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EFFETS DU TRAVAIL PROFESSIONNEL

Importance et nature du travail. — I est certain que les métiers purement moteurs, mettant surtout en jeu la force et la durée, ne conviennent pas aux aptitudes et à la résistance de l'organisme féminin. Est également tout aussi nocif un travail apparemment bénin, mais répété, aboutissant à la longue à une usure plus ou moins prématurée de l’organisme.

Il est vrai que la femme accepte trop souvent, surtout dans les temps actuels, n'importe quel travail. Il faut tout de suite remarquer que les capacités fonctionnelles de la femme sont sujettes à des variations plus grandes que celles de l’homme, notamment ces variations menstruelles jointes à cet autre facteur important représenté par la tension nerveuse. L’ouvrière est forcément appelée à produire des efforts au cours de son travail, ce qui implique la participation des muscles abdominaux et l’aggravation de leur état s’ils sont déficients.

« Lorsque l'emploi des pédales, qui détermine trépidations et ébranlements, fait en sorte que le mouvement est limité à l’articulation du cou-de-pied, il n’y a pas d'action directe sur les organes féminins; mais comme il arrive, le plus souvent, que ce mouvement se passe dans l'articulation de la hanche, l’intervention de groupes musculaires, en rapport avec les organes génitaux, a une influence marquée sur les fonctions féminines » (52).

C’est alors que métrites, salpingites, prolapsus, névralgies pelviennes, se trouvent augmentés et deviennent même irréductibles. Le poids du nouveau-né variera avec l'intensité du travail effectué par sa future mère.

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Les bruits eux-mêmes, dus au métier, entraînent une augmentation de l'effort de concentration et finissent par « automatiser » les gestes. Ainsi, certaines des qualités reconnues typiquement féminines, c’est-à-dire habileté, goût, vivacité, dextérité, sont émoussées par une tâche monotone ne réclamant ni goût, ni habileté, ni concentration. |

Le travail à domicile, domaine très disparate et incontrôlable, favorise, par le fait de la modicité de son salaire, dans des conditions d'hygiène souvent très défectueuses, un surmenage des plus nocifs.

Attitude de travail. — Chaque métier s'exerce dans une attitude particulière, Susceptible de déterminer des déformations dites professionnelles.

Nous n’envisagerons pas les faits particuliers dus à la technique, causes de complications médicales, examinées précédemment. La station droite debout, sans déplacement, telle que la vendeuse de magasin, est plus fâcheuse pour l'organisme que le travail statique avec mouvements, amenant une congestion des ovaires avec aggravation d'infection, due à des germes préexistants. La station assise, de beaucoup préférable, malgré certains inconvénients, ne peut être adoptée dans la majorité des postes de travail, d’où les conséquences fâcheuses pour louvrière enceinte. En effet, la position assise prolongée présente des inconvénients mineurs qui la font considérer cependant comme la meilleure attitude pour la femme en état de grossesse. Un grand nombre de métiers s’exercent en flexion (bureaucrates, secrétaires); aussi faut-il craindre des déformations de la colonne vertébrale. « Elles sont d’autant plus à redouter que les muscles dorsaux, peu entraînés, se prêtent facilement à des inflexions trop marquées du rachis » (52). Exemple : la position en porte à faux de la mécanographe.

Le siège de la fatigue est plutôt accusé dans les groupes musculaires en contraction statique que dynamique : jambes des repasseuses, dos des dactylographes et des brodeuses. Une première cause de fatigue provient souvent d’une disposition

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défectueuse de travail. Ainsi la hauteur du clavier chez les dactylographes.

Horaire de travail. — La répartition des horaires de travail est très importante, car elle permet une plus ou moins bonne adaptation du travail à la vie familiale. La ménagère salariée a peu de temps pour préparer la nourriture, donc alimentation qui sera insuffisante qualitativement et quantitativement.

L'inconfort des moyens de transport, l'importance du trajet, amènent un retentissement des plus fâcheux sur l’appareil génital de la femme, surtout lors des menstruations : annexites chroniques, déplacements utérins, compliqués de cellulite pelvienne avec rétraction des ligaments utéro-sacrés, de certains prolapsus non ou mal corrigés.

La femme qui travaille consacre, selon des chiffres officiels, une moyenne de 29 heures par semaine au ménage et aux achats. En considérant qu’une femme travaille généralement 40 heures en usine et consacre 56 heures au sommeil, chiffre moyen, il ne reste que 43 heures pour les repas, le blanchissage, le raccommodage et les loisirs, soit le quart du temps, ce qui est très insuftisant.

L'homme, par contre, peut disposer de plus de temps. « La journée continue de 8 heures en équipe, sans interruption, bien que préiérée des femmes, présente de très nombreux inconvénients : fatigue intense, nécessité de se restaurer en cours de travail sans arrêter la machine et avec les mains sales, irrégularité complète de sommeil, impossibilité de toute vie familiale, inobservation des principes élémentaires d'hygiène » (48).

Beaucoup d'établissements ne font pas de « coupures » ou alors les ont diminuées, ce qui augmente le régime de travail, mais aussi le surmenage. On a même trop souvent recours, sous des prétextes divers, au travail de nuit qui est tout à fait antiféminin, antiphysiologique. L’insuffisance de formation technique et un horaire mal équilibré influent sur le rendement, Inutile de s’appesantir sur les conséquences de l'horaire prolongé du travail

à domicile.

Rythme de travail. — Le rythme rapide de travail, notamment celui de la chaîne, fait que l’ouvrière rentre le soir chez elle, énervée, abrutie. La marche de sa machine n’est pas adaptée à Son organisme; ainsi est-elle plus vite fatiguée. Le surmenage peut tout aussi bien provenir d’une durée excessive que d’un rythme trop rapide de travail. Une question de prime est souvent en jeu, incitant l’ouvrière à nettoyer sa machine, même en état de marche. On a signalé, grâce à l’étude chronométrique, l’augmentation sensible du temps d’inactivité au cours des périodes menstruelles.

Le travail à la chaîne, qui pose ce problème de l’adaptation au rythme, entraîne vers l’automatisme, enlève au travailleur tout intérêt moral ou technique. Il est certain que le niveau intellectuel et le caractère de beaucoup de femmes subissent facilement l'imposition de ce genre de travail, mais il n’est pas moins vrai de constater que celui ou celle qui est uniquement chargé de répéter indéfiniment les mêmes gestes élémentaires, mécanisés, voit là une sorte de dégradation. De plus, ceux qui n’y sont pas adaptés par « leur type mental ont tendance à tomber dans la pychasthénie, la neurasthénie, la dépression nerveuse » (77). Or, qui connaît la fragilité du système nerveux féminin ne niera pas les répercussions plus ou moins tardives que ce genre de travail peut entraîner chez certains sujets qui n’auront pas été sélectionnés, orientés. Il est des personnes faites pour le travail au temps, d’autres pour le travail à la pièce.

« La mécanisation industrielle débarrasse bien l’homme de tâches difficiles, pénibles, abrutissantes, mais il ne faut pas oublier qu’à un esclavage physique se substitue, pour des millions de manœuvres, l'esclavage mental de tâches parcellaires et

de la chaîne » (77).

Le travail en musique. — Déjà, l'antiquité grecque, en passant par les lollards du moyen âge, avait compris la nécessité de rythmer le travail. Ainsi la psychotechnie a-t-elle étudié ce

procédé.

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