‹ Le travail intellectuel et la volontéChapitre 13 sur 119 · MISERE MORALE ÛU PARESSEUX · texte numérisé non relu

MISERE MORALE ÛU PARESSEUX

Le paresseux est un déserteur. Parasite du labeur accumulé par d'autres, il mène une vie stagnante^ sans valeur, sans dignité, sans joie. Dès le collège, le paresseux n'a aucune satisfaction : sa vie sournoise s'écoule dans une lutte mesquine et rabaissante pour se donner juste l'apparence d'eiTort qui permet d'éviter la punition .

Au sortir du collège, le paresseux devient l'étudiant

incapable, pilier de brasserie, qui traîne des journées

d'ennui à l'âge où le laborieux vit dans l'enthousiasme

des horizons qu'il découvre. Il sera plus tard le mcde-

\ cin incapable, réduit à remplacer la compétence et la

conscience par des procédés de charlatan. ^j C'est encore parmi les paresseux que se recrutent les étudiants en droit, brouillés avec le Gode et qui feront de mauvais avocats, voués, comme les médecins sans clientèle, à la politique alimentaire.

Partout les paresseux forment la foule des ratés, des aigris, des envieux, de ceux qui, rencontrant le camarade arrivé par son travail, l'accueillent par la phrase traditionnelle : « Tu en as de la chance ! «

Foule grandissante pour laquelle le travail demeure une corvée insupportable, cojnme il l'est quand on n'en a découvert ni le sens, ni la fécondité, ni les joies intimes, les plus profondes et les plus durables de la vie.

Un choix s'impose ta toi à l'cnliéc de la vie: ou tu accepteras la loi du travail — ou tu te rangeras dans le rebut de l'humanité, formé des parasites de la mendicité, des oisifs, de ceux (pii (exploitent la crédulité ou les vices humains... Ces parasites, sociaux sont de la même race que les lâches, ils redoutent 1 ellort perse vérant : « l.a paresse, dit Hayle, irrite le Ciel qui n'exauce pas les fainéants ».

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