‹ Le travail intellectuel et la volontéChapitre 14 sur 119 · PAS DE TRAVAIL, PAS DE SANTE SPIRITUELI^E · texte numérisé non relu

PAS DE TRAVAIL, PAS DE SANTE SPIRITUELI^E

Mais il est nécessaire de remarquer que la paresse n'est pas un absolu et qu'elle comporte des degrés : nul, en effet, ne pousse Ta paressa jusqu'à se laisser mourir de faim. Par conséquent, il y a chez le paresseux un germe de volonté qu'il pourrait développer. Mais les paresseux le laissent se dessécher et périr parrr que l'appréhension de Teffort^à laquelle il serait facile de refuser audience, cherche aussitôt à se faire légitimer parrintelligence, ce qui a pour résultat de paralyser tout essai de résurrection.

Nous avons étudié ailleurs (1) quelques-uns des sophismes, fausse monnaie de la passion, qui ont presque cours légal : « On ne se refait pas ! » « Pris par le métier, nous n'avons pas le temps ! » « Impossible de travailler dans une petite ville ! », etc.

Se résigner à ne rien faire est d'ailleurs un calcul bien sot, car nul ne peut échapper à un minimum d'activité. Or, le paresseux, parce qu'il a laissé tomber très bas le. niveau de Ténergie mentale est cruellement tourmenté par les innombrables petites corvées dont la vie est faite et qu'un homme énergique accomplit sans môme s'en apercevoir. Une visite à rendre, une soirée à laquelle il faut assister, une lettre délicate à écrire, une démarche à faire sont corvées accablantes pour une volonté malade, tant il est vrai que le diable s'ingénie à faire que tout se mue en peine et en travail pour qui ne travaille pas.

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