Création de l'homme d'après la Bible
Nous lisons, Genèse, chapitre Ile : “Il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol... Dieu forma l'homme de la poussière du sol et insuffla sur son visage le souffle de vie et l’homme devint un être vivant et animé”’.
De prime abord, voit-on là, de près ou de loin, une série d'’évolutions. Le singe entre-t-il ici, en scène, d’une façon quelconque ? Si l’homme a des ancêtres, pourquoi ne pas les faire connaitre? Si l'homme dérive d’un être vivant, pourquoi parler de poussière ? si l’homme descend d’un singe, il a une forme; dès lors, pourquoi parler de formation de l’homme. Puisque l’homme devient un être vivant, c’est donc qu'il ne vivait pas auparavant. Comment tenir ce langage si l’homme descend d'un singe bien vivant ou de tout autre animal ?
4. Eve est formée de toutes pièces d’une côte d'Adam. N'y a-t-il pas là une indiration très précise d’une formation immédiate du corps d'Adam ?
5. Création de l’homme d'après la Commission biblique de Pie X.
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La Commission biblique nommée par Pie X a fait une étude spéciale des trois premiers chapitres de la Genèse, son rapport a été publié en 1910.
L'abbé H. Lesètre résume ce rapport dans la Revue pratique d'apologétique. — Voici ce qu'il dit de la création spécidle de l'homme :
‘Quand à l'âme, pas de difficulté. Le passage de la vie animale à la vie intellectuelle nécessite l'intervention créatrice. Du moins, ne peut sortir le plus, à quelque longue série de siècles qu'on fasse appel pour l'y aider. La production du corps d'Adam par voie d'évolution pourrait être soutenue, à la rigueur, sans se heurter au dogme catholique, si toutefois l'évolution était scientifiquement démontrée. La décision de la Commission ne s’y opposerait pas, semble-t-il. Mais il faut ajouter que cette hypothèse ne paraît guère favorisée par le texte biblique qui suppose une intervention de Dieu, même pour la formation du corps de l'homme. D'ailleurs, si l’évolution avait réellement présidé à cette formation, comment auruit-elle pu, à point nommé, produire un corps de femme pour fournir le premier couple humain, sans une action très particulière du Créateur?
La formation de la première femme tirée du premier homme. — L'intervention directe de Dieu se comprend ici beaucoup mieux que toute autre cause. Si maintenant nous éliminons tous les anthropomorphismes du récit biblique, l'affirmation de Moïse se réduit à ceci: Dieu a voulu que le corps du premier homme fût formé, soit directement, soit indirectement, de la matière qui se rencontre à la surface du sol, et qui, chimiquement, contient tous les éléments matériels du corps humain. Dieu a ‘voulu’ que le corps de la femme fût formé d’une matière déjà organisée physiologiquement et empruntée au corps de l’homme. A ces données de la révélation, l« science n’a rien de sérieux à opposer, la théorie de l’évolution n'étant qu’une hypothèse, et l'apparition de la femme, appelée à être la compagne du premier homme, nécessitant une contemporanéité qu'une intelligence toute puissante pouvait seule ménager. Il est vrai que, dans deux corps à peu près amenés à l'état convenable par l'évolution, Dieu eût pu introduire une âme raisonnable pour en faire des corps humains.
Mais, puisque la production de l'âme réclame l'intervention divine, n'est-il pas plus simple et plus honorable pour l’homme d'admettre que cette intervention s'est également étendue à la production des corps? C’est la conclusion que suggère naturellement la lecture du récit biblique, et la Commission est bien fondée à la préconiser.”
Conclusions
Pour nous, ce n’est pas l’homme qui descend de la bête, c'est la bête qui est formée, dans une mesure, à l’image de l'homme
Si la fin dernière de la création est la gloire de Dieu, la fin immédiate de cette création, c'est l’homme lui-même. Ce n'est pas lui qui paie principalement tribut à la nature, c'est elle!
La nature est créée à l’image de l’homme, comme l’homme est créé à l’image de Dieu.
Si l’homme est le dernier dans l'ordre de l'exécution, il n’en reste pas moins et toujours le premier dans l’ordre de l’intention. Il faut donc considérer les choses ici, non de bas en haut, mais de haut en bas:
L'homme voit au-dessous de lui des êtres qui lui ressemblent suant au corps, afin qu'il sache que s’il appartient au ciel par l'esprit, il appartient à la terre par le corps, ce qui lui apprend à rester petit devant Dieu, tout en étant maître de la nature.
Quant à l’évolution, elle a une grande part dans les œuvres de la nature. Il y a une loi d'évolution. C’est à l’évolution que l'on doit tant de variétés dans l'espèce. Il peut se faire aussi que certaines espèces ne soient en réalité que des variétés; ce qui étendrait encore le domaine de l’évolution. Nous ne voulons pas décourager les chercheurs, les expérimentateurs; ils ont fait d’admirables découvertes, ils ont droit au respect et à l4 louange. Ils n’ont pas le droit de se mécontenter si nous tenons pour les faits, en présénce de possibilités raisonnables ou de lointaines probabilités. Ils ne doivent pas oublier que Dieu n’a pas besoin de se multiplier pour la création des âmes et des espèces proprement dites. Dieu d’un seul acte de volonté, opère tout dans son temps. Nous savons que Dieu laisse
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aux causes secondes un vaste champ, mais nous savons aussi que trois fois Moïse use du mot créer: la lère fois, pour la création de la matière brute; le 2e fois, pour la création des êtres animés, (Verset 21 du chapitre ler de la Genèse) ; la 8e fois, pour la création de l'être intelligent et libre. 1] ya donc des bornes qu'il ne faut pas outre passer. Il n’en reste pas moins un vaste champ libre pour les investigations et pour les opinions.
Les évolutionistes sont priés de ne pas oublier qu'au 6e icur Dieu dit: ‘Que les eaux foisonnent d'une multitude d'êtres animés”’. Ne voit-on pas là une création d'un grand nombre d'espèces différentes et bien définies ?
Donc, faisons très large la part de l'évolution qui n’enlève rien à la gloire de Dieu, mais n’allons point, en son nom, remplacer des faits acquis par des probabilités qui, pour ingénieuses qu'elles soient, ne laissent pas d'être de simples vrobabilités.