‹ Le Travail du Style chez Saint François de SalesChapitre 25 sur 29 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Cette étude sur les correcticns de saint François de Sales dans son /ntroduction nous permet de conclure que la religion du style, ccmme on a dit, ne date pas seulement de Balzac. Encore moins est-elle le privilège exclusif de nos modernes. Sans doute, on a poussé le fanatisme de la forme, depuis le XVI siècle jusqu à des excès qui peuvent faire paraître médiocre le soin qu'il apporta lui-même à se corriger, à se perfectionner.

L'’effort d'un Balzac, par exemple, dépasse notablement le sien. Mais aussi l'application trop laborieuse chez cet infatigable ouvrier de style n’a-t-elle pas stéuilisé la pensée, aboli la vie et le mouvement de la phrase?

Saint François de Sales, lui, a corrigé, peuton dire, dans la bonne et sage mesure Très

scrupuleux et très attentif, notamment en ce

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qui concerne les rythmes, 1l n’a cessé de remanier sa phrase, de l’assouplir pour lui faire exprimer plus vivement des nuances de pensée auxquelles on ne l'avait pas encore habituée. Il a été un bon artisan de la prose française, Il a étendu son domaineetses moyens d’expression. Il lui a ouvert les ferras incognitas de la dévotion. Il l'a rendue apte à satisfaire au vœu de Mr d: Sévigné qui dira plaisamment :

« Comment peut-on aimer Dieu quand on n’en entend pas bien parler? »

Son effort, si visible, vers la perfection de la forme nous permet de le situer dans ce grand courant d'humanisme dont on a dit qu'il se caractérise par l'amour de l'antiquité considérée dans son art.

Mais soucieux avant tout d'exprimer nettement une pensée dont l'intégrité lui semblait sacrée, saint François de Sales n’a corrigé, sauf de très rares exceptions, que dans la mesure même où la retouche pouvait renforcer

sa pensée, au moins indirectement, en lui

= UN er

donnant un surcroît d'agrément. Il s’est gardé de l'erreur moderne qui met au premier plan dans l’art d'écrire le souci de la forme belle et qui tend à confondré ainsi les fins de la prose avec celles de la poésie. Le style de l’/ntroduction, après le millier de retouches qu'il a subi, n'a rien perdu de sa puissance expressive.

Il a seulement gagné en harmonie, en sou-

plesse, en coloris.

Vu et permis d'imprimer,

Poitiers, le 2 Décembre 1922.

Le Doyen, Correspondant de l'Institut, P. BoIssSONNADE

Vu et permis d'imbrimer, Le Recteur:

L Pingau, D

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