‹ Le Travail Féminin et Ses ProblèmesChapitre 37 sur 53 · DEN · texte numérisé non relu

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La lessive collectée en ville est bouillie pendant dix heures, savonnée, brossée, battue et étendue au séchoir où elle est transportée en brouettes. Toutes ces opérations constituent un travail très pénible, soumettant l’organisme féminin à un surmenage intense surtout que la machine à laver n’a pas obtenu la faveur des blanchisseuses et du public. Ainsi, tout le travail est-il effectué à la main, mais c’est le temps qui dirige ce dernier. En effet, par n'importe quelle température, le linge de la semaine doit être rendu dans le délai fixé. Le plus pénible, avec le lavage à l’eau froide, est aussi son exposition à la chaleur humide, qui semble le point de départ de troubles locaux et généraux. Il a été curieux de constater que, durant les épidémies de typhoïde qui se sont produites dans la région, aucun cas n’a été signalé dans ces familles occupées au blanchissage.

La confection est un métier vraiment féminin, auquel cette dernière s'adapte facilement; mais certaines de ses branches paraissent assez néfastes. Tout d’abord l'atmosphère humide des vapeurs, le bruit des machines, créent à la longue des migraines, des céphalées. La musique pratiquée ne doit pas dépasser Île niveau des excitations physiologiques. Les jeunes employées lui accordent une satisfaction très marquée.

Les machines à pédales entraînent une recrudescence des pertes, un état de fatigue générale, créant un retentissement des plus fâcheux sur les organes contenus dans le petit bassin, point de départ d’une multitude d’annexites chroniques. Par contre, il n’a pas été constaté d'aménorrhée par trépidation. On rencontre également des déficiences oculaires, des phénomènes paresthésiques.

La bobineuse, elle aussi, n’est guère privilégiée du fait de sa station debout continuelle, les bras en l'air.

Les coupeuses, appelées à manier de gros ciseaux, présentent des kystes articulaires, dus au forçage, des ténosynovites.

Les repasseuses, à la rémunération supérieure, sont obligées, en plus de leur station debout permanente, de fournir des efforts importants, nécessitant une participation de leur sangle abdominale.

MR: CeR

À part les ennuis importants des machines à pédales, dont nous avons déjà parlé, la couturière présente une hydarthrose du genou, ainsi que des modifications cutanées de ses extrémités digitales du fait des piqûres d’aiguille.

La modiste, comme la couturière, sont des métiers féminins par excellence, car la femme pourra donner libre cours à ses qualités propres : imagination, fantaisie, en notant cependant dans notre région un goût plus sûr allié à un sens très juste de la couleur, par rapport à des ouvrières d’autres régions.

L’odeur de lapprêt et les teintures sont très désagréables pour la chapelière.

Il nous a été permis de noter la bonne résistance de la colleuse en imperméables en soulignant que si létroite collaboration sanitaire, qui est nécessaire entre le patron et le médecin, est réalisée, l’état de santé de la majeure partie du personnel est normal.

La profession de teinturière réclame une certaine force musculaire, ainsi qu’une bonne santé. L’atmosphère saturée des vapeurs dégagées par les produits utilisés, tels que soude, hypochlorites, provoquent l’irritation des voies supérieures aériennes, ainsi que des dermatoses.

En plus, le repassage de certains objets teints peut provoquer également des dermites.

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