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DU FAIT DE DIFFÉRENTES RAISONS

Raisons physiques.

L'étude du biotype féminin nous amène à lui reconnaître des qualités particulières : rapidité dans le mouvement, adresse, précision, minutie, agilité, par exemple cette souplesse des poignets qui a rendu célèbre la femme dans le travail ancestral des étoites.

A ces qualités physiologiques surtout manuelles viennent s’en joindre d’autres, d'ordre psychique : goût, sens de l’esthétique, vigilance, conscience professionnelle, attention, acuité des sens. Ainsi, les métiers dits psychomoteurs, régis par les facteurs vitesse et précision, réunissent un plus grand nombre de femmes que les métiers dits moteurs qui mettent en jeu force, vitesse et durée. Exemple : la sténo-dactylographe, la capsuleuse, la

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manœuvre de presses à emboutir, l’ensacheuse, ou bien la vendeuse, avec son instinct de plaire allié à un certain goût. La morphologie elle-même n’en est point exclue, puisqu'on va même jusqu’à constater des différences dans les normes anthropométriques et biologiques, entre les différentes activités, telles une ouvrière et une employée par exemple. Il faut citer également l'apport de complément heureux qu'offre la main-d'œuvre féminine avec ses qualités de spontanéité et de vivacité, à certaines

professions masculines, situations commerciales par exemple.

Raisons économiques.

Progrès technique. — I] était juste de s’imaginer que le machinisme pourrait prêter encore plus sujet à transformation. Il s’est encore effectué une révision du problème non plus dans le sens de l’adaptation de l’homme à la machine, mais de la machineoutil à l’ouvrier, ce qui a amené à confier à la femme des postes jusque-là exclusivement masculins, tout comme la rationalisation et la division du travail Pappelaient également vers des tâches nouvelles : travail à la chaîne, développement des industries chimiques par exemple, ne réclamant pas des connaissances aussi étendues qu'auparavant.

Meilleur rendement. — De plus, on constate que les postes demandant un minimum d’efforts par rapport à la somme de mouvements exigés, démontrent la supériorité de la vitesse de la femme sur celle de l’homme. Ce pouvoir manifestement plus rapide d’assimilation, joint à ses qualités propres, lui permettait ainsi d’atteindre en certains domaines un rendement supérieur. C'est ainsi que, de l’avis de presque tous les directeurs d’usine qui ont utilisé la main-d'œuvre féminine pendant et après la dernière guerre, la valeur du travail féminin accompli est unanimement reconnue. Ces appréciations et différentes enquêtes effectuées (84) signalent que les femmes montrent beaucoup plus d’habileté que les hommes, notamment pour trois genres de travaux

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1° Ceux qui demandent l’habileté des doigts;

2° Ceux qui exigent une vue excellente et un toucher délicat;

3° Ceux qui impliquent une répétition monotone et qui exigent une grande patience.

Donc, en dehors des travaux qui réclament une certaine force et une aptitude professionnelle très qualifiée, il semble que beaucoup de femmes puissent accomplir avec un rendement sensiblement supérieur les travaux masculins atteignant même un certain « fini » particulier. Ainsi, les ouvrières conduisant les machines servant à confectionner les emballages dénotent un meilleur rendement, vu leur prestesse, leur agilité manuelle et leur coup d'œil. Dextérité et agilité se remarquent encore pour l’entoilage des avions et dans les postes d’empaquetage. De même que pour le type de travail en série, ou travail à la chaîne, elles démontrent leur facilité d'adaptation à cette tâche monotone. Il est également intéressant de noter l'efficacité supérieure du travail féminin, à part les Annamites, dans les emplois de triage dans les poudreries, atteignant un rendement supérieur d’au moins 30 %.

Un certain nombre de médecins d'usine ont même l'impression que le taux des accidents du travail serait plus important si certains postes étaient occupés par des hommes.

Question salaire. — Ainsi, à l'embauche, devant ses qualités étonnantes d'adaptation, était-on enclin à lui donner la préférence, surtout qu'une question de rémunération venait s’y ajouter.

Le principe : « À travail égal, salaire égal », officiel en 1946, visant ainsi à supprimer l'abattement de 10 % jusque-là en usage, rencontre différentes entorses quant à sa stricte application. En effet, du salaire minimum qui, obligatoirement, reste le même, au salaire maximum, il y a une certaine marge accordée à l'employeur, qui laisse ainsi persister une différence de salaire, en plus du facteur de non-identité de travail. Cette différence pécuniaire continue toujours à compter parmi les motifs principaux qui incitent à faire appel à Ja main-d'œuvre féminine dans ses différentes activités.

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