. De fait, 4,000 ou 5,000 ans avant Jésus-Christ, il y a déjà des peuples organisés et civilisés, comme le démontrent des découvertes récentes en Egypte et en Chaldée.
Il faut donc supposer à l'humanité, de 8,000 à 10,000 ans d'existence, (voir l’abbé Guibert: ‘‘Les origines, p. 288 et suivantes’’).