‹ Le Travail Féminin et Ses ProblèmesChapitre 25 sur 53 · MAUR · texte numérisé non relu

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mensuel n'est que de 8 à 9.000 francs. Les difficultés rencontrées sur le plan matériel sont encore plus grandes quand on envisage le côté social. Comment ces femmes peuvent-elles trouver le temps de suppléer, comme dit Marfan, à cette espèce de communication qui s'établit entre la mère et l’enfant, alors que l'éducation doit être constante et représente un facteur déterminant dans la personnalité future ?

L'ignorance de l’ouvrière se montre par des fautes élémentaires dans « l'élevage », méconnaissant les règles essentielles de puériculture qu’elle n’a jamais apprise. Les enfants sont ainsi placés, de ce fait, dans un état de prédisposition au développement des infections, des troubles divers, aux conséquences si funestes sur ces jeunes organismes.

La mise en nourrice ou en pouponnière ne permet que difficilement à la mère d’assurer ses charges de la maternité. D’autres fois, elle a recours à la séparation complète. Or, « la mère doit nourrir son enfant. La rupture du lien établi par la nature entre la mère et le nouveau-né est assez fréquente pour qu’on puisse le considérer comme une plaie sociale » (123).

Plus grands, sans surveillance, les enfants seront livrés à euxmêmes, soumis à l’influence néfaste de la rue. Certain auteur a souligné le rapport de fréquence de la délinquance juvénile non seulement avec le logement, mais aussi avec la déficience morale (27).

L'enfant, déjà privé d'affection, assiste à la désorganisation de sa famille et est ainsi poussé au vagabondage, n’ayant que de l'indifférence pour les siens.

Le travail rémunéré de lextérieur devient difficile à partir du troisième enfant. Souvent, malgré une troisième grossesse qui s'avère pénible, la femme continue à travailler afin de ne pas perdre le bénéfice des allocations, aggravant ainsi sa santé, afin de ne pas compromettre l'obtention de sa prime. Certaines mères de famille sont tentées de ne pas désirer d’autres maternités, pour pouvoir conserver leur place et bénéficier de l’accroissement de bien-être qui leur est fourni par le gain venant de leur emploi,

su: À Rue

— Parents. Mari. — Il est difficile de connaître l’état familial quant à sa composition. Il serait intéressant de savoir le nombre de divorcées et de ménages irréguliers en fonction du milieu. Le pourcentage de ces derniers, dans les différents sondages effectués, se montre assez élevé.

Pourquoi soulever cette incidence ? Diverses raisons y incitent. La vie actuelle, avec tous ses soucis, favorise la mésentente, désagrège le milieu familial, empêchant toute vie intime, supprimant cette chaleur du foyer, cadre commun de la famille.

Il faut signaler cet état d’énervement de la travailleuse et de son entourage, provenant du manque de sommeil et de l’irrégularité des heures de travail.

I faut dire que le travail crée par lui-même, pour la femme mariée, des occasions d'infidélité. Ainsi cette promiscuité masculine, ce travail en commun, même la nuit.

De son côté, le mari souffre de l’absence de sa compagne, partie déjà de très bonne heure. Aïnsi est-il tenté de s’évader de la vie familiale et de se tourner vers « un apport de l'extérieur ». « Lorsque la famille se dissout, non seulement le lien social disparaît, mais l'humanité même, »

Répercussions morales. — La femme qui reste en contact une bonne partie de sa journée avec son milieu de travail, subira peu à peu son emprise. « Le milieu de l’usine est profondément antisocial; les unions s’y nouent et s’y dénouent avec une licence extrême, et le mariage n’est guère mieux respecté que l’union libre » (167).

Il faut penser que sans hygiène morale, il n'y a pas d’épouse, de mère, de femme. La manœuvre, plus que l’ouvrière spécialisée, aura lesprit désœuvré du fait du peu d'intérêt qu'elle porte à son travail.

L’immoralité des lieux de travail déjà reconnue (par exemple les romans de Van der Meersch) provient du travail lui-même, des conditions de travail, des habitudes liées à ce travail et de

1OPANEOUR DLRPIN,

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