DEUXIÈME PARTIE
Le Transsaharien Technique
AVANT-PROPOS
Il est plaisant de constater que la construction de certains chemins de fer transdésertiques ou transcontinentaux a été également précédée de protestations, parfois véhémentes.
Lorsqu'il fut question d’établir le premier transconlinental américain, au Sénat de Washington, un sage père conscrit des Etats-Unis s’écria : « Quel besoin avons-nous de cette immense solitude inutilisable ? Ce pays de sauvages, de bêtes féroces, de dunes, de simoun, de poussières, de cactus et de chacals ? A quoi pouvons-nous espérer que ces déserts immenses nous serviront jamais ? » (1).
Voilà comment était représenté le Far-West américain !
C’est ainsi encore que s'expriment trop d’adversaires du Transsaharien, reculant devant les difficultés techniques qu'ils exagèrent à plaisir, comme nous allons nous en apercevoir (2).
(1) E.-F. GauTrER. L’Aménagement du Sahara, p. 212. (2) Lors de la création du canal de Suez, Lord Palmeston n’hésita pas à le qualifier de « ruisseau à travers les sables » !