CONCLUSION
Telles sont, brièvement exposées, les diverses mesures grâce auxquelles on a pu faciliter le transport des matières périssables et telle est la mesure dans laquelle on y recourt en France et à l'étranger.
La France, de ces divers points de vue, est restée en arrière de la plupart des autres pays. Les transports frigorifiques ont acquis un développement considérable en Angleterre, en Allemagne et aux Etats-Unis, en Argentine et en Russie (y compris la Sibérie). Les wagons spéciaux roulent de plus en plus nombreux, sur les réseaux étrangers. Les conditions d'emballage, si importantes pour la conservation et la présentation de la marchandise, sont surveillées un peu partout avec un
soin extrême, et la France, ici encore, devrait s'inspirer
des exemples qui abondent autour d’elle : les associa tions de cultivateurs, d’horticulteurs et de floriculteurs s’en rendent d’ailleurs très bien compte et des Compagnies n'hésitent pas à encourager par des concours et de diverses autres façons le souci d’un emballage rationnel et adéquat au contenu. Pour la vitesse du transport et la modicité des tarifs, nous avons aussi du terrain à regagner; des progrès ont déjà été réalisés, — l’exemple de l'Etat cité dans l'introduction le montre avec clarté, — mais il ne faut pas s’arrèter là, si nous voulons que se développe harmonieusement le trafic des produits plus ou moins périssables.
Presque tous ces produits sont d'origine végétale ou animale. La France, dont les cultures sont si diverses, dont le climat est si varié, dont les pâturages sont si abondants et dont les côtes ont un tel développement, la France, qui possède des colonies sous tous les climats et dans toutes les parties du monde, a devant elle un avenir commercial superbe et indéniable si elle veut se donner la peine, au prix de quelques sacrifices passagers, de se préoccuper sérieusement des problèmes que nous venons d'envisager, si elle coordonne les efforts un peu incohérents qui ontété faits jusqu’à présent. L'Etat, les grandes Compagnies ou Sociétés et les particuliers devront rivaliser de bonne volonté et d'activité intelligente au triple avantage du producteur, de l'intermédiaire et du consommateur, c'est-à-dire au bénéfice de l’économie géné-
rale tout entière ; ainsi nous reprendrons peu à peu les