CONCLUSION
de nouveaux pas en avant. De même tout progrès confirme et développe la croyance au progrès.
Jamais, à aucun moment de l'histoire de l'humanité, la civilisation générale n'a été aussi vaste et aussi complexe que de nos jours, jamais ses organes de coordination n'ont été aussi parfaits ; la vie progressive du corps social est donc mieux assurée que dans les civilisations précédentes et nous pouvons crier, avec une conviction ardente, aux générations présentes et futures : confiance et courage ! Courage surtout parce qu'il en faut encore et beaucoup pour éliminer des sociétés contemporaines ces facteurs de décadence qui ont fini par désorganiser les sociétés anciennes les plus puissantes et les brillantes, et dont le plus terrible et le plus irrésistible est l'inéquilibre économique lequel entraîne fatalement après lui la ruine de tout le reste.
Notre théorie n'est donc pas et ne peut-être ni pessimiste, ni optimiste ; le bien et le mal, le progrès et le regrès ne sont ni une fatalité ni un produit de notre libre arbitre, ils dépendent de conditions positives qu'il appartient à la science sociale de dégager, de proclamer et surtout de réformer. C'est ce que nous avons essayé de faire en élucidant quelques-unes des lois du transformisme social. Le déterminisme sociologique n'est ni pessimiste, ni optimiste ; il nous enseigne seulement à quelles conditions les sociétés progressent ou régressent suivant des lois naturelles.
Le bonheur social comme la santé individuelle est dans l'accomplissement normal des fonctions dans des structures appropriées; il n'est jamais absolu; le bonheur est essentiellement relatif, variable, social. Le progrès et la croyance au progrès impliquent eux-mêmes la non-satisfaction actuelle de besoins, de désirs, d'aspirations et d'un idéal, De Greef. 33
vu
514 COiNGLUSION
par conséquent une certaine souffrance et plus les sociétés s'élèvent plus s'accroît aussi leur sensibilité à la douleur et au plaisir, mais cela même est une condition favorable à des progrès nouveaux ; alors la souffrance même est une ioie.
Le bonheur individuel est également inséparable du bonheur social ; l'un est impossible sans l'autre; ils progressent et régressent parallèlement ; l'individu et la société ne sont pas une antithèse ; chacun d'eux au contraire est, l'un en petit, l'autre en grand, la synthèse et l'image fidèles de l'autre.
APPENDICE