‹ Le Transsaharien: Amorce du TransafricainChapitre 53 sur 84 · ET LA METROPOLE · texte numérisé non relu

ET LA METROPOLE

Car la France ne sera pas oubliée dans cet accroissement de richesses.

Sa situation économique « intérieure et extérieure » s’en ressentira favorablement.

(18) Colonel GopErRoY et GAUTIER. Etude précitée, p. 18. (19) H, DeLaBeye, Etude précitée,

186 LE TRANSSAITARIEN

Par le Transsaharien, et plus encore par le Transafricain, arriveront, en grandes quantités et à bas prix, les matières premières nécessaires à notre industrie ainsi que les produits tropicaux achetés actuellement à l'étranger.

Notre balance commerciale s’en trouvera sensiblement améliorée.

Mais, en contre-partie, notre industrie bénéficiera d’un marché, actuellement inexistant, de plusieurs millions de clients fidèles parce que leur commerce se fera presqu'uniquement par les ports algériens, donc obligatoirement sous pavillon français. Nos compagnies de navigation ne pourront s’en plaindre.

N'oublions pas, d’ailleurs, que « le moyen le plus efficace d’intensifier nos échanges consiste dans l’agrandissement du débouché colonial, le seul dont nous ayons, hors de nos frontières, l’entier et libre contrôle. Trente à trente-cinq millions d’Africains nous achèteront peut être un jour, par dizaines de milliards de francs, nos marchandises » (20).

Mais tout comme l'Afrique du Nord, la France sera aussi un lieu de transit obligé des marchandises européennes à destination de l’Afrique noire ou vice-versa. Que sera ce commerce le jour où le Transsaharien se sera mué en Transafricain ? Peu de gens semblent s’en rendre compte en France. Mais nos voisins et amis italiens l’ont bien compris qui voudraient que leur patrie fut « ce lieu de transit obligé » grâce à une voie ferrée partant de Tripoli.

Quelle richesse ce commerce n’apportera-t-il pas à notre pays, et aussi quel accroïssement de puissance et d’autorité dans le domaine économique et financier !

Par la vallée du Rhône, dont la Chambre de commerce de Marseile a demandé « que les travaux d'aménagement soient poursuivis simultanément avec ceux du Transsaharien » (21), et aussi par le Sud-Ouest (ou le Canal des Deux- Mers si on l’exécute quelque jour) (2), s’écouleront de nos

(20) E. BÉLIME. L’Heure de la France, ouvrage déjà cité, p. 120. C’est dans ce sens, du reste, que s’oriente de plus en plus, depuis la crise, la politique commerciale de la France.

(21) Vœu adopté le 10 mars 1931 par la Chambre de Commerce de Marseille, que nous somimes heureux de pouvoir remercier ici de son obligeance,

(22) Robert CASTEx. En liaison avec le Transafricain… le Canal des Deux Mers, numéro du Transafricain de décembre-janvier 1930-1931,

ports méditerranéens en direction de l'Europe centrale ou nordique ou vers l'Angleterre, les produits africains, tandis qu’en sens inverse, fuseront vers l’Afrique les matières premières et les objets manufacturés européens.

Alors, serait une vivante réalité ce segment « Europe- Afrique » dont on parle tant (3) et dont la République impériale française deviendrait, grâce au TFranssaharien- Fransafricain, l'animateur économique !

(23) Voir, à ce sujet, Intendant général SALLEFRANQUE. Le segment de planète Europe-Afrique, numéro de septembre-octobre 1933 de la Revue économique française, 20, rue de Tournon, Paris (VI°).

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