‹ Le Travail Féminin et Ses ProblèmesChapitre 10 sur 53 · D EN · texte numérisé non relu

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Pénurie de main-d'œuvre. — L'influence des guerres, et surtout | la déficience masculine (prisonniers, service du travail obligatoire, décentralisation économique), a amené le pays à faire appel à toutes ses ressources, notamment à la population active féminine (plan Monnet). Les conséquences de ces conflits mondiaux ont amené à diriger la jeune fille ou la femme vers ces lieux de travail, jusque-là inconnus, de la tourneuse d’obus à la manutentionnaire, en passant par la conductrice ou la soudeuse.

Ainsi, un lien, venant de cet appel forcé, a commencé peu à peu à grandir, en même temps que la mentalité de la femme salariée subissait, de ce fait, une transformation. Si l'influence des crises économiques diminuait, d’une part, le travail féminin, l’obligeait, d'autre part, à rechercher un emploi du fait du chômage du mari. À ces événements fortuits faisaient donc suite des problèmes de main-d'œuvre, des périodes de crise avec plus ou moins de bouleversement dans la vie économique venant renforcer cette invitation à augmenter le cadre de l’activité professionnelle féminine. Comme on le faisait remarquer au sujet de la technique, la spécialisation plus poussée de l’homme lui faisait délaisser le travail de manœuvre, allant même jusqu’à dédaigner certains travaux de force pour lesquels se pose un problème d'immigration étrangère. Ainsi, nécessairement, faisait-on appel au travail féminin qui devait devenir un facteur important de notre vie économique par la place prépondérante qu’il prenait dans le cadre du travail, en même temps que cette accession venait satisfaire un besoin d'évasion.

Raisons familiales, morales et sociales.

Insuffisance des ressources familiales. Maladie et charges familiales. — Les difficultés de la vie actuelle amènent à considérer la cause majeure du travail féminin, c’est-à-dire l’insuftisance des ressources familiales, le salaire du mari en disproportion avec le coût de la vie, voire le cas de maladie, de chômage, en plus des charges familiales et l'insuffisance des allocations;

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d’où nécessité d’une rémunération complémentaire, qui est constituée par le salaire d'appoint que représente souvent le travail de la femme mariée. ;

Il était normal de penser que le rôle important dévolu au travail dans l’activité féminine devait entraîner des répercussions, sinon rejoindre des idées nouvelles sur le plan social et moral.

Evolution juridique féminine. __ Occupant des fonctions masculines, cela l’obligeait, sans faire abstraction de sa personnalité, à partager l’orientation de pensée, les habitudes, les réactions plus ou moins inhérentes à ces postes de travail et à leur ambiance. Ainsi se dessinait peu à peu la part plus importante que revendiquait la femme dans les différents domaines pour, finalement, aboutir, en 1936, à sa reconnaissance juridique.

Influence de la civilisation sur l'orientation féminine et évolution de sa psychologie. — La pensée féminine moderne, pénétrée de ce besoin d'indépendance, forte de cet appui légal, concrétisait ses différentes aspirations par une participation effective de plus en plus importante non seulement à des métiers, mais à des professions libérales, des mandats politiques. Souffrant d’un complexe d’infériorité qu’elle jugeait par trop manifeste, la femme allait jusqu'à se grouper en différents organismes revendicateurs pour appuyer ses demandes, visant toujours à acquérir une fonction où pourrait s'épanouir toute sa personnalité. Ainsi, la femme salariée, jeune fille ou mère de famille, faisait partie intégrante des diverses professions du pays, ce qui l’amenait à un certain goût pour son lieu de travail, son « environnement », contrastant avec la monotonie de sa maison, en plus de l’absence de son mari, dans un cadre souvent sans hygiène et confort. Ainsi, par exemple, compte-t-on, à Bordeaux, 22.315 logements surpeuplés ou insuffisants, 37.457 immeubles vétustes et, dans l’agglomération girondine, 64.629 appartements ne possédant pas plus de deux pièces.

De plus, un certain relâchement de l'esprit de famille, lié à une trop grande liberté de mœurs, a amené l’attention à consta-

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