‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 17 sur 130 · COURBES DE SECRETION DES SUCS DIGESTIFS · texte numérisé non relu

COURBES DE SECRETION DES SUCS DIGESTIFS

Naturellement toutes les expériences ne se ressemblent pas au même degré que ci-dessus. Mais si une telle ressemblance s'observe 2 fois sur 5 environ, elle ne peut, en toute justice, ne pas être considérée comme une preuve évidente de la parfaite régularité du travail glandulaire. Nous avons tout lieu de croire que les oscillations, qui se présentent parfois, sont provoquées par des différences restées méconnues dans les conditions expérimentales. En d'autres termes, les oscillations constatées d'une fois à l'autre dans le travail sécrétoire ne tiennent pas au hasard, mais sont gouvernées par des lois. Le travail glandulaire, c'est-à-dire la sécrétion du suc se fait suivant une marche déterminée; le suc ne s'écoule pas avec une égale rapidité du commencement à la fin de la période digestive ; il ne s'écoule pas non plus suivant une ligne droite descendante, en diminuant progressivement, après avoir présenté un maximum au début ; la sécrétion se fait suivant une courbe toute particulière, qui d'abord s'élève plus ou moins rapidement, puis conserve quelque temps une certaine valeur, et descend enfin peu à peu pour se terminer brusquement. Des exemples en seront rapportés plus loin. En raison de l'exacte régularité de ces courbes, dans les mêmes conditions, nous devons convenir que telle ou telle marche de la sécrétion n'est pas le produit indifférent du hasard, mais représente chaque fois une nécessité adaptée à l'élaboration appropriée des aliments, pour le plus grand avantage de l'organisme. L'explication des diverses parties de la courbe sécrétoire n'est toutefois pas facile ; elle est même, pour le moment, presque impossible. Si la partie descendante de la courbe avec ses particularités s'explique d'une façon plus ou moins satisfaisante par ce fait que la masse formée par la bouillie alimentaire dimi-

nue d'une façon irrégulière au niveau du point oii elle séjourne dans le tube digestif ; par contre, l'ascension souvent complexe de la courbe reste parfaitement obscure et inexplicable. Pourquoi, par exemple, le maximum se produit-il tardivement, comme dans le cas du suc pancréatique (voir les courbes ci-jointes), à la troisième heure après le repas? Une explication scientifique de ces courbes — c'est-à-dire parfaitement adéquate à la réalité — ne pourra être fournie que par des recherches poursuivies à l'aide des méthodes mentionnées dans notre première leçon, quand on aura réussi à suivre pas à pas les aliments et leurs modifications chimiques, tout le long du tube digestif, en même temps que les sucs qui s'y mélangent et dont ils subissent l'influence spécifique.

Nous arrivons maintenant à une nouvelle question : Si, comme nous venons de le voir, les glandes, pendant la période digestive, modifient nettement l'intensité de leur travail en ce qui concerne la quantité de suc qu'elles déversent, ne serait-il pas naturel que ces variations d'énergie commandassent aussi à des modilications qualitatives des sucs? A priori, on peut s'attendre à ce que, aux diverses phases d'élaboration d'un même aliment, corresponde un suc de qualité différente. Tout le bol alimentaire peut, dans un premier temps, subir, sous l'influence des premières portions de suc, un changement chimique et physique tel que, pour une élaboration ultérieure, il ait besoin d'un suc doué de tout autre action, qu'il faille à celui-ci une proportion d'eau plus ou moins considérable, une plus ou moins grande alcalinité ou acidité, ou encore une teneur variable en ferment. Chacun de ces facteurs n'est pas sans avoir naturellement de l'importance; toutefois on n'a pu, tant qu'on s'en est tenu

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