INTRODUCTION
gramme condensé dans ces quelques lignes, mais a également prouvé l’incontestable nécessité d'organiser enfin le bloc franco-africain.
Alors que chaque nation, se repliant sur elle-même, pratique un nationalisme économique étroit et essentiellement égoïste, lorsque l'instabilité monétaire et la guerre des changes dévastent les marchés financiers, quand tous les peuples, même les moins puissants, cherchent dans leurs propres ressources un abri plus ou moins précaire contre la tourmente, à l’heure enfin où, en raison même du jeu des forces économiques et du déséquilibre qu’il engendre, les économies métropolitaines et coloniales s’orientent vers une certaine fusion (3), l’organisation définitive, politique et économique, de l’Afrique Française s'impose impérieusement.
Déjà un premier stade a été franchi avec l’organisation et la mise en valeur de l’Afrique du Nord (4).
Il importe d'autant plus maintenant de faire suivre la même évolution à l’Afrique Noire, que ce développement de notre empire nord-africain la postule.
Il ne faut pas que la prospérité économique du groupe de l’Algérie-Tunisie-Maroc provoque, avec la métropole, une concurrence regrettable qui pourrait entraver cette marche vers la constitution d’une économie impériale, que nous signalions tout à l'heure.
Les questions du vin et du blé ne doivent pas être un obstacle à l'intégration progressive de l’économie africaine dans la métropolitaine, mais, au contraire, le ciment de cette union. Elles le peuvent !
Il suffit que le trop-plein de la production nord-africaine, viticole et céréalière soit orienté vers l’Afrique Noire dont les populations, en augmentation constante, doivent constituer un débouché particulièrement intéressant.
(3) Voir Statistiques du commerce extérieur de la France pour l’année 1933 : Commerce de la métropole avec son empire : 24 % des importations, 32 % des exportations, soit 27 % du commerce total, contre 14,3 % en 1928, 15,2 % en 1929, 16,2 % en 1930, 18,3 % en 1931, 25 % en 1932.
(4) Encore que cette organisation ne soit pas, à notre avis, achevée. Où est le Commissariat général de l’Afrique du Nord ou, mieux encore, le supergouverneur de lAfrique française, avec Alger comme capitale fédérale ?