Le Transsaharien: Amorce du Transafricain
JAMES, professeur de législation française des finances et de science financière.
GABOLDE, #, professeur de droit commercial.
BRETHE DE LA GRESSAYE, professeur chargé d’un cours de droit civil.
BYÉ, agrégé, chargé d’un cours d'économie politique.
FauRGEAUD, agrégé, chargé d’un cours d'économie po-
litique.
CHARLIER, agrégé, chargé du cours de droit administratif.
N.., chargé du cours d'histoire générale du droit français.
LAPORTE, secrétaire des Facultés de Droit et des Lettres.
Président de la Thèse...... M. JAMES.
: ( MM. PLAssARD.
À ADANES TE TRE Te Te Suffraga l HAURIOU.
La Faculté n'entend approuver ni désapprouver les opinions particulières du candidat.
Constituer, de la Mer du Nord au Congo, un bloc francoafricain de 80.000.000 d'habitants, d’un seul tenant et susceptible, dans un proche avenir, de rivaliser économiquement et politiquement avec des ensembles grandioses comme les Etats-Unis d'Amérique ou l'U. R. S. $S., voilà l’un des grands buts de la politique impériale française, sinon le principal (!).
Ce dessein mérite d'autant mieux de retenir l’attention de l'opinion publique française et d'obtenir ses encouragements que l’Afrique doit sauver l’Europe du XX° siècle, de plus en plus privée de marchés extérieurs et menacée d’une asphyxie dont les phases successives provoqueraient de sanglants conflits entre ses habitants aigris et appauvris.
Avant de reprendre cette idée dans maints discours, un de nos hommes d’Etat, M. Joseph Caillaux, ancien président du Conseil, parlant des difficultés économiques de l’Europe, déclarait, dès 1931 : « J’indiquerai que, tout bien pesé, j'entrevois une solution, une seule : souder l'Afrique à l’ancien continent, non seulement pour ménager des courants d’émigration qui, je l’aperçois, rencontreront des obstacles, mais surtout pour réserver à l’industrie européenne, qui serait ainsi conduite à s’assembler, au grand bénéfice de l'esprit d'entente et de paix, des débouchés suppléant dans quelque mesure à ceux qu’elle a perdus et qu’elle perdra de plus en plus, des débouchés que conditionne une politique imprégnée d'humanité, élevant par degrés les populations indigènes » (2).
La crise économique actuelle, en se prolongeant et en s’intensifiant, a donné une force peu commune au pro-
(4) De WaRReEx. La France de la Mer du Nord au Congo, Editions du Comité Algérie, Tunisie, Maroc, 21, rue Cassette, Paris, 1929.
(2) Discours de M. Joseph Caillaux du 3 octobre 1931, cité dans le supplément du journal quotidien Le Temps du 29 décembre 1932.