PROCÉDÉ OPÉRATOIRE DE L'AUTEUR
diamètre, avec une fente correspondant à l'orifice du canal; dans les cas favorables, cette fente est au centre même de l'é^levure. Dès lors l'animal, placé sur un établi convenable, fournit le suc, qui s'égoutte, soit directement des papilles muqueuses, soit, s'il a une tendance à glisser le long de la paroi abdominale, à travers un entonnoir appliqué, par son extrémité évasée, sous l'abdomen. Les deux inconvénients inhérents à la fistule temporaire et à la fistule permanente n'existent plus. Il est certain que la glande est dans des conditions normales, mais l'expérimentateur n'est pas encore venu à bout de ses épreuves. Bientôt l'écoulement du suc sur la paroi abdominale entraîne une macération de la peau, qui devient, par places et sur une certaine étendue, sanguinolente. 11 en résulte une irritation constante de l'animal et ce n'est pas du suc pur qui se rassemble dans l'entonnoir. Que faut-il donc faire? On peut beaucoup : par exemple, recourir à de fréquents lavages des endroits macérés avec de l'eau, à des badigeonnages avec des pommades émollientes; un plus sûr moyen de •guérison consiste encore à tenir de longues heures attaché sur l'établi l'animal muni de son entonnoir. Mais le mieux est d'appliquer à l'animal, dans l'intervalle des expériences, une couche do substances poreuses, soit de la sciure de bois,, du sable, du plâtre. Beaucoup d'animaux ont euxmêmes l'idée de se coucher sur le ventre, de sorte que le suc qui s'écoule de leur fistule est aussitôt absorbé par les substances poreuses : de cette façon se trouvent évitées le plus sûrement la souillure et la macération de la peau. Il est intéressant de constater que c'est même une telle habitude d'un des chiens opérés, qui inspira le traitement mentionné en dernier lieu.
Je me permets d'insister sur ce cas intéressant. Un des
chiens opérés d'après mon procédé commença, au bout de dix à quinze jours après l'opération, à subir l'action caustique du suc. Les moyens employés n'avaient aucun effet convenable. Le chien était tenu la nuit à l'attache au laboratoire. Un matin, à notre grand mécontentement, nous trouvons près de ce chien, qui était ordinairement très calme, un tas de plâtre détaché par lui du mur. Le chien est placé dans une autre partie de la pièce, et maintenu en laisse. Le lendemain matin, même constatation : du plâtre a été de nouveau détaché du mur. Nous observons en même temps que le ventre de l'animal est sec, et que les phénomènes d'irritation de la peau ont diminué d'intensité. Nous comprenons alors et nous préparons à l'animal un lit de sable : les murs ne furent plus endommagés et l'irritation produite par le suc disparut. Nous nous sommes donc laissés complaisamment guider (le Dr. Kuwschinski et moi) par l'instinct de l'animal, qui, déjà, l'avait servi lui-même. C'est là un fait de psychologie animale qui méritait d'être signalé. Voilà donc un obstacle de plus évité. Mais le but définitif reste encore à atteindre.
Au bout dé trois à quatre semaines, l'animal, qui présentait antérieurement toutes les apparences de la santé, tombe malade; il renonce presque subitement à sa nourriture et s'affaiblit rapidement; le plus souvent cet état s'accompagne de convulsions parfois intenses et généralisées; l'animal succombe alors, au bout de deux à trois jours. Il existe évidemment là une maladie spéciale.
11 ne s'agit nullement d'inanition ; l'animal, quand il succombe, a souvent conservé son poids normal. L'hypothèse d'une affection post- opératoire quelconque, telle qu'une péritonite chronique, est également à rejeter ; ni l'état antérieur à la mort de l'animal, ni les résultats de