Le travail des femmes
C'est la loi générale de la vie* On ne peut slhpt.. dégager, elle s'impose à rhumanité par la force de sa nécessité. Mais cette loi ne serait que la vie même, action conforme à la nature de Têtre, donc une jouissance naturelle si une condamnation divine ne pesait sur rhumanité déchue.
C'est la faute originelle qui par la volonté du Divin Justicier a imposé au travail ce caractère pénible, douloureux souvent, qui courbe l'homme physique dans la tension de l'efTort musculaire, tord ses membres et épuise sa poitrine ; qui aussi surmène Thomnie dans son esprit^ dans sa volonté, par les tracas intellectuels, les anxiétés de la pensée,Sans doute le travail sera toujours la satisfaction naturelle de l'expansion de la force, mais la peine est si intimement mêlée au travail, que le vieux latin désigne d'un même verbe laborare le travail et la souff rance,
La grâce divine dans la Foi chrétienne vient préciser la notion et relever la dignité de Fœuvre.
(1) S, Thomas d'Aquin. Somm, théolog. 2» Ib® quesl. 87. art. 3. CL Périii, La richesse dans les sociétés chrétiennes, liv. IL chap. 1 Guarriguet. Régime du travail l, l. 32 et suiv, etc. et une foule d'auteurs de droit naturel et d'économie.
La loi du travail subsiste sans doute, mais elle apparaît plus clairement comme raccoraplissement méritoire de la VoloriLé divine en même temps que Texpansion spontanée de Têtre agissant suivant sa nature; pénible d reste, sans doute^ mais tout entier s'idéalise et se surélève par le But qu^il poiirsiiït;* L'effort pénible que Fantiqui té païenne rejetait avec mépris sur la classe servile, est anobli dans la Doctrine divine par le rôle même qui lui est assigné. La loi s'impose à tousj sons des formes différentes, mais elle s’impose à tous 1 La pensée divine donne ainsi la paix de l'âme dans Fœuvre pénible ; en même temps qu'elle lui laisse son caractère d'activité naturelle bienfaisante*
IL Caractères actuels de la loi du travail.
Cette loi s'impose, mais eile s'impose de diverses manières : aux uns par la nécessité de la vie — aux autres par Yobligatioti more/e de ne pas s'abandonner à Foisîveté* Enfin cbacnn doit servir Dieu, le faire réellement et employer a sa Gloire les facultés dont il a été doué ; les « talents n et le terme de la parabole ne signifie pas seulement le talent d’argent de Fépoqne évangélique, mais tout talent est un don de Dieu que chacun a la mission de faire fructifier, Léon Xtlf rappelle dans son encyclique cette règle morale qui fait servir au bien de tous, les facultés, les capacités de chacun : c'est encore un titre du travail, celui de la charité, de la solidarité, on ne vit pas seulement pour soi, on vit pour les autres et ce travail incombe aux plus forts, aux plus riches de dons et de facultés. Enfin n'y a-t”il pas le motif moral de Vexemple et com-
ment prêcher le travail quand soi'-même on vit dans Toisiveté.
En 1868j à cette société éprise de luxe du Second EmpirCj le futur Cardinal Mermillod, dans un sermon retentissant disait :
«Quelle influence, quelle autorité poorrait-oo exercer sur le peuple si Ton ne faisait pas mieux que lui ? Goniment lui montrer le droit chemin si Toii suivait les faux sentiers ? Avec qu'elle autorîté lui conseiller le travail et la prévoyance, lorsque la vie se passe dans l'imprévoyance et rinaction ? Oserait-oii lui reprocher de ne pas travailler le lundi en ne faisant rien de toute la semaine? »
Et ne peut-on d’ailleurs pas considérer à certain égard la fortune comme un salaire anticipé du travail a réaliser pour fous !
Et ainsi la loi du travail, christianisée, s’étend a toute la hiérarchie sociale, forme le grand lien de la solidarité dans l’effort, relie tous les hommes entre eux par le service mtUueL Loi naturelle sans doute, mais que la révélation à précisée, complétée, idéalisée dans la charité du Christ.