‹ Le Travail du Style chez Saint François de SalesChapitre 4 sur 29 · REC · texte numérisé non relu

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appeler Paris Paris et de l'appeler timidement Capitale du royaume, parce que les puristes de’ l'époque eussent fait la grimace devant cette répétition même justifée.

En un mot, notre auteur a des côtés d'artiste.

[l y a en lui du Montaigne. Apôtre comme il

était, sans doute il aime de prédilection dans son œuvre ce que nous en pouvons appeler le fond. Pour rien au monde, il ne consentirait à ce que le sens fléchisse sous sa main d’une manière appréciable. Là même où nous croyons parfois discerner un amoindrissement de la justesse, on peut admettre que de cet amoindrissement 1] n’a pas eu d'ordinaire conscience ; à plus forte raison n'en a-t-1l pas eu l'intention.

Mais toutes réserves faites, convenons que cet évêque et ce saint était un grand artiste très préoccupé des belles formes et du beau style. L'homme que nous discernons à travers les corrections de l’{ntroduction à la vie devote

est bien celui qui disait : « C’est icy que je

desire plus de creance qu'ailleurs, parce que je ne suis pas de l'opinion commune, et que neanmoins ce que je dis est la verité mesme.

La forme, dit le philosophe, donne l'estre et l’ame a la chose. Dites merveilles, mais ne le dites pas bien, ce n'est rien ; dites peu et dites bien, c’est beaucoup. » ‘ Sa pratique fut conforme à sa théorie.

L'étude directe de son incessant effort pour bien dire, pour mieux dire, va nous en donner la preuve. L'examen de quelques-unes de ses corrections choisies parmi les plus significatives, va nous apprendre quelle fut son attitude habituelle par rapport : 1° à Ja justesse, 2° au rythme, 3° à la couleur.

1 Lettre à Mgr André Fremyot, 5 octobre 1604, Œuvres. Edit. d'Annecy, t. XII, p. 321.

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