‹ Le Travail Féminin et Ses ProblèmesChapitre 18 sur 53 · DO SES · texte numérisé non relu

DO SES

Souvent, une reprise précoce et cachée du travail après l’accouchement arrive à leur faire compromettre leurs suites de couches inachevées et ainsi leur avenir génital, les amenant, après des souffrances plus ou moins tolérées, à subir des mutilations irréparables.

Allaitement. — L’allaitement naturel est incompatible avec le travail à l'usine. Les horaires, les fatigues de l’ouvrière, influent sur le pouvoir nutritif de son lait. Sans partager entièrement l’opinion de certains concernant l'existence d’une hypogalactie fonctionnelle, les exigences du travail incitent à l’allaitement artificiel plus que l'incapacité physique. L’allaitement devient une fatigue supplémentaire qui s'ajoute aux autres : dépenses professionnelle et familiale, qui demandent à être compensées afin de rétablir le bilan énergétique. Il est incontestable que le travail en usine, en particulier, amène un surmenage des plus fâcheux pour l’organisme maternel et, par suite, pour l'enfant. Séparer la mère de son enfant, c’est aller à l’encontre de la loi naturelle au détriment de l’un et de l’autre. |

La mortalité infantile a augmenté parallèlement au développement du travail industriel féminin. Ce qui se comprend aisément, car tout ce qui éloigne l'enfant de sa mère le met en état de souffrance et en danger de mort, Or, la femme est trop souvent obligée, du fait des nécessités, de reprendre son travail et d’avoir ainsi tendance à délaisser son enfant.

Il est logique de penser que l'enfant subira, à son tour, les difficultés que la mère doit surmonter pour persévérer. « On aura beau organiser des chambres d’allaitement, des crèches, leurs avantages ne sont pas capables de contre-balancer les effets nocifs des voyages à toutes les heures et par tous les temps, du passage brusque de la chaleur d’une salle de pouponnière au froid de la route » (37).

L'enfant recevra bien des soins éclairés et dévoués, maïs il

sera perdu dans la masse.

Lane

Ménopause. — Il est un fait que les ouvrières vieillissent beaucoup plus vite que les femmes non salariées. La ménopause est souvent avancée, se situant vers 38-42 ans, au lieu de 45-55 ans. C’est le moment d’une période critique amenant des perturbations : baisse de ses qualités (adresse, dextérité), pour faire place à la fatigue, à un certain déséquilibre nerveux.

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